Question de Mme BORCHIO FONTIMP Alexandra (Alpes-Maritimes - Les Républicains) publiée le 12/03/2026
Mme Alexandra Borchio Fontimp attire l'attention de M. le ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace sur la nécessité de renforcer la reconnaissance du doctorat comme diplôme d'excellence et levier stratégique pour l'innovation scientifique, économique et sociétale.
Diplôme de référence pour la recherche, le doctorat forme à la production de connaissances, à l'analyse critique et à la résolution de problèmes complexes, tout en développant des compétences transversales précieuses (gestion de projets, innovation, adaptation). Malgré ces atouts, sa reconnaissance reste inégale hors du monde académique, notamment dans le secteur privé, en raison d'une méconnaissance des compétences acquises.
Pourtant, l'insertion professionnelle des docteurs est solide : 94 % des diplômés de 2020 sont en emploi trois ans après leur soutenance, dont près de 74 % dans la recherche publique ou privée. Des défis subsistent toutefois, notamment des inégalités de conditions d'emploi et une satisfaction professionnelle plus faible dans certaines disciplines.
Ces enjeux se reflètent également dans les universités. À titre illustratif, au sein de l'université Côte d'Azur, le nombre de doctorants est passé de 1 298 en 2022-2023 à 1 213 en 2025-2026. Parallèlement, certaines écoles doctorales ont amélioré la qualité des parcours, comme en témoigne la forte baisse des abandons de thèse grâce à une sélection renforcée et à une diversification des financements. La structuration en écoles universitaires de recherche vise aussi à renforcer l'excellence scientifique et la professionnalisation du doctorat.
À l'issue d'échanges avec la communauté universitaire, plusieurs pistes sont identifiées : mieux valoriser les compétences doctorales, renforcer les liens avec le monde socio-économique, encourager l'embauche de jeunes docteurs et promouvoir la rigueur scientifique comme ressource stratégique, notamment via un dispositif de « service civique scientifique ».
Elle demande ainsi au Gouvernement quelles mesures il entend prendre pour renforcer la reconnaissance du doctorat et mettre en oeuvre ces leviers.
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Réponse du Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace publiée le 24/09/2026
Parmi les missions du ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace figure en priorité la reconnaissance du doctorat à sa juste valeur, afin de susciter des vocations, de dynamiser la recherche et d'irriguer l'ensemble de la société dans le cadre d'une économie de la connaissance. En 2024-2025, le nombre total de doctorants s'établit à 69 432, soit un niveau stable par rapport à l'année précédente (-0,3 %). Les effectifs diminuent de 2,5 % en sciences humaines et sociales, progressent de 1,8 % en sciences exactes et leurs applications et restent stables en sciences du vivant. Afin de renforcer le pilotage de la politique doctorale, une coordination nationale du doctorat a été mise en place au sein du ministère à la fin de l'année 2024. Plusieurs actions ont été engagées depuis 2025. Un comité d'orientation stratégique, réunissant des acteurs académiques, publics et socio-économiques ainsi que des représentants des doctorants et des jeunes docteurs, se réunit chaque trimestre. La plateforme nationale Doctorat.gouv.fr, développée avec la direction interministérielle du numérique (DINUM), a été ouverte en février 2026. Disponible en français et en anglais, elle rassemble les informations utiles sur le doctorat et les compétences des docteurs ainsi que les offres de thèse en France, afin de faciliter les démarches des futurs doctorants et des employeurs. Elle valorise également les actions récemment engagées en faveur de la reconnaissance du doctorat. Une page est notamment consacrée au réseau d'une cinquantaine d'ambassadeurs, animé par l'Association pour l'emploi des cadres (Apec), qui contribue à promouvoir les compétences des docteurs auprès des employeurs et dans les territoires. La plateforme met également en avant le label « Doctorat : employeur engagé » et le « PhD Score », créés afin de rendre plus visible la présence des docteurs dans les différents secteurs, notamment les administrations et les entreprises. Ces dispositifs visent à faire de la présence des docteurs un indicateur de capacité d'innovation et de transformation et à favoriser une meilleure prise en compte de leur recrutement et de leur progression professionnelle dans les stratégies de ressources humaines des employeurs. En mai 2026, la première journée européenne du doctorat a donné lieu à 180 événements organisés par des établissements d'enseignement supérieur et de recherche dans toute l'Europe. Le ministère a également pérennisé les conventions de formation par la recherche en administration (COFRA), qui permettent la réalisation de thèses au sein de la fonction publique de l'État et contribuent à ouvrir davantage l'administration à la recherche au service de l'action publique. Ces conventions sont désormais gérées par l'Association nationale de la recherche et de la technologie (ANRT). Enfin, de nouveaux mécanismes ont été créés en 2024 afin d'accroître le recours au dispositif des conventions industrielles de formation par la recherche (Cifre). Ce dispositif permet aux entreprises de bénéficier d'une aide financière pour recruter de jeunes doctorants dont les travaux de recherche, conduits en lien avec un laboratoire, donnent lieu à la préparation et à la soutenance d'une thèse.
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