Appartenance politique :
Groupe Communiste
État civil :
Né le 17 novembre 1910
Décédé le 22 mai 1979
Profession :
Fonctionnaire
Département :
Côte d'Ivoire

Elu le 13 janvier 1947
Fin de mandat le 26 juin 1948 (Démission (élu(e) député))

1940-1958  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

1940-1958

GUISSOU (Henri, Marcel)

Né le 17 novembre 1910 à Koudougou (Haute-Volta)

Décédé le 22 mai 1979 à Koudougou

Conseiller de la République de la Côte d'Ivoire de 1947 à 1948

Député de la Haute- Volta de 1949 à 1959

Henri Guissou, né le 17 novembre 1910 à Koudougou en Haute-Volta, est fils de Chef de terre. A l'issue de sa scolarité à l'Ecole normale Willliam-Ponty de Dakar-Gorée, il exerce à partir de 1936 la profession de comptable des services financiers en Côte d'Ivoire jusqu'à son élection au Conseil de la République par le premier collège le 13 janvier 1947. Son élection est validée le 19 août et le jour même, en qualité de rapporteur, il présente le projet de loi portant rétablissement du territoire de la Haute-Volta. Pour lui, il s'agit de la « résurrection morale » d'un peuple de trois millions d'habitants dont le territoire a été disloqué par le décret du 5 septembre 1932 et qui souhaite avoir sa place et faire entendre sa voix au sein de l'Union Française sans pour autant réclamer l'indépendance. Aussi, conduit-il, le 27 juin 1948, lors des premières élections législatives dans le territoire de la Haute-Volta, récemment reconstitué, la liste d'Union pour la défense des intérêts de la Haute-Volta qui remporte les trois sièges à pourvoir. Henri Guissou cumula ce mandat avec celui de membre du Conseil territorial (2e collège) (1948-1957).

Au Palais-Bourbon, Henri Guissou est membre de la Commission des territoires d'outre-mer et vice-président du groupe des Indépendants d'outre-mer. Il est, en outre, élu secrétaire de l'Assemblée le 10 janvier 1950. Au cours de la première législature, il ne dépose aucune proposition de loi ou de résolution sur le Bureau de l'Assemblée et intervient peu en séance publique. Le 16 février 1950, au nom de son groupe, Henri Guissou demande la constitution d'une commission d'enquête pour faire la lumière sur les événements tragiques qui viennent de se produire en Côte d'Ivoire. Le 14 avril 1951, il dépose un amendement au projet de loi instituant un code du travail dans les territoires d'outre-mer tendant à assurer l'indépendance des inspecteurs du travail. Le groupe communiste accuse alors Henri Guissou d'avoir déposé cet amendement, finalement adopté, à la demande du gouvernement qui ne dispose pas du droit d'amendement. Au cours de cette législature, ainsi que lors des suivantes, Henri Guissou vote le plus souvent à l'unisson de son groupe. Ainsi le 31 août 1948 vote-t-il l'investiture de Robert Schuman mais, le 7 septembre, il est l'un des cinq Indépendants d'outre-mer à refuser la composition du gouvernement. En revanche, le 26 juillet 1949, comme l'ensemble des Indépendants d'outre-mer, il s'abstient lors du vote autorisant le Président de la République à ratifier le traité de l'Atlantique nord. Mais, le 27 octobre 1950, il approuve le projet de loi tendant à porter à 18 mois la durée du service militaire.

