Question de Mme de LA PROVÔTÉ Sonia (Calvados - UCI) publiée le 15/10/2026
Question posée en séance publique le 14/10/2026
M. le président. La parole est à Mme Sonia de La Provôté, pour le groupe Union Centriste et Indépendants. (Applaudissements sur les travées du groupe UCI. - M. Cédric Vial applaudit également.)
Mme Sonia de La Provôté. Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, ma question s'adresse à M. le ministre de l'éducation nationale.
Aujourd'hui encore, partout en France, des lycéens et des lycéennes se sont mobilisés. Si l'on s'accorde sur la condamnation ferme des violences et des destructions et si l'on fait abstraction des récupérations politiques de tous ordres qui occupent les débats et les plateaux de télévision, on comprend vite que ce mouvement d'ampleur d'une partie de la jeunesse est fondé sur des revendications que l'on doit entendre : le manque de moyens pour les lycées, les heures de cours non assurées et non remplacées, la réforme du baccalauréat et la désorganisation profonde des emplois du temps, le contrôle continu, épée de Damoclès du quotidien, le couperet de Parcoursup, l'orientation qui peut nettement mieux faire, l'obligation de choisir dès l'âge de 15 ans des spécialités qui recréent, sans le dire, les filières et obligent à des choix trop précoces et trop définitifs.
Tout cela intervient chez une génération covid, inquiète pour son avenir, dans un climat de menaces et de mutations radicales du monde et de la société. Notre jeunesse attend de notre pays une écoute et des réponses.
Face à l'urgence, vous avez annoncé le déploiement de 3 000 professeurs remplaçants dans les lycées les plus en difficulté. Vous avez également promis l'arrivée de contractuels et des heures supplémentaires en nombre. C'est un début, mais quid du reste, de tout le reste ? Êtes-vous prêt, monsieur le ministre, à engager une réflexion et des évolutions, quitte à remettre en cause certaines des réformes récemment mises en oeuvre ? (Applaudissements sur les travées du groupe UCI, ainsi que sur des travées des groupes SER et CRCE-K.)
- page 6402
Réponse du Ministère de l'éducation nationale publiée le 15/10/2026
Réponse apportée en séance publique le 14/10/2026
M. le président. La parole est à M. le ministre de l'éducation nationale.
M. Edouard Geffray, ministre de l'éducation nationale. Madame la sénatrice, nous apportons effectivement une réponse immédiate, fondée sur la mobilisation d'un vivier de remplaçants qui n'étaient pas encore affectés devant des élèves, ainsi que sur 920 recrutements supplémentaires, notamment dans la voie professionnelle. Il y a en effet, et vous l'avez souligné, des spécialités très pointues pour lesquelles nous n'avons pas nécessairement de remplaçant disponible dans notre vivier.
Nous préparons aussi une réponse de long terme. Celle-ci se traduit d'abord par un budget. Je rappelle que le PLF qui vous sera soumis comporte une augmentation de 1,2 milliard d'euros hors pensions pour l'éducation nationale et mise précisément, comme le disait le Premier ministre à l'instant, sur les dividendes de la triste aubaine démographique afin de réduire, aussi bien à l'école qu'au collège et au lycée, le nombre d'élèves par classe. Si ce PLF est adopté, nous aurons pour la première fois, dans le premier degré, une moyenne d'élèves par classe inférieure à la moyenne de l'OCDE. Ce sera la première fois de notre histoire, et ce sera à ce gouvernement qu'on le devra.
Ensuite, vous pointez un certain nombre de conséquences des réformes, comme celle du baccalauréat, sur les emplois du temps. Dès lors que le choix des spécialités a été ouvert, là où les élèves choisissaient auparavant en fonction de leur sociologie - ce qui ne pouvait manquer de nous interpeller -, ils choisissent désormais selon leurs envies et leurs projets. Auparavant, les enfants de catégories socioprofessionnelles favorisées (CSP+) faisaient un bac S, tandis que les enfants d'employés et d'ouvriers faisaient un bac ES. Désormais, les élèves choisissent des parcours qui leur conviennent. C'est un progrès qu'il ne faudrait pas occulter à la lumière de la seule question des emplois du temps.
Il faut, en revanche, apporter des réponses pratiques. Sur la question des emplois du temps, ce sera fait : nous examinons actuellement les meilleurs moyens d'y parvenir. Il en va de même pour la question de Parcoursup, soulevée par 16 % des lycéens, ainsi que pour celle des remplacements, sur laquelle je viens de m'exprimer. (MM. Martin Lévrier et Thani Mohamed Soilihi applaudissent.)
M. le président. La parole est à Mme Sonia de La Provôté, pour la réplique.
Mme Sonia de La Provôté. D'abord, il y a des mesures à mettre en place dès le budget 2027. Nous comptons sur vous pour que le débat avance très largement sur les évolutions demandées par les lycéens.
Vous parlez des spécialités. En réalité, un sujet est très peu abordé - il ne l'a d'ailleurs pas été dans vos propos -, à savoir celui de l'orientation. Vous évoquez un choix éclairé, mais ce n'est pas une réalité. Un projet éclairé, un projet réel qui corresponde à la fois aux compétences, aux capacités et au potentiel de l'élève, cela ne se décrète pas. Seuls une bonne orientation et un bon accompagnement permettront aux jeunes d'écrire eux-mêmes leur avenir en conscience. (Applaudissements sur les travées du groupe UCI, ainsi que sur des travées du groupe CRCE-K.)
- page 6402
Page mise à jour le