Mercredi 11 février 2026, M. Fabien Genet (Ratt. Les Républicains – Saône-et-Loire), Président délégué pour la Colombie du groupe interparlementaire d’amitié France-Pays Andins, et Mme Patricia Schillinger (RDPI – Haut-Rhin) ont reçu au Sénat une délégation colombienne membre du programme « Ensemble pour la paix – Vamos por la paz », mis en œuvre par le Réseau France Colombie Solidarités (RFCS) et ses partenaires, avec l’appui de l’Agence française de développement (AFD).

Accompagnée de MM. Vincent Hangard et Yali Sequeira  (RFCS), cette délégation était composée de :
- Mme Ingrid Viviana Dagua, leader autochtone du peuple Nasa, de la réserve de Jambaló, dans le département du Cauca ;
- Père Robert Nuñez Saa, prêtre au sein du Vicariat de Guapi, sur la côte pacifique du Cauca, et directeur d’une Fondation pastorale sociale ;
- M. José Ángel Palomeque Lemus, animateur territorial du programme « Ensemble pour la paix » pour la région du Bas-Atrato, dans le département du Chocó.

La problématique de l’instrumentalisation des enfants et des jeunes par des groupes armés, toujours actifs dans certaines régions de Colombie, a tout d’abord été évoquée. Attirés par de fausses promesses (d’argent ou d’emploi par exemple) souvent relayées par les réseaux sociaux, plus de 1 000 enfants auraient été recrutés par ces groupes entre 2019 et 2025. Les membres de la délégation colombienne, dénonçant l’inertie de l’État, ont détaillé les actions et mesures mises en œuvre par l’Église et par les communautés locales elles‑mêmes pour tenter d’endiguer ce fléau : accompagnement des jeunes, aide à l’obtention de bourses d’études, création de gardes autochtones non armées, etc.

La délégation a ensuite apporté un éclairage concret sur les impacts socio‑environnementaux des activités illégales dans certaines zones de Colombie. Ainsi, l’exploitation minière illicite a pour effet d’aggraver la pollution et la sédimentation de certains fleuves, rendant la pêche et la navigation impossibles, et de provoquer des inondations meurtrières ainsi que des déplacements forcés de populations. 

En conclusion de leur intervention, les membres de la délégation ont estimé que les accords de paix colombiens peinent encore à s’appliquer dans certains territoires, près de dix ans après leur signature. Ils ont également regretté de ne pas être associés aux négociations engagées par l’État avec le groupe armé Ejército Gaitanista de Colombia (EGC), et ont exprimé leur inquiétude quant aux conséquences potentielles de ces négociations pour leurs communautés.

De gauche à droite : MM. Yali Sequeira et Vincent Hangard, Mme Ingrid Viviana Dagua, Père Robert Núñez Saa, M. Fabien Genet, Mme Patricia Schillinger et M. José Ángel Palomeque.

Contact :
Jean-Christian LABIALLE
01 42 34 43 61 - jc.labialle@senat.fr