Question de M. COSTE Pascal (Corrèze - Les Républicains) publiée le 22/10/2026

Question posée en séance publique le 21/10/2026

M. le président. La parole est à M. Pascal Coste, pour le groupe Les Républicains. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)

M. Pascal Coste. Monsieur le Premier ministre, ce week-end, le chaos a envahi notre pays et provoqué la sidération, puis la colère de nos concitoyens devant l'impuissance de l'État. Je salue le courage de nos forces de sécurité et de secours, malgré un manque criant d'effectifs, de moyens et surtout de directives claires du Gouvernement.

À Limoges, au coeur du Limousin, nous avons connu un véritable attentat. L'hôtel de ville a été ravagé par les flammes ; il s'agit d'un acte délibéré de la part de voyous entraînés par l'ultragauche et soutenus par La France insoumise. Monsieur le Premier ministre, si la mairie de Limoges est en cendres, la République, elle, doit rester debout.

Pour toutes les villes concernées, nous attendons aujourd'hui trois réactions. Tout d'abord, une extrême fermeté, particulièrement vis-à-vis de l'ultragauche que vous laissez se développer partout et de plus en plus dans nos territoires ruraux.

Ensuite, il faut une réponse judiciaire rapide et à la hauteur. Black Blocs, militants d'ultragauche, casseurs, délinquants, racailles ou pilleurs opportunistes : les Français ne supportent plus de les voir défier impunément l'autorité de l'État.

Enfin, nous avons besoin d'un plan d'urgence pour les villes sinistrées, particulièrement pour la ville de Limoges, avec la reconstruction rapide de sa mairie. Vous avez su le faire pour Notre-Dame-des-Landes (Sourires sur les travées du groupe GEST.), pour Notre-Dame de Paris, pardon, vous le devez aussi au Limousin.

Monsieur le Premier ministre, n'en déplaise à certains, il n'y a pas d'humanisme sans ordre, pas de liberté sans sécurité, pas de République sans autorité. Quelles décisions immédiates prenez-vous pour rétablir rapidement et durablement l'autorité de la République ? (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)


Réponse du Ministère de l'intérieur publiée le 22/10/2026

Réponse apportée en séance publique le 21/10/2026

M. le président. La parole est à M. le ministre de l'intérieur.

M. Laurent Nunez, ministre de l'intérieur. Monsieur le sénateur, votre question comporte plusieurs points.

Tout d'abord, je le répète, je regrette vivement ce qui s'est passé à Limoges, dont la mairie a été ciblée, selon toute évidence, par la mouvance d'ultragauche. À chaque fois - c'est l'une des marques de fabrique de ses exactions -, elle s'en prend aux bâtiments publics, quand les casseurs et les pilleurs s'en prennent en général aux magasins de sport et autres.

Monsieur le sénateur, je ne peux vous laisser dire que nous ne nous occupons pas de la mouvance d'ultragauche. Ce n'est pas acceptable. Nous le faisons, notamment dans votre département - vous voyez à quoi je fais allusion -, où les services de renseignement travaillent sur un certain nombre d'objectifs.

Nous considérons que la mouvance d'ultragauche flirte bien souvent, au titre des violences collectives, avec le terrorisme. Deux dossiers d'instruction pour terrorisme ont été ouverts ces dernières années relativement à des groupes d'ultragauche, contre une vingtaine pour des groupes d'ultradroite.

Nous suivons de très près la mouvance d'ultragauche pour plusieurs raisons. Tout d'abord, elle commet des sabotages, des dégradations, ainsi qu'on l'a vu à Limoges. Surtout, elle a des ramifications avec diverses mouvances d'autres pays comme la Grèce, l'Espagne ou l'Allemagne. Souvent, de telles convergences sont extrêmement dangereuses pour nos intérêts fondamentaux. Nous suivons donc cette mouvance de très près.

La réponse judiciaire est au rendez-vous lorsque des exactions sont commises. Malheureusement, elle vient a posteriori, après des interpellations en flagrance ou des investigations menées pour confondre leurs auteurs. Monsieur le sénateur, vous en avez une preuve avec l'incendie de la mairie de Limoges, dont l'un des auteurs présumés a été interpellé très rapidement.

Que se passera-t-il dans les jours et les semaines à venir ? En compagnie d'autres ministres, j'accompagnerai le Premier ministre à Limoges ce vendredi. Ensuite, pour la journée de samedi prochain, j'ai confirmé à l'entourage du maire de Limoges, par l'intermédiaire du préfet de Haute-Vienne, que nous renforcerons significativement le dispositif dans sa ville.

M. le président. La parole est à M. Pascal Coste, pour la réplique.

M. Pascal Coste. Monsieur le ministre, vous seriez bien avisé de vous inspirer de cette déclaration du général de Gaulle (Marques d'ironie sur les travées du groupe SER.) : « Comment voulez-vous dialoguer avec des enragés qui veulent tout foutre en l'air ? » (Protestations sur les travées du groupe GEST.) « Le seul ton à prendre, quand il y a des émeutes dans la rue, c'est le ton du commandement. À la fin des fins, l'État a une prérogative, celle d'abattre ceux qui veulent l'abattre. » (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)

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