Question de Mme RENAUD-GARABEDIAN Évelyne (Français établis hors de France - Les Républicains-R) publiée le 08/10/2026
Mme Évelyne Renaud-Garabedian attire l'attention de M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sur la situation des instituts français et des Alliances françaises.
Dans son rapport public thématique « La politique française de promotion internationale de la francophonie », publié le 31 août 2026, la Cour des comptes constate que ces deux réseaux n'ont pas retrouvé leur niveau d'avant la crise sanitaire. Les instituts français comptaient 180 334 élèves en 2024, contre 222 845 en 2019, soit une baisse de 19 %. Leurs effectifs stagnent autour de 180 000 depuis 2022, ce qui montre que la reprise s'est interrompue. Les Alliances françaises comptaient 419 000 apprenants en 2024, soit 11,6 % de moins qu'en 2018, et le nombre d'heures de cours qu'elles dispensent a chuté de 21 %. La baisse touche surtout les cours ouverts au grand public ; seuls les cours destinés aux entreprises et aux institutions progressent légèrement. Pour redresser la situation, la Cour formule plusieurs recommandations : constituer d'ici 2028 une base de données fiable sur l'apprentissage du français, dont l'absence empêche aujourd'hui toute évaluation ; fidéliser les anciens apprenants à partir de fin 2026, sur le modèle du réseau d'anciens élèves de l'AEFE ; valoriser la maîtrise du français comme facteur d'employabilité ; élaborer d'ici fin 2027 un plan de développement du français sur objectifs spécifiques, adapté par chaque poste au contexte local.
Or ces réseaux devront mettre en oeuvre ces recommandations avec des moyens contraints. Les dotations de l'État aux instituts français (63,1 millions d'euros) et aux Alliances françaises (7,8 millions d'euros) ont été reconduites à l'identique en 2026, malgré l'inflation. Ces structures doivent donc financer une part croissante de leur fonctionnement par leurs cours de langue, dont la fréquentation reste en baisse. Lors de l'examen du budget, le rapporteur pour avis du Sénat a d'ailleurs évoqué le risque de fermeture d'instituts qui n'atteindraient pas leurs objectifs d'autofinancement.
Elle l'interroge sur l'évolution, par zone géographique, du nombre d'apprenants et d'heures de cours depuis 2019, et sur les causes identifiées par le ministère. Elle souhaite savoir si des fermetures ou fusions d'instituts français sont envisagées en 2026 et 2027, et selon quels critères. Enfin, elle lui demande quelles suites le Gouvernement entend donner aux recommandations de la Cour, avec quel calendrier, quels moyens et quel dispositif de suivi, et comment les communautés françaises locales et leurs élus seront associés à leur mise en oeuvre.
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En attente de réponse du Ministère de l'Europe et des affaires étrangères.
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