Mme Dieynaba Diop, députée, présidente déléguée de la section française de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), vice présidente de l’APF, M. Guillaume Chevrollier, sénateur, président de la Commission politique de l’APF, et Mme Amélia Lakrafi, députée, déléguée générale de l’APF, se sont rendus à Podgorica (Monténégro), pour participer à la réunion du Bureau de l’APF vendredi 30 et samedi 31 janvier 2026. 

M. Guillaume Chevrollier a par ailleurs présidé, en amont du Bureau, une réunion du groupe de travail sur la révision des Statuts de l’APF, le jeudi 29 janvier 2026.

• Les membres du Bureau ont tout d’abord pris acte des changements intervenus dans la composition de celui-ci avec, notamment, la désignation de M. Guillaume Chevrollier comme président de la commission politique de l’APF.

• Les membres du Bureau ont été informés de deux demandes d’adhésion à titre d’observateurs du Parlement arabe et de l’Union nationale des Assemblées législatives des États fédérés du Brésil (UNALE). Ils ont décidé de transmettre ces deux demandes pour instruction et recommandation à la Commission politique.

• À l’occasion d’un échange avec Mme Caroline St-Hilaire, administratrice de l’Organisation internationale de la Francophonie, les parlementaires se sont réjouis de la convergence des priorités entre les deux institutions et de l’approfondissement de la coopération.  

• Les membres du Bureau ont validé le rapport d’activité et le suivi du cadre stratégique de l’APF. Les présidents des quatre commissions et des deux réseaux, ainsi que les quatre délégués régionaux ont ensuite présenté leur rapport d’activité.

• M. Joël Godin, président de la commission des affaires parlementaires, a annoncé la liste des actions de coopération pour 2026, validée par le bureau.

• Le trésorier a présenté le projet de budget 2026, qui a fait l’objet d’un long débat entre les parlementaires avant d’être adopté.

• Les membres du Bureau ont ensuite adopté le code du personnel du Secrétariat général de l’APF, la liste des récipiendaires de l’Ordre de la Pléiade pour le premier semestre 2026, le calendrier prévisionnel des réunions statutaires de 2026. Ils ont pris acte de l’attribution du prix Geoffrey Dieudonné 2025 et missionné la commission politique afin d’adapter de nouveau les Statuts de l’APF.

• Ils ont également auditionné M. Siegfried Peters, président de l’association des Secrétaires généraux des parlements francophones (ASGPF).

M. Guillaume Chevrollier a présenté son rapport sur les situations politiques complexes dans l’espace francophone. Évoquant d’abord les sections suspendues, il a souligné que des évolutions institutionnelles notables avaient été enregistrées en 2025 en Syrie avec, notamment, l’organisation d’élections législatives en octobre, destinées à mettre en place un organe législatif de transition.

Dans l’espace sahélien, il a indiqué que la rupture engagée par l’Alliance des États du Sahel avec plusieurs mécanismes internationaux se poursuivait, et que l’annonce, en septembre, du retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la Cour pénale internationale en constituait une illustration.

Il a souligné que l’instabilité politique et sécuritaire en Haïti empêche toujours la tenue d’élections générales crédibles, alors que près de la moitié de la population se trouve en situation d’insécurité alimentaire.
Il a ensuite évoqué la situation des sections placées sous mécanisme de transition (Gabon, Guinée, Tchad), indiquant que la plupart ont achevé leur feuille de route constitutionnelle. 

Il a ensuite rappelé que la Commission politique réunie le 11 juillet dernier avait recommandé la levée de la mesure du placement sous alerte de la République centrafricaine, sous réserve de la tenue, en décembre 2025, d’élections générales libres, transparentes et crédibles. Il a relevé que ces élections se sont déroulées dans un climat globalement apaisé, malgré un contexte sécuritaire tendu et encore contraignant, et conduit à la réélection du chef de l’État, M. Faustin-Archange Touadéra. Il a souligné que si la situation humanitaire demeure préoccupante, des évolutions positives sont à relever sur le plan sécuritaire. Au regard de ces avancées, la commission politique a recommandé au Bureau la levée de l’alerte sur la République centrafricaine, ce qui a été accepté.

Enfin, M. Guillaume Chevrollier a évoqué la possibilité, pour la Commission politique, d’étudier lors de sa prochaine réunion la possibilité d’appliquer un mécanisme de vigilance démocratique visant d’autres sections.

• Dans le contexte international actuel marqué par de fortes tensions et de nombreux défis géopolitiques, un débat a permis aux parlementaires présents d’aborder la situation géopolitique des Balkans occidentaux.

Mme Dieynaba Diop a notamment pris la parole pour souligner combien la région des Balkans avait connu un tournant historique majeur avec la signature des Accords de paix de Dayton et était confrontée à des dynamiques politiques complexes, des divisions ethno nationalistes, des crises politiques internes mais aussi des interventions extérieures.

Elle s’est réjouie que ces pays regardent résolument vers l’Europe, tout en réaffirmant la nécessité de leur ancrage à celle-ci, nécessité renforcée avec la guerre menée par la Russie en Ukraine. Elle a ajouté que les Balkans étaient au confluent du jeu de puissances extérieures qui cherchaient à renforcer leur influence dans la région.

Elle a souligné que la France se tient aux côtés des pays des Balkans occidentaux pour appuyer leurs efforts de réforme dans la perspective de leur adhésion à l’UE et cité à ce propos la mise en place d’une stratégie française pour les Balkans occidentaux, lancée en 2019, doublée de la nomination en septembre 2023 d’un envoyé spécial pour les Balkans.

Enfin, elle a indiqué que le Parlement français organisait des actions de coopération pour appuyer et accompagner les parlements des Balkans dans leur marche vers l’intégration européenne.

M. Guillaume Chevrollier est également intervenu pour rappeler que, trente ans après la guerre, la paix était réelle dans les Balkans occidentaux, mais restait fragile et que cette région, si elle était négligée, pourrait redevenir un foyer de crise.

Il a rappelé que l’intégration européenne demeure l’horizon politique naturel de ces pays et que la France soutient clairement leur ancrage euro-atlantique, tout en défendant une approche progressive, conditionnelle et individualisée, fondée notamment sur l’État de droit, la lutte contre la corruption et la normalisation des relations régionales. 

Il a souligné que la lenteur du processus d’intégration comporte un risque stratégique : celui d’affaiblir la crédibilité européenne et de laisser le champ libre à des influences extérieures (Russie, Chine, Turquie). 

• En marge de cette réunion, la délégation française s’est entretenue avec Son Exc. Mme Anne-Marie Maskay, ambassadrice de France au Monténégro.