Question de M. UZENAT Simon (Morbihan - SER) publiée le 15/10/2026
M. Simon Uzenat appelle l'attention de Mme la ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire sur l'enjeu économique, social et territorial de la sauvegarde de l'andouille de Guémené. Connue et reconnue pour ses saveurs uniques depuis des générations, elle fait partie du patrimoine culinaire français et des spécialités bretonnes identifiées bien au-delà de nos frontières. Ce produit de terroir est l'oeuvre d'artisans passionnés qui font vivre nos traditions, créent des emplois et contribuent au dynamisme économique autant qu'au rayonnement du centre-Bretagne. La fumaison au feu de bois, en particulier de hêtre, confère ce goût typique et unique qui fait le succès de l'andouille de Guémené. Ce procédé engendre le dépôt d'hydrocarbures aromatiques polycycliques sur la peau de l'andouille, les fameux HAP, qui, à très haute dose, peuvent présenter un caractère nocif pour la santé humaine.
À cet égard, on ne pourra pas faire reproche à la Commission européenne de chercher à protéger nos concitoyens, surtout quand elle veille dans le même temps, dans le cadre de son dialogue avec les États membres, à sauvegarder les spécialités régionales. Ainsi, le Règlement européen 2023/915 du 25 avril 2023 qui précise les teneurs maximales pour certains contaminants dans les denrées alimentaires admet simultanément des dérogations aux teneurs maximales en HAP afin de préserver « les caractéristiques organoleptiques (...) de certaines viandes et certains produits à base de viande, fumés de façon traditionnelle » et d'empêcher « la fermeture de nombreuses petites et moyennes entreprises ». L'article 7 dudit règlement permet en l'occurrence à 10 États membres de l'Union européenne d'autoriser « la mise sur leur marché respectif (...) de viandes et produits de viandes (...) fumés de façon traditionnelle sur leur territoire dont les teneurs en HAP sont supérieures aux valeurs fixées à l'annexe I (...) » dans une limite de 30 microgrammes/kg. Mais pas la France ! Soucieux eux aussi de la santé publique, les producteurs artisanaux d'andouille de Guémené font figurer sur les emballages une indication claire invitant à ne pas consommer la peau. Ils ont également su innover et adopter de nouvelles techniques de fumaison qui respectent largement les seuils dérogatoires européens. Dès lors, comment comprendre que la France ne bénéficie pas de la dérogation offerte par la règlementation européenne adoptée au printemps 2023 ? L'andouille de Guémené a-t-elle été volontairement ou involontairement oubliée par les prédécesseurs de Madame la Ministre ? Il souhaite par ailleurs savoir quelle stratégie elle compte mettre en oeuvre en urgence pour corriger ce dysfonctionnement manifeste de la France et permettre à un savoir-faire breton et français d'excellence de perdurer ?
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En attente de réponse du Ministère de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire.
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