La section française de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) s’est réunie le mardi 28 avril 2026 à l’Assemblée nationale, en présence de Mme Éléonore Caroit, ministre déléguée auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères, chargée de la Francophonie, des partenariats internationaux et des Français de l’étranger.
Mme Dieynaba Diop, députée, Présidente déléguée de la section, a ouvert les échanges en interrogeant la ministre sur le bilan de son action gouvernementale ainsi que sur les conséquences des restrictions budgétaires affectant l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), dans un contexte où l’Allemagne, l’Espagne, le Royaume-Uni et la Chine renforcent leurs investissements et développent des réseaux concurrents.
M. Hussein Bourgi, sénateur, Vice-président de la section, a ensuite demandé à la ministre de préciser les priorités que la France entend défendre lors des prochains rendez-vous francophones. Il a également souhaité obtenir des indications sur les moyens financiers consacrés par le Gouvernement à la Francophonie, sur les initiatives destinées à mieux associer la jeunesse aux actions francophones ainsi que sur les dispositifs mis en œuvre pour promouvoir les valeurs de la Francophonie, alors que les droits des femmes et des minorités demeurent contestés dans de nombreuses régions du monde.
Mme la ministre Éléonore Caroit a tout d’abord présenté les actions engagées par le Gouvernement en faveur d’une Francophonie « concrète », tournée vers la création d’opportunités économiques et professionnelles pour la jeunesse. La ministre a notamment évoqué la participation, en mars dernier, de nombreux jeunes boursiers de l’AEFE à la première « Soirée de la Francophonie », mais aussi la reconduction du « Salon FrancoTech » à Phnom Penh, et les avancées du programme international de mobilité et d’employabilité francophone (PIMEF) porté par l’Agence universitaire de la Francophonie.
Mme Éléonore Caroit a ensuite souligné les priorités sur lesquelles les États et gouvernements francophones doivent se mobiliser collectivement afin de renforcer leur influence : l’intelligence artificielle, le numérique, la découvrabilité des contenus francophones, l’usage du français dans les organisations européennes et internationales, ainsi que les droits des femmes. Elle a notamment rappelé le soutien apporté par la France au Fonds « La Francophonie avec Elles » de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
Les contraintes budgétaires pesant sur la Francophonie ont ensuite été abordées. Mme Éléonore Caroit a assuré que la politique du Gouvernement restera engagée en faveur du multilatéralisme, tout en soulignant que le développement de partenariats public-privés devait être recherché.
Mme la ministre a enfin insisté sur la nécessité de mener une réforme structurelle de l’AEFE, estimant que la capacité de l’établissement à remplir ses missions était aujourd’hui fragilisée et que l’État ne pouvait avoir vocation à en compenser systématiquement les déséquilibres budgétaires.
Au cours des échanges qui ont suivi, Mme Amélia Lakrafi, députée, Déléguée générale de l’APF, s’est émue de la forte réduction des moyens alloués à certains acteurs historiques de la Francophonie au profit d’acteurs plus récents, parfois moins reconnus.
Mme Sophie Mette, députée, a insisté sur le recul de l’usage du français dans certaines organisations internationales.
Mme Catherine Belrhiti, sénatrice, a appelé le Gouvernement à poursuivre la mise en œuvre concrète des 17 recommandations formulées par le Sénat en 2024, à la suite de son rapport pour une francophonie multilatérale et coopérative.
M. Romain Baubry, député, a évoqué les relations diplomatiques avec le Mali, le Burkina Faso et le Niger, trois pays historiquement francophones.
M. Michel Guiniot, député, a regretté que le français soit peu présent dans les pays des Balkans et de la Baltique.
M. Vincent Eblé, sénateur, a attiré l’attention de la ministre sur le rôle que la culture et le patrimoine historique peuvent jouer dans le renforcement des liens au sein de l’espace francophone.
Enfin, M. Guillaume Chevrollier, sénateur, a insisté sur l’importance de la Francophonie économique.
Au terme de cette audition, la section française a désigné :
- Mme Nathalie Delattre, sénatrice, en qualité de secrétaire du bureau de la section française, à la suite de la fin du mandat sénatorial de Mme Mireille Conte Jaubert ;
- M. Bruno Belin, sénateur, en qualité de membre du bureau de la section en remplacement de Mme Elsa Schalck, devenue Vice-présidente déléguée de la section française.
La section a également décidé de présenter une candidature à la promotion de juillet 2026 de l’Ordre de la Pléiade de l’APF.