Question de Mme DIAZ Edwige (Gironde - UNT) publiée le 15/10/2026

Question posée en séance publique le 14/10/2026

M. le président. La parole est à Mme Edwige Diaz, pour le groupe Union Nationale pour les Territoires. (Applaudissements sur les travées du groupe UNT.)

Mme Edwige Diaz. Monsieur le Premier ministre, j'ai deux bonnes nouvelles.

La première, c'est que, pour la première fois de l'histoire du Sénat, un groupe RN-UDR a vu le jour. Cette arrivée était particulièrement salutaire pour notre démocratie et elle vient compléter notre puissance parlementaire, déjà bien installée à l'Assemblée nationale avec Marine Le Pen. Désormais, la voix de notre groupe Union Nationale pour les Territoires résonnera au Sénat. Vous aurez le plaisir, je n'en doute pas, de répondre chaque semaine à notre question au Gouvernement.

L'autre excellente nouvelle, c'est que la présidence d'Emmanuel Macron prend fin dans 200 jours. Après 3 400 jours d'exercice du pouvoir, il est clair que la partition du Mozart de la finance ressemble moins à un hymne triomphal qu'à un requiem. Ces deux mandats macronistes nous lèguent 1 300 milliards d'euros de dettes supplémentaires. Cela équivaut à près de 400 millions d'euros par jour, soit plus de 4 000 euros par seconde.

Votre bilan, c'est aussi : des lycéens avec moins de professeurs, des agriculteurs avec moins de champs, des ouvriers avec moins d'usines, des travailleurs et des retraités avec moins de pouvoir d'achat, des forces de l'ordre avec moins d'ordre, des soignants avec moins de moyens, des familles avec moins d'enfants. En parallèle, nous retrouvons plus d'insécurité dans notre quotidien, plus de charges pour les entreprises, plus d'impôts pour les Français, plus de clandestins dans nos rues, plus d'anxiété pour le peuple. (Murmures de désapprobation sur les travées du groupe SER.)

Monsieur le Premier ministre, ma question est la suivante : avez-vous au moins une bonne nouvelle à annoncer aux Français ? (Applaudissements sur les travées du groupe UNT.)

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Réponse du Premier ministre publiée le 15/10/2026

Réponse apportée en séance publique le 14/10/2026

M. le président. La parole est à M. le Premier ministre.

M. Sébastien Lecornu, Premier ministre. Madame la présidente, les sénatrices et les sénateurs qui sont ici et qui ont de l'expérience vont vite s'en rendre compte : on ne sort de l'ambiguïté qu'à son propre détriment.

On se souvient de la députée Diaz, qui, l'année dernière, a voté 35 milliards d'euros d'impôts supplémentaires sur les ménages et les grandes entreprises avec La France insoumise. (Applaudissements sur les travées des groupes RDPI et INDEP, ainsi que sur des travées des groupes UCI et Les Républicains.) Il faut être honnête, la plupart de ces impôts n'existaient pas, parce que l'assiette était mensongère : c'était aussi catastrophique que peu sérieux.

Y a-t-il une bonne nouvelle ? Je ne la vois pas bien de prime abord. Peut-être celle-ci : vous présentez enfin un contre-budget, avec des chiffres. Sur les questions politiciennes, on fait de grandes phrases - je l'ai fait aussi quand j'étais plus jeune ; je vieillis, donc je me guéris. (Sourires.) L'avantage, c'est qu'il va y avoir un exercice budgétaire. J'ignore ce qui se passera à l'Assemblée nationale, mais le Sénat, en général, va toujours jusqu'au bout et, dans cette enceinte, des textes seront votés : PLF, PLFSS.

M. Marc-Philippe Daubresse. Ici, on travaille !

M. Sébastien Lecornu, Premier ministre. J'imagine que le contre-budget que vous avez préparé va se traduire par des amendements. Par exemple, avec la lutte contre la fraude, vous prévoyez pour l'année prochaine 6 milliards d'euros... Ce n'est plus une cale pour la porte, c'est tout de même assez important ! Dans le PLF, nous en attendons 1 milliard d'euros. Et même ce milliard, il faut le documenter devant la Cour des comptes et le Haut Conseil des finances publiques (HCFP). Ces 6 milliards d'euros, c'est pour 2027 : ensuite, vous prévoyez 12 milliards en 2028, 19 milliards en 2029, 27 milliards en 2030, 32 milliards en 2031. À la bonne heure ! (Marques d'ironie sur plusieurs travées.)

Une ligne intéressante, aussi, est celle relative aux collectivités locales. (Ah ! sur de nombreuses travées.) Ceux qui ne sont pas démagogues dans cet hémicycle savent qu'il faut faire quelque chose d'intelligent en matière d'effort budgétaire dans ce domaine. Nous ne sommes jamais complètement d'accord sur la manière de procéder ni sur le quantum final, mais les personnes qui aiment les finances publiques et qui ne sont pas dans le déni de ce qui se passe savent qu'il faut faire un effort.

Vous, c'est autre chose : l'année prochaine, 8 milliards d'euros sur les collectivités territoriales ; en 2028, 12 milliards ; en 2029, 14,5 milliards ; en 2030, 16,9 milliards et en 2031, 18,4 milliards d'euros. J'espère que vous l'avez dit aux grands électeurs de la Gironde avant la fin du mois de septembre... (Applaudissements sur les travées des groupes RDPI, INDEP et UCI, ainsi que sur des travées des groupes Les Républicains et SER.)

Le vrai courage, c'est d'aller à l'assemblée générale des maires de Gironde, d'aller voir les conseillers départementaux, les présidents d'intercommunalité et de leur dire : en 2031, nous finirons avec 18 milliards d'euros de moins pour les collectivités territoriales.

C'est toujours pareil, madame la présidente. On raconte bien ce que l'on veut des dix ans d'Emmanuel Macron, c'est le rétroviseur. Cependant, quand on regarde dans le pare-brise, en face, et que l'on voit les propositions qui arrivent, j'ai bien peur du cauchemar. Il est temps de se réveiller ! (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI, ainsi que sur des travées des groupes UCI, INDEP et Les Républicains.)

M. le président. La parole est à Mme Edwige Diaz, pour la réplique.

Mme Edwige Diaz. Monsieur le Premier ministre, vous avez beau citer le cardinal de Retz, il n'en reste pas moins que vous parlez de chiffres qui n'existent pas. (M. le Premier ministre brandit le document où figurent les chiffres qu'il a énoncés.) Vous déformez notre programme. Les grands électeurs de Gironde, mais aussi tous ceux qui ont voté pour mes collègues du RN et de l'UDR, savent pour qui ils ont voté. En tout cas, ce qu'ils ont manifesté durant cette élection, c'est qu'ils ne voulaient plus de vous. (Applaudissements sur les travées du groupe UNT.)

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