Question de Mme LINKENHELD Audrey (Nord - SER) publiée le 08/10/2026

Mme Audrey Linkenheld attire l'attention de M. le ministre du travail et des solidarités sur le projet de transformation de l'agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (AFPA) et, plus précisément, sur la fermeture programmée de trois centres dans le département du Nord.

Depuis sa création en 1949, l'AFPA qualifie et reconvertit des demandeurs d'emploi comme des salariés sur l'ensemble du territoire, au service du droit à la formation et de l'insertion professionnelle. L'article L. 6111-1 du code du travail érige d'ailleurs la formation professionnelle tout au long de la vie en obligation nationale.

Présenté le 15 septembre 2026 au conseil d'administration de l'agence, le plan national envisage jusqu'à 867 suppressions d'emplois sur 5 700, assorties de 400 créations, ainsi que la fermeture possible de 30 centres sur 142.

Après le plan de 2018, qui avait condamné les centres de Berck-sur-Mer, de Boulogne-sur-Mer et de Beauvais, la réorganisation frappe désormais le Nord, où trois centres cesseraient leur activité : Douai-Cantin, Maubeuge-Rousies et Roubaix. Sur les 97 postes que comptent ces centres, 67 seraient supprimés, dont 39 sur 47 à Douai-Cantin, et 30 agents rejoindraient d'autres sites. À l'échelle des Hauts-de-France, le projet soumis le 28 septembre au comité social et économique régional dénombre 129 suppressions de postes, dont plus de la moitié dans ces trois centres.

La fermeture de ces centres toucherait ainsi le Douaisis, la Sambre-Avesnois et le secteur de Roubaix, bassins d'emploi durement éprouvés par un chômage nettement supérieur à la moyenne nationale. Douai-Cantin, amputé de plusieurs formations en 2025, subirait un nouveau revers. L'éloignement des sites alourdirait en outre des trajets que les difficultés de mobilité rendent déjà dissuasifs pour nombre de stagiaires, et appauvrirait le vivier de compétences offert aux entreprises du territoire. Le Gouvernement proclame pourtant sa volonté de réindustrialiser le pays, ambition qui exige des salariés qualifiés, formés au plus près des bassins de vie, singulièrement dans ces territoires de tradition industrielle.

Aussi, elle lui demande quelles garanties le Gouvernement entend apporter au maintien d'une offre publique de formation qualifiante dans ces trois bassins, notamment par la préservation de plateaux techniques. Elle l'interroge sur les critères qui ont guidé le choix des sites, alors que la direction générale annonçait en janvier des décisions fondées sur des réalités objectives, telles que le potentiel des territoires, la situation immobilière et la rentabilité, et sur l'éventuelle évaluation de leur impact territorial en amont. Elle souhaite savoir si l'État, signataire du contrat d'objectifs et de performance, envisage d'en réviser les engagements et de rouvrir la concertation avec les élus locaux, la région et les représentants du personnel avant le dépôt du dossier d'homologation, prévu en février 2027. Elle demande enfin quelles mesures de reclassement interne l'État compte soutenir en faveur des salariés concernés.

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En attente de réponse du Ministère du travail et des solidarités .

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