Question de M. PLA Sebastien (Aude - SER) publiée le 15/10/2026
M. Sebastien Pla appelle l'attention de M. le ministre de l'intérieur sur l'immense gâchis que représentent les trois premières semaines du mouvement lycéen.
Gâchis humain tout d'abord, le plus grave, avec de nombreuses victimes physiques et psychologiques chez les lycéens et chez les forces de l'ordre. Il est contradictoire avec la revendication de respect portée par les lycéens qui cherchent une voie pour leur avenir. Gâchis économique, avec des dégradations et des destructions qui se chiffrent à des dizaines de millions d'euros pour les régions, notamment. Il est contradictoire avec la revendication de considération portée par les lycéens qui demandent des locaux remis à neuf ou à tout le moins rénovés. Gâchis démocratique surtout, qui apparaît être la cause des deux précédents : alors que les lycéens réclament d'être entendus et dénoncent les insuffisances des instances actuelles de dialogue, notamment des conseils de la vie lycéenne, ils ont été confrontés dès le début de leur mouvement à des démonstrations de force de la part des forces de l'ordre donnant l'impression que le Gouvernement, inquiet de l'enracinement des mouvements revendicatifs de lycéens ou d'étudiants par le passé, a voulu « tuer dans l'oeuf » les mobilisations naissantes au lieu de leur offrir un débouché de dialogue et de recherches de solutions. Le bilan est incompréhensible, avec plus de 5 000 gardes à vue au 5 octobre 2026, soit déjà la moitié du nombre de gardes à vue du mouvement des « Gilets jaunes », mais qui concernent ici à 90 % des mineurs. Les constats et les analyses des responsables du maintien de l'ordre sur le terrain, commissaires, officiers de police et officiers de gendarmerie rejoignent les études et réflexions des sociologues et des historiens sur le fait que depuis une vingtaine d'année les mouvements revendicatifs peinent à s'exprimer, que les manifestations devenues contreproductives laissent souvent la place à des violences urbaines. La bascule apparaît être le moment où les gouvernements ont tourné le dos à une approche qui prévalait jusque-là et pendant des décennies au XXe siècle, construite progressivement sous la IIIe République, et qui consistait à prendre en compte les contestations et les confrontations comme des occasions de réajuster dans des contextes précis les décisions prises en fonction d'orientations générales tranchées au moment des élections ou des alliances politiques. Cela permettait une respiration démocratique dans l'espace publique. Elle est nécessaire. La montée des discours radicalisés en vue des élections, qui expriment les crispations exacerbées de notre société, n'apparaissent pas non plus très éloignées de ce malheureux changement d'approche des gouvernements.
Il lui demande donc, en tant que premier responsable du maintien de l'ordre après le Premier ministre, si le Gouvernement entend revenir à de meilleures approches face aux revendications sociales et de la jeunesse afin que l'apaisement nécessaire à une société démocratique prévale à l'avenir.
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En attente de réponse du Ministère de l'intérieur.
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