Question de Mme CANAYER Agnès (Seine-Maritime - Les Républicains-R) publiée le 23/07/2026
Mme Agnès Canayer attire l'attention de M. le garde des sceaux, ministre de la justice sur l'absence d'accès à la lecture au sein du centre pénitentiaire du Havre.
Depuis 2023, les bibliothèques installées dans les quartiers de la prison ne sont plus accessibles aux personnes détenues. De plus, les trois personnes détenues employées pour gérer ces points de lecture ne peuvent plus rejoindre leur poste de travail ni exercer leurs missions. Cette situation est liée à un manque d'effectifs du personnel pénitentiaire sur le site, qui oblige l'établissement à prioriser d'autres missions au détriment de l'accès à la culture.
Pourtant, cette paralysie contrevient directement au droit des personnes détenues d'accéder aux publications écrites ou aux ouvrages. De plus, la lecture s'aligne pleinement avec les efforts de réinsertion. L'accès aux livres n'est donc pas qu'une activité mais bien une obligation légale qui constitue un pilier fondamental de réinsertion et d'apaisement en détention.
Enfin, le sous-effectif actuel global met en péril la sécurité et la santé des agents.
Ainsi, elle lui demande quelles mesures concrètes et urgentes le Gouvernement entend mettre en oeuvre pour combler le déficit de personnel pénitentiaire au Havre, afin de permettre le respect de la règle d'accès aux livres en redonnant tout leur sens aux actions menées par les partenaires culturels locaux.
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Réponse du Ministère de la justice publiée le 08/10/2026
Le ministère de la Justice et la direction générale de l'administration pénitentiaire poursuivent leur engagement en faveur de l'amélioration des conditions de travail des personnels pénitentiaires et des conditions de détention des personnes placées sous main de justice. Au 30 juillet 2026, le taux de couverture des postes du personnel de surveillance au sein du centre pénitentiaire du Havre s'élève à hauteur de 85,56 %, soit 32,5 équivalents temps plein vacants sur un organigramme de référence en prévoyant 225. Il se situe légèrement en dessous de la moyenne de la direction interrégionale des services pénitentiaires de Rennes (88,34 %) et de la moyenne nationale (89,07 %). Cette situation de sous-effectif impose une réorganisation des équipes permettant de garantir la continuité des services essentiels (distribution des repas, mouvements de promenades, accès aux soins, etc.). Dans ce contexte, le poste de surveillant en charge notamment de l'accès à deux bibliothèques ne peut pas être pourvu de manière effective. Au regard de l'importance de la réinsertion des personnes détenues et de la contribution que les activités culturelles peuvent y apporter, un projet est actuellement en cours d'élaboration afin de permettre la réouverture de ces secteurs dans les meilleurs délais. L'accès et l'incitation des personnes détenues à la lecture se traduisent également, pour l'ensemble des structures pénitentiaires dont celle du Havre, par plusieurs projets, tels que le prix Goncourt des détenus, institué en 2022 et reconduit chaque année.
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