Question de M. CHEVALIER Cédric (Marne - Les Indépendants) publiée le 23/07/2026

M. Cédric Chevalier appelle l'attention de Mme la ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative sur les difficultés croissantes rencontrées par les collectivités territoriales pour recruter des maîtres-nageurs sauveteurs.
Dans de nombreuses communes, le manque de professionnels qualifiés fragilise le fonctionnement des piscines municipales. Les collectivités sont parfois contraintes de réduire les horaires d'ouverture, de supprimer des créneaux dédiés aux scolaires ou aux associations, voire de fermer temporairement certains équipements. Cette situation est particulièrement préoccupante alors que l'apprentissage de la natation constitue un enjeu majeur de santé publique et de prévention des noyades.
Dans ce contexte, la réforme du brevet professionnel de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport (BPJEPS), spécialité « éducateur sportif », mention « natation et activités aquatiques », revêt une importance particulière puisqu'elle conditionnera l'accès au métier de maître-nageur sauveteur.
Si cette évolution est globalement saluée, plusieurs professionnels du secteur soulignent la nécessité de préserver la qualité de la formation et la valeur du diplôme. Ils appellent notamment à garantir le rôle décisionnel de l'État dans l'habilitation des organismes de formation, à maintenir des critères nationaux exigeants pour les compétences liées à la surveillance et au sauvetage, ainsi qu'à assurer des modalités d'évaluation homogènes sur l'ensemble du territoire.
Face aux tensions de recrutement que connaissent les collectivités, il apparaît indispensable que cette réforme permette à la fois de former davantage de maîtres-nageurs sauveteurs sans diminuer le niveau d'exigence indispensable à l'exercice de leurs missions.
Par conséquent, il demande à la ministre les mesures qu'elle entend prendre pour faire de cette réforme un véritable levier de lutte contre la pénurie de maîtres-nageurs sauveteurs, tout en garantissant la qualité de la formation et la sécurité des usagers, afin de permettre aux collectivités territoriales d'assurer durablement le fonctionnement de leurs piscines et l'apprentissage de la natation.

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Réponse du Ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative publiée le 01/10/2026

Le ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative est conscient des difficultés que peuvent rencontrer certaines collectivités dans le recrutement de maîtres-nageurs sauveteurs (MNS), notamment durant la saison estivale. La question de l'attractivité de la filière aquatique est régulièrement abordée dans le cadre des États généraux de l'encadrement et de la surveillance dans la filière aquatique, qui réunissent les différents acteurs du secteur. Ces temps d'échange permettent notamment d'aborder les principaux enjeux de la filière, tels que la réglementation, la formation, les conditions d'exercice et la valorisation des métiers. Les travaux de réingénierie du brevet professionnel de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport (BPJEPS), portant la mention « natation et activités aquatiques », diplôme conduisant à la délivrance du titre de maître-nageur sauveteur, ont été menés en 2025 et 2026. Ces travaux ont été conduits en associant l'ensemble des parties prenantes du secteur : représentants des employeurs, des salariés, des établissements publics, des services déconcentrés de l'État, des fédérations sportives concernées et experts de la filière. Ils ont permis de définir le référentiel de compétences, les modalités de certification, les conditions d'accès à la formation, ainsi que les exigences relatives à l'organisation pédagogique et à la composition de l'équipe pédagogique chargée d'accompagner les stagiaires tout au long de leur parcours de formation. La Fédération française de natation (FFN) ne s'est pas vu confier de rôle dans le cadre de l'habilitation des organismes de formation désirant mettre en place des sessions de formation. Conformément aux dispositions des articles R. 212-10-8 à R. 212-10-16 du code du sport, l'habilitation des organismes de formation est délivrée par le recteur de région académique, pour une durée de cinq ans, sur la base d'un dossier permettant d'apprécier la capacité de l'organisme à dispenser une formation conforme au règlement du diplôme et aux exigences du cahier des charges national mentionné à l'article R. 212-10-11 du code du sport. L'autorité administrative vérifie notamment la qualité du projet pédagogique, les moyens humains et matériels mobilisés, les modalités d'alternance, les partenariats avec les structures d'accueil ainsi que les garanties offertes aux stagiaires en matière de réussite et d'insertion professionnelle. Le code du sport prévoit à l'article R. 212-10-12 que le recteur de région académique recueille, préalablement à sa décision, l'avis du directeur technique national de la fédération délégataire compétente pour la discipline concernée. Cet avis est d'ordre consultatif et a une vocation technique, destinée à éclairer l'autorité administrative. Il ne présente aucun caractère décisionnel et ne se substitue en aucun cas à la compétence de l'État, seul habilité à délivrer, renouveler, suspendre ou retirer une habilitation. Cette procédure, prévue par le code du sport, constitue une garantie de qualité des formations tout en préservant pleinement le caractère étatique, neutre et impartial du diplôme. Afin de répondre aux interrogations exprimées par les acteurs du secteur, plusieurs réunions d'échanges ont été organisées tout au long des travaux de réingénierie. Elles ont permis de préciser les rôles respectifs des services déconcentrés de l'État dans la délivrance des habilitations ainsi que les contraintes calendaires auxquelles s'inscrit cette réingénierie. Une attention particulière a été portée aux conditions de transition entre le diplôme en vigueur et le futur diplôme, notamment s'agissant de la date limite d'ouverture des dernières sessions de formation de l'ancien diplôme, de la période de coexistence des deux dispositifs et de la date d'abrogation de la réglementation actuelle. L'objectif est de garantir la continuité de l'offre de formation sur l'ensemble du territoire et d'éviter toute rupture de parcours pour les stagiaires, comme toute interruption dans l'ouverture de nouvelles sessions de formation, dans un contexte où les besoins en maîtres-nageurs sauveteurs demeurent particulièrement importants.

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