Question de M. BACCHI Jérémy (Bouches-du-Rhône - CRCE-K) publiée le 08/10/2026

M. Jérémy Bacchi attire l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique sur le projet alarmant de fermeture et de transformation de 19 bureaux de poste dans le département des Bouches-du-Rhône.

Menée sans aucune déclaration préalable ni concertation au sein du Comité social et économique (CSE), cette réorganisation s'inscrit dans une logique purement financière, au détriment des besoins des populations et des conditions de travail des agents. Il ne s'agit pas d'un simple ajustement interne, mais d'une menace directe sur la présence postale et l'accès au service public pour un département fortement densifié de plus de 2 millions d'habitants.

Toute réduction du maillage postal doit s'apprécier à l'échelle des bassins de vie et des flux réels de population. Dans un territoire urbanisé à 80 %, la fermeture d'un bureau ne fait pas disparaître le besoin d'un service : elle reporte unilatéralement la charge sur les équipes et les agences restantes.

Sur le terrain, la réalité contredit les orientations de la direction. Les files d'attente qui s'étirent au quotidien prouvent que la fréquentation reste forte et que les besoins des concitoyens en matière d'activité postale sont immenses. À Marseille, ce sont plus de 100 000 habitants qui sont directement impactés par la menace pesant sur huit bureaux : Frais Vallon, La Capelette, La Rouvière, La Pomme, Saint-Mauront, Chartreux, Blancarde, Saint-André. De plus, plusieurs de ces bureaux ciblés sont situés en quartiers prioritaires de la politique de la ville, à l'instar de Barriol à Arles ou d'Encagnane à Aix-en-Provence. Ignorer la réalité démographique et sociale de ces quartiers est incompréhensible, d'autant plus que le chiffre d'affaires du groupe La Poste demeure conséquent.

Outre le recul de l'accessibilité pour les usagers, ce plan aura des conséquences désastreuses sur la santé et les conditions de travail des postiers : modification contrainte des lieux de travail, allongement des temps de trajet, alourdissement des charges de travail, auxquels s'ajoute la réduction des amplitudes horaires prévue dans d'autres bureaux du département.

Face à cette politique de démantèlement systématique qui suscite la vive inquiétude des salariés, des élus locaux et des usagers, il lui demande quelles mesures urgentes le Gouvernement entend prendre. Il lui demande s'il compte intervenir auprès de la direction de La Poste pour stopper ces fermetures, imposer l'ouverture d'une réelle concertation avec l'ensemble des acteurs, et ainsi garantir la pérennité d'un réseau postal de proximité doté de moyens humains permettant d'assurer correctement cette mission fondamentale de service public.

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En attente de réponse du Ministère de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.

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