Question de Mme BESSIN-GUÉRIN Marie-Pierre (Loire-Atlantique - Les Indépendants) publiée le 01/10/2026
Mme Marie-Pierre Bessin-Guérin appelle l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur les résultats de l'enquête internationale du programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) 2025, publiés le 8 septembre 2026 par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui dressent un constat particulièrement préoccupant concernant le niveau des élèves français.
En 2025, les performances des élèves français sont inférieures à celles de 2022 en mathématiques et en compréhension de l'écrit et restent globalement stables en sciences. L'OCDE souligne que les résultats français figurent, dans les trois domaines évalués, parmi les plus faibles jamais enregistrés par la France dans le cadre de PISA et qu'ils sont nettement inférieurs à ceux observés dix ans auparavant, en 2015.
Cette évolution est particulièrement préoccupante en matière de maîtrise des savoirs fondamentaux. En mathématiques, seuls 64 % des élèves français atteignent au moins le niveau 2 de compétence, contre 65 % en moyenne dans l'OCDE. En compréhension de l'écrit, cette proportion s'établit à 67 %, contre 69 % pour la moyenne des pays de l'OCDE. En sciences, 74 % des élèves français atteignent au moins le niveau 2, soit un résultat équivalent à la moyenne de l'OCDE.
Plus inquiétant encore, depuis 2015, la proportion d'élèves français se situant sous le niveau 2 de compétence a progressé de 12 points en mathématiques, de 11 points en compréhension de l'écrit et de 4 points en sciences. Parallèlement, seuls 5 % des élèves français figurent parmi les élèves les plus performants en mathématiques, contre 8 % en moyenne dans l'OCDE.
Ces résultats ne sauraient en aucun cas être interprétés comme une remise en cause de l'engagement, du professionnalisme et du dévouement des enseignants et des personnels éducatifs. Ceux-ci exercent leur métier dans des conditions souvent difficiles et sont quotidiennement mobilisés pour faire progresser leurs élèves, accompagner les plus fragiles et réduire les inégalités scolaires, avec toujours plus de tâches à accomplir.
Ils doivent, au contraire, conduire à s'interroger sur le cadre dans lequel leur action est menée. Depuis de nombreuses années, les enseignants ont été confrontés à une succession de réformes, de changements de programmes, de méthodes pédagogiques, de dispositifs et de directives, parfois successifs voire contradictoires. Cette instabilité peut nuire à la continuité pédagogique et à la lisibilité de la politique éducative, alors même que les équipes ont besoin de stabilité, de temps et de visibilité pour inscrire leur action dans la durée.
Ces mauvais résultats interviennent alors que plusieurs politiques publiques majeures ont été mises en oeuvre depuis 2017 avec l'objectif affiché d'améliorer le niveau des élèves et de lutter contre les inégalités scolaires.
Le dédoublement des classes de grande section, de CP et de CE1 dans les réseaux d'éducation prioritaire, progressivement étendu à d'autres niveaux et territoires, a notamment constitué l'une des mesures emblématiques des gouvernements successifs depuis 2017. À cette politique se sont ajoutées différentes mesures présentées comme destinées à renforcer la maîtrise des savoirs fondamentaux, à améliorer l'accompagnement des élèves en difficulté et à lutter contre les inégalités scolaires. Peut être est il trop tôt pour en voir les effets.
Sans remettre en cause le principe de ces dispositifs, ni le travail des personnels qui les mettent en oeuvre, les résultats de PISA 2025 posent légitimement la question de l'efficacité réelle de notre système éducatif. Si des moyens importants ont été mobilisés depuis plusieurs années, notamment pour réduire les effectifs dans certaines classes, il convient désormais de mesurer précisément leurs effets sur les acquis des élèves.
La publication des résultats PISA doit ainsi constituer l'occasion non pas d'annoncer une nouvelle succession de réformes, mais de dresser un bilan objectif, transparent et documenté des politiques éducatives conduites depuis la constatation des baisses des résultats PISA afin d'améliorer ces dispositifs. Il importe notamment de déterminer quelles mesures ont effectivement permis d'améliorer les apprentissages, lesquelles ont produit des résultats insuffisants et quelles adaptations doivent désormais être engagées.
Cette réflexion doit également tenir compte des réalités territoriales. Si PISA ne permet pas de produire des résultats à l'échelle départementale, les évaluations nationales standardisées constituent un outil précieux pour apprécier les acquis des élèves dans les territoires. En septembre 2025, plus de 7 millions d'élèves ont ainsi participé aux évaluations nationales, de l'école élémentaire au lycée professionnel, permettant au ministère de disposer d'indicateurs détaillés sur les acquis en français et en mathématiques.
La Loire-Atlantique doit pouvoir bénéficier pleinement de cette exploitation territoriale des données. Si les résultats départementaux peuvent apparaître globalement favorables sur certains indicateurs par rapport à la moyenne nationale, cette situation ne doit pas masquer les écarts qui peuvent exister entre établissements, territoires et catégories d'élèves. Il est donc essentiel que les données disponibles puissent être utilisées pour identifier précisément les secteurs dans lesquels les difficultés sont les plus importantes et adapter les moyens en conséquence.
Dans ce contexte, elle lui demande quel bilan précis le Gouvernement tire-t-il des résultats de PISA 2025, notamment de la baisse des performances françaises en mathématiques et en compréhension de l'écrit et de l'augmentation, depuis 2015, de la proportion d'élèves en grande difficulté et quelles mesures concrètes et nouvelles le Gouvernement entend-il prendre pour enrayer cette dégradation et améliorer durablement le niveau des élèves en lecture, en écriture et en mathématiques.
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En attente de réponse du Ministère de l'éducation nationale.
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