Question de M. ROS David (Essonne - SER) publiée le 21/11/2024
M. David Ros attire l'attention de M. le ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche sur les effets économiques des politiques migratoires restrictives, défavorables à l'accueil des étudiants étrangers dans les établissements universitaires français.
Les récentes mesures de restrictions de visas ont déjà provoqué une onde de choc économique dans les universités britanniques : cela a effectivement réduit leur capacité à attirer des étudiants internationaux et ainsi affaibli le secteur universitaire britannique sur le plan économique. En obligeant les étudiants internationaux à venir sans leur famille et en réduisant le nombre de visas, le Royaume-Uni fait face à une baisse des inscriptions, affectant de ce fait directement les finances des établissements.
Les universités françaises enfin reconnues au niveau international ne doivent pas subir les politiques migratoires dogmatiques du Gouvernement. Il est essentiel que la France ne commette pas les mêmes erreurs que son voisin. Il rappelle donc que, pour rester compétitif, le secteur universitaire français doit continuer à attirer des talents internationaux, pour ne pas compromettre son influence académique mais aussi ses revenus.
Il croit fermement que la prochaine loi sur l'immigration doit prendre en compte ces implications et s'inquiète des potentielles mesures prévues, craignant d'autant plus que les établissements français ne subissent les mêmes pertes économiques que leurs homologues britanniques. C'est pourquoi, il demande au ministre s'il compte éviter cette situation à nos universités, déjà en perte de moyens.
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Transmise au Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace
Réponse du Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace publiée le 24/09/2026
Le ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace prend acte des difficultés observées à l'étranger, notamment au Royaume-Uni, où le durcissement de certaines conditions d'accueil a pesé sur les effectifs d'étudiants internationaux et, par voie de conséquence, sur les ressources de plusieurs universités. La France n'a pas fait le choix d'une politique de réduction quantitative de l'accueil des étudiants internationaux. Elle poursuit au contraire l'objectif de renforcer son attractivité et de maintenir une politique d'ouverture aux talents internationaux. Cette orientation se traduit par la dynamique récente des mobilités internationales vers la France. En 2024-2025, 443 500 étudiants étrangers étaient inscrits dans l'enseignement supérieur français, soit une progression de 3 % en un an et de 17 % en cinq ans. En 2025, 117 754 visas de long séjour pour études ou stages ont par ailleurs été délivrés, en hausse de 7,5 % par rapport à 2024. Dans ce cadre, la stratégie « Choose France for Higher Education », lancée en avril 2026 dans le prolongement de « Bienvenue en France », vise à renforcer la qualité de l'accueil et à sécuriser les parcours des étudiants internationaux, tout en maintenant l'objectif d'accueillir 500 000 étudiants internationaux à l'horizon 2027. Elle marque ainsi le passage vers une politique d'attractivité davantage qualitative et ciblée. Elle porte notamment sur l'identification de filières prioritaires et de pays stratégiques, en cohérence avec les besoins économiques, scientifiques et diplomatiques de la France et de ses partenaires ; la modernisation de la plateforme « Études en France », appelée à devenir le point d'entrée unique de la mobilité étudiante soumise à visa ; la simplification de certaines démarches administratives, en particulier pour le renouvellement des titres de séjour, en coordination avec les préfectures et les établissements ; ainsi que le renforcement de la politique de bourses d'excellence, avec l'objectif d'orienter dès 2026 au moins 60 % des nouvelles bourses du Gouvernement français vers les STIM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques). La réforme récente des droits d'inscription différenciés (décret n° 2026-385 du 19 mai 2026) participe également de cette politique. Elle vise notamment à permettre aux établissements de disposer de ressources suffisantes pour améliorer l'accueil des étudiants internationaux, tout en préservant les protections accordées à ceux qui en ont le plus besoin. Les étudiants boursiers de l'État continuent de bénéficier d'une exonération de plein droit, de même que les étudiants relevant d'accords de coopération prévoyant une réciprocité, tandis que les établissements conservent la possibilité d'accorder, à la demande de l'étudiant, des exonérations tenant compte de sa situation personnelle, en particulier de ses ressources. Ces actions s'inscrivent dans une démarche interministérielle et traduisent la volonté de la France de préserver l'ouverture internationale de son enseignement supérieur, tout en veillant à ce que les évolutions de la mobilité étudiante ne fragilisent pas son rayonnement académique, scientifique et économique. Le ministère demeure pleinement mobilisé afin de poursuivre cette politique d'attractivité, dans le respect des objectifs quantitatifs et qualitatifs fixés à l'horizon 2027.
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