- État civil :
- Né le 28 novembre 1792
Décédé le 13 janvier 1867
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Pair de France
Monarchie de juillet - Nommé à la Chambre des pairs par Louis-Philippe le 11
octobre 1832
Pair de France
COUSIN (VICTOR), pair de France et ministre, né à Paris le 28 novembre 1792, mort à Cannes (Alpes-Maritimes) le 13 janvier 1867, était le fils d'un horloger du faubourg Saint-Antoine. Après de brillantes études au lycée Charlemagne, il obtint le prix d'honneur au concours général de 1810, fut exempt par ce fait du service militaire, et entra de droit à l'Ecole normale. Il refusa peu après, de M. de Montalivet, le poste d'auditeur au Conseil d'Etat, avec 6000 francs de traitement; il préférait se consacrer aux lettres ; mais l'éloquence de M. Laromiguière le séduisit, et il s'adonna à la philosophie, qu'il professa bientôt au lycée Napoléon. Ses succès dans l'enseignement le firent entrer à la Sorbonne comme suppléant de Royer-Collard (1815-1821); il y inventa « l'éclectisme » système médiateur, qui empruntait quelque chose à tous les autres, et accueillait tout pour tout concilier; c'était, en philosophie, le système que la Restauration aurait voulu pouvoir appliquer en politique. Des motifs de police générale firent suspendre le cours en 1821; Cousin publia alors les oeuvres de Proclus, celles de Descartes, et une traduction de Platon, et partit pour l'Allemagne, où il se lia avec Hegel et les philosophes contemporains. Accusé de propagande démagogique, il fut arrêté à Dresde, gardé six mois en prison, et rendu enfin à la liberté sur les instances de notre agent diplomatique. Il revint en France assez découragé; le 11 février 1826, il écrivait à Lamennais : « Je trouve les affaires publiques si déplorablement conduites que je ne veux pas m'en occuper. Pythagore m'occupe plus que M. de Villèle, et j'en suis à ne pas comprendre M. Royer-Collard, mon meilleur ami politique, qui essaye de se placer entre deux partis aveugles qui ne le comprennent pas. » Le ministère Martignac lui permit de remonter dans sa chaire de la Sorbonne (1828), et la révolution de 1830 le jeta dans la politique. Le gouvernement nouveau le nomma professeur titulaire à la Sorbonne, membre du conseil royal de l'instruction publique, commandeur de la Légion d'honneur, directeur de l'Ecole normale, et pair de France (11 octobre 1832). En même temps il entrait à l'Académie française (1830) et à l'Académie des sciences morales et politiques (1832). Après avoir rempli des missions scientifiques en Prusse et en Hollande, il reçut, dans le ministère Thiers, le portefeuille de l'instruction publique (1er mars 1840). Il le garda jusqu'au 28 octobre suivant, et attacha son nom à un nouveau programme d'études philosophiques et à quelques réformes pratiques. A la Chambre haute, il prit quelquefois la parole sur les questions d'instruction publique. Bien qu'il fût aussi éclectique en politique qu'en philosophie, il revint au culte exclusif des lettres à l'avènement du second empire, fut nommé (novembre 1855) professeur honoraire à la Sorbonne, et s'adonna, en quelque sorte passionnément, à l'histoire des grandes dames du XVIIe siècle. Il mourut à Cannes où l'avait conduit l'état de sa santé, laissant par testament, ses livres à la Sorbonne, avec une rente de 10,000 francs pour l'entretien de la bibliothèque et pour le traitement du bibliothécaire. Il fondait aussi à l'Académie des sciences morales et politiques un prix triennal de 20,000 francs destine à récompenser le meilleur mémoire sur la philosophie ancienne. Dès 1864, la ville de Paris avait donné son nom à l'ancienne rue de Cluny. « Le style de M. Cousin, a dit Sainte-Beuve, de la grandeur, il a la ligne ouverte et le dessin large. On dirait, vraiment, que c'est un personnage du XVIIe siècle qui écrit; il a l'élévation de ton aisée, naturelle, l'ampleur du tour, la propriété lumineuse et simple de l'expression. » M. Cousin a laissé un grand nombre d'ouvrages philosophiques et littéraires parmi lesquels : Introduction à l'histoire de la philosophie (1828); Histoire de la philosophie au XVIIIe siècle (1829); Du vrai, du beau et du bien (1853); Madame de Longuerille (1853); Madame de Sablé (1854); Madame de Chevreuse et Madame de Hautefort (1856), etc. etc.
Extrait de la table nominative
Résumé de
l'ensemble des travaux parlementaires
de Victor COUSIN
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