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Anatole France (1844-1924)

 Jacques-Anatole THIBAULT, dit Anatole France, né à Paris, le 16 avril 1844, fit de bonnes études au collège Stanislas et acquit de sérieuses connaissances bibliographiques chez son père, libraire quai Voltaire. En 1866, avec la recommandation du baron de Barante, de l’Académie française, et celle d’Henry Davilliers, il sollicita son admission à la bibliothèque du Sénat.

 

Buste dans l'annexe de la bibliothèque du Sénat

 Le Président Troplong ne crut pas devoir prendre la demande en considération et Anatole France entra dans la maison d’édition Lemerre. C’est là qu’il connut Leconte de Lisle et Lacaussade qui le présentèrent à Charles-Edmond. Le 1er juillet 1876, il était nommé " commis-surveillant " à la bibliothèque du Sénat, où il rédigea le catalogue méthodique, publié en 1882 ; il démissionna en 1890.
En 1896, Anatole France fut élu membre de l’Académie Française et reçut le prix Nobel de littérature en 1921.
Il s’éteignit près de Tours le 12 octobre 1924.

 Son œuvre est considérable.
On peut citer : Les poèmes dorés (1873), Les noces corinthiennes (1876), Le crime de Sylvestre Bonnard (1881), Thaïs (1890), Les opinions de M. Jérôme Coignard (1893), la rôtisserie de la reine Pédauque (1893), Le lys rouge (1894), Crainquebille (1902), L’île des pingouins (1906), Les Dieux ont soif (1912), La révolte des anges (1914).


Claude-Louis dans " Les poètes assis " fait un portrait d’Anatole France bibliothécaire :

 " L’immense érudition de France, son amour des livres, la douceur de son commerce en eussent fait un bibliothécaire idéal, si le milieu s’y fût prêté. Mais il s’aperçut immédiatement que ses collègues entendaient rejeter sur lui toute la besogne effective et le traiter avec condescendance car sa naissante réputation ne leur semblait pas balancer leur renommée. France, conscient de son mérite, voulait bien travailler s’ils travaillaient ; mais il voulait, avec plus d’énergie encore, ne pas travailler s’ils se reposaient sur leurs lauriers. Cette prétention à une sinécure parut exorbitante aux sinécuristes ; ils l’admirent d’abord plutôt que de renoncer à leurs propres loisirs. (…)

 Anatole France aurait pu jouir des avantages qu’il s’était assurés d’emblée si la littérature n’était encore venue tout gâter. Rédigeant au Temps une série de chroniques sur les poètes contemporains, il eut l’inconvenance de n’y point admirer, sans réserve, les oeuvres de Lacaussade et l’audace de n’y insérer qu’une poésie alors que Lacaussade exigeait qu’il en insérât au moins trois. Il n’en fallut pas davantage pour brouiller les deux amis. Puis vint le tour de Charles-Edmond qui se fâcha pour des motifs à peu près analogues. (…)

 Anatole France reçut l’ordre formel de griffonner cinq cents fiches par mois (dix-sept par jour !). Il préféra démissionner et il n’eut pas lieu de s’en repentir. Cependant il ne put jamais oublier l’indifférence sereine que Leconte de Lisle lui avait témoignée au cours de cette crise. Il s’en vengea en égratignant quelque peu le poète " pasteur d’éléphants ". Celui-ci était chatouilleux ; il répliqua durement. Des témoins furent échangés, ne purent s’entendre et ce duel avorté fut baptisé par la presse malicieuse " le duel aux coupe-papier ".

Retrouvez ici la correspondance d'Anatole France au Sénat.

Dossier d'archives : Leconte de Lisle - juin 2000