Question de Mme BROSSEL Colombe (Paris - SER) publiée le 08/10/2026
Mme Colombe Brossel attire l'attention de M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sur la nécessité de renforcer les moyens consacrés à la réponse humanitaire face aux conséquences atroces de la guerre en cours depuis bientôt quatre ans au Soudan.
Alors que les combats et les exactions se poursuivent, les besoins des populations civiles ne cessent de croître, tandis que les financements demeurent largement insuffisants. Le plan de réponse humanitaire des Nations unies pour 2026, qui requiert 2,9 milliards de dollars, était financé à moins d'un tiers à la mi-2026. Le 14 septembre 2026, la directrice générale de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), Amy Pope, a alerté sur le risque d'effondrement, « en quelques semaines », de ses capacités d'acheminement de l'aide. Elle estime à 15 millions de dollars le financement nécessaire pour maintenir un dispositif minimal pendant douze mois, permettant d'assister 305 000 personnes.
La France a déjà pris des engagements importants qu'elle salue. Toutefois, ils doivent désormais être mis en regard de l'aggravation continue de la crise ainsi que de la contraction des moyens français consacrés à l'aide publique au développement : les crédits de la mission « Aide publique au développement » ont diminué de 16,1 % en 2026, tandis que les crédits consacrés à l'aide humanitaire ont diminué de 41 % en un an et de deux tiers depuis 2024. Cette situation est d'autant plus préoccupante que le désengagement des États-Unis de nombreux dispositifs d'aide internationale, notamment l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), accroît la pression sur les autres bailleurs. Alors que la France préside le Conseil de sécurité des Nations unies en septembre 2026, elle doit pouvoir faire correspondre ses ambitions diplomatiques avec des moyens à la hauteur de l'urgence.
Elle souligne que plusieurs questions écrites ont déjà été adressées au Gouvernement par des parlementaires sur la situation au Soudan et sur les moyens consacrés à cette crise. Si les engagements déjà pris par la France constituent des avancées, les réponses apportées ne permettent pas, à ce stade, d'identifier clairement les mesures supplémentaires que le Gouvernement entend prendre face à l'aggravation de la situation et à l'insuffisance persistante des financements.
C'est pourquoi, elle souhaite savoir quelles mesures le Gouvernement entend prendre pour garantir, en dépit de la contraction des crédits de l'aide publique au développement, un niveau de financement à la hauteur de l'urgence humanitaire au Soudan. Elle souhaite notamment connaître les enveloppes que la France prévoit de consacrer en 2026-2027 au Soudan et aux réfugiés soudanais accueillis par des pays voisins.
Enfin, elle souhaite savoir comment le Gouvernement entend assurer la traduction concrète des engagements internationaux pris en faveur du Soudan, afin que ceux-ci soient accompagnés de moyens effectifs à la hauteur d'une crise dont l'ampleur ne cesse de s'aggraver.
- page 4858
En attente de réponse du Ministère de l'Europe et des affaires étrangères.
Page mise à jour le