Question de Mme APOURCEAU-POLY Cathy (Pas-de-Calais - CRCE-K) publiée le 12/03/2026

Mme Cathy Apourceau-Poly appelle l'attention de M. le ministre du travail et des solidarités sur la prise en considération de l'endométriose au sein de l'activité professionnelle. L'endométriose est une maladie chronique peu reconnue. Pourtant, cette dernière touche de nombreuses femmes en France dès l'apparition des premières règles. Les causes sont malheureusement méconnues mais cela n'entraine pas pour autant une diminution de la douleur chez la patiente. Actuellement, le délai de diagnostic moyen est compris entre 4 et 12 ans. Chez les personnes atteintes d'endométriose, le tissu endométrial et la muqueuse utérine sont atteints, cette dernière peut se développer également à l'extérieur de l'utérus provoquant une inflammation et la formation de tissu cicatriciel pouvant apparaître dans l'abdomen et la poitrine. Les principaux symptômes sont des douleurs intenses pendant les menstruations ; saignements menstruels abondants ; douleurs pelviennes chroniques (qui ne disparaissent pas à la fin du cycle menstruel) ; infertilité ; ballonnements et nausées. Il n'existe pas réellement de traitements, ces derniers sont pour la plupart des anti-inflammatoires ou des médicaments hormonaux. Les douleurs insupportables peuvent entraîner des interventions chirurgicales dès lors que la douleur empêche la patiente de vivre quotidiennement. Cependant les retards de diagnostics sont fréquents et il arrive souvent que les symptômes persistent ou réapparaissent après la mise en place d'un traitement. Par conséquent, l'endométriose a d'importantes répercussions sur la santé, la vie sociale, la situation économique et professionnelle des personnes touchées. En effet, l'endométriose entraîne des douleurs handicapantes qui empêchent la patiente de travailler ou de disposer d'un contrat de travail à temps plein même avec des justificatifs médicaux. Cela entraine une perte de revenu impactant la patiente et sa famille. De plus, les traitements impliquent souvent des coûts à la charge des personnes atteintes d'endométriose, ce qui fait peser sur elles une pression financière supplémentaire. Elle souhaite connaître les dispositions envisagées par le Gouvernement afin de reconnaitre l'endométriose et ses symptômes dans l'activité professionnelle.

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Transmise au Ministère du travail et des solidarités


Réponse du Ministère du travail et des solidarités publiée le 24/09/2026

Les questions liées à la santé menstruelle et gynécologique apparaissent encore mal connues et peu abordées dans le monde du travail aujourd'hui. Pourtant, prendre en compte la situation des femmes atteintes de pathologies telles que l'endométriose, dont les symptômes incapacitants sont susceptibles d'entraver leur activité professionnelle et de menacer leur maintien en emploi, constitue un enjeu de santé au travail, au même titre que la prise en compte d'autres maladies chroniques, mais aussi un enjeu d'égalité professionnelle. C'est pourquoi le ministère du travail et des solidarités est partenaire de la stratégie nationale de lutte contre l'endométriose lancée en 2022 et portée par le ministère chargé de la santé, à laquelle il contribue. Les actions impliquant le ministère chargé du travail visent à faciliter le travail des salariées atteintes d'endométriose et à favoriser leur maintien en emploi. Elles s'articulent autour de deux axes : d'une part, mieux sensibiliser et accompagner les entreprises et d'autre part, mieux informer et former les professionnels de santé au travail. Au printemps 2024, en partenariat avec l'Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail (ANACT), un kit de sensibilisation à destination des acteurs de l'entreprise, dont un guide intitulé « Endométriose et travail : comprendre et agir », a été publié. Ce guide réunit une palette de mesures susceptibles d'être déployées par les directions, les services de ressources humaines et les managers de proximité. Dans le même temps, une campagne de communication du ministère de la santé à destination du grand public et des professionnels de santé, dont les professionnels de santé au travail a également été lancée. Enfin, un module de vidéos de formation à destination des professionnels de santé au travail sera prochainement publié dans le cadre d'une formation en ligne intitulée « Endométriose : l'affaire de tous » porté par la plateforme Pédagogie numérique en santé. Le rôle de la médecine du travail est en effet essentiel. Le médecin du travail peut en effet proposer, par écrit, après échange avec la personne concernée et l'employeur, des mesures individuelles d'aménagement, d'adaptation ou de transformation du poste de travail ou des mesures d'aménagement du temps de travail justifiées par l'endométriose, dans le respect du secret médical. Le nouveau plan Santé au travail 2026-2030 intègre une action visant à garantir le maintien en emploi et à prévenir les risques de désinsertion professionnelle des femmes souffrant de maladies chroniques telles que l'endométriose. Cette action, menée en partenariat notamment avec la caisse nationale d'assurance maladie et l'ANACT, prévoit de sensibiliser et informer les acteurs de la santé des femmes (gynécologues, sage-femmes, filières endométriose, etc.) aux enjeux du maintien dans l'emploi. Ainsi, par la sensibilisation des acteurs à cette problématique, mais aussi grâce à un meilleur outillage des services de prévention et de santé au travail, ces actions visent à améliorer, par la mise en place de mesures concrètes au sein des entreprises, les conditions de travail des femmes concernées et à prévenir leur désinsertion professionnelle.

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