Le 17 juin 1951, lors des élections législatives, Henri Guissou est en deuxième position derrière Joseph Conombo sur la liste d'Union pour la défense des intérêts de la Haute-Volta. Nazi Boni qui se trouvait en troisième position sur la liste que Henri Guissou conduisait en 1948 conduit cette fois-ci sa propre liste. La liste Conombo, comme il est d'usage de l'appeler, est loyaliste. Elle propose d'oeuvrer en faveur de la décentralisation administrative, de « l'adaptation progressive et raisonnable des coutumes traditionnelles aux principes fondamentaux de la civilisation moderne », de l'application du code du travail, du développement de l'éducation et des services de santé et de la défense des anciens combattants sans oublier le développement économique. Henri Guissou est réélu sans difficultés. Membre durant toute la législature de la Commission des territoires d'outre-mer- il en est le secrétaire en 1951 - il appartient aussi, pour une durée plus courte, aux commissions de la justice et de la législation, de l'éducation nationale et des pensions. Ses rares interventions portent sur la défense des intérêts de ses mandants. Ainsi, le 14 septembre 1951, attire-t-il l'attention du gouvernement sur le fait que trop souvent au goût des Africains des mesures prises en métropole pour améliorer le sort des fonctionnaires ou des salariés sont appliquées avec retard en Afrique. Intervention qui lui vaut d'être applaudi à gauche, au centre et à l'extrême droite. Au cours de la législature, il vote la confiance de tous les Présidents du Conseil qui ont été investis. Le 2 novembre 1955, au nom des seize membres du groupe des Indépendants d'outre-mer, il proteste du fait que les bulletins qui avaient été préparés en faveur du scrutin d'arrondissement aient été modifiés et sous-entend qu'ils l'ont été par ceux qui soutiennent le gouvernement.

En janvier 1956, la liste toujours conduite par Joseph Conombo mais, cette fois-ci, appelée liste du Parti social de l'Education des masses africaines, arrive en tête avec plus de voix que les deux listes qui suivent. Henri Guissou et ses colistiers avaient à nouveau fait campagne sur le thème de la décentralisation auquel ils avaient ajouté celui de la déconcentration administrative. L'installation d'assemblées territoriales délibérantes et la création d'un conseil de gouvernement avaient été réclamées. Réélu député Henri Guissou est à nouveau vice-président du groupe des Indépendants d'outre-mer avant de s'apparenter au groupe UDSR-RDA le 11 juin 1957. Il retrouve la Commission des territoires d'outre-mer et est membre des Commissions des pensions, du suffrage universel, des lois constitutionnelles, du règlement et des pétitions, des boissons ainsi que celle de la famille et de la population. Le 9 mars 1956, Henri Guissou dépose un rapport au nom de la Commission des pensions sur le rapport fait au cours de la deuxième législature sur la proposition de loi de Joseph Conombo tendant à porter à deux ans le délai imparti aux anciens militaires et marins originaires des territoires d'outre-mer et rappelés à l'activité au cours de la guerre 1939-1945, pour déposer leur demande de révision des pensions. Le 12 mars 1956, il ne participe pas au vote du projet de loi qui accorde au gouvernement les pouvoirs spéciaux en Algérie. Le 19 juin 1956, il approuve la loi-cadre Gaston Defferre sur les territoires d'outre-mer. Le 1er juin 1958, il ne participe pas au vote qui accorde l'investiture au général de Gaulle On peut sans doute inférer de son vote positif le lendemain sur la loi constitutionnelle qu'il n'y était pas opposé.

En vertu de l'article 91, alinéa 8 de la Constitution du 4 octobre, son mandat est prolongé jusqu'au 14 juillet 1959, le temps que les dispositions nécessaires à l'application des articles concernant la Communauté entrent en vigueur. Puis, il devient sénateur de la Communauté jusqu'à ce que l'indépendance de la Haute-Volta soit proclamée le 5 août 1960. Il entame alors une carrière diplomatique. Membre de la première délégation à l'ONU de février à mai 1961, ambassadeur à Paris (1961-1964) puis à Bonn (1964-1966), Henri Guissou représente son pays à Paris jusqu'en 1976, date de sa mise en retraite.

Il meurt dans son village d'origine, le 22 mai 1979, âgé de 68 ans.

Extrait de la table nominative

Résumé de l'ensemble des travaux parlementaire
de Henri GUISSOU

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