Appartenance politique :
Groupe des Républicains Sociaux
État civil :
Né le 10 mars 1906
Décédé le 16 mars 1986
Profession :
Agriculteur
Département :
Haut-Rhin

Elu le 8 juin 1958
Fin de mandat le 26 avril 1959 (Elu(e) sénateur de la cinquième République)

1940-1958  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)
Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

1940-1958

RITZENTHALER (Eugène)

Né le 10 mars 1906 à Holtzwihr (Haut-Rhin)

Décédé le 16 mars 1986 à Holtzwihr (Haut-Rhin)

Député du Haut-Rhin de 1951 à 1956

Sénateur du Haut-Rhin en 1958

Eugène Ritzenthaler est né le 10 mars 1906 dans le Haut-Rhin, à Holtzwihr, où il s'établit comme propriétaire-exploitant.

Lorsque la seconde guerre mondiale éclate, il est affecté au 42e régiment d'infanterie. Fait prisonnier en 1940, il sera libéré au titre d'Alsacien-Lorrain et n'aura pas d'activité notable dans la Résistance.

Son intérêt pour la vie politique se manifeste dès 1945, date à laquelle il est appelé à siéger au conseil municipal de sa commune. Il en devient le premier magistrat en 1947. Eugène Ritzenthaler se présente ensuite avec succès aux élections cantonales de 1949. Il occupera sans dicontinuité son siège de maire d'Holtzwihr jusqu'en 1979 et de conseiller général du Haut-Rhin jusqu'en 1973.

Mais ses compétences et son dévouement, unaniment appréciés dans les milieux agricoles, lui valent également d'être nommé en 1947 président du conseil d'administration de l'union agricole de l'Est, fonction à laquelle viennent rapidement s'ajouter beaucoup d'autres comme celles de président de la chambre d'agriculture du Haut-Rhin, de la fédération haut-rhinoise de la coopérative agricole, de la fédération des sociétés d'arboriculture et de la choucrouterie coopérative d'Holtzwhir.

Son enracinement local solidement établi, Eugène Ritzenthaler se met alors à briguer le 17 juin 1951 un mandat à l'Assemblée nationale. Il figure en troisième position de la liste du RPF, emmenée par Georges Bourgeois, qui arrive en tête avec trois sièges sur les six à pourvoir et un score de 37,9%. Eugène Ritzenthaler devient député en recueillant 87 121 voix des 230 716 suffrages exprimés, grâce au report en grand nombre des électeurs alsaciens de la liste du MRP sur celle du RPF, ayant ainsi répondu à l'appel de la liste gaulliste contenu dans sa profession de foi : « Fidèle Alsace, qui a si magnifiquement prouvé ton courage et ta fidélité à de Gaulle pendant la guerre, reste ce que tu étais ; fidèle, vote maintenant comme tu aurais voté pendant l'Occupation, vote pour des candidats qui ont mis leurs jeunes forces, aux côtés de de Gaulle, au service du pays ». Durant cette législature, il siège à la commission de l'agriculture et, pour seule activité parlementaire, dépose, le 30 août 1951, une proposition de résolution pour venir en aide aux populations victimes des orages de grêle qui viennent de s'abattre sur la région de Colmar et d'Ensisheim. Par ailleurs, Eugène Ritzenthaler vote pour l'investiture des gouvernements Antoine Pinay le 6 mars 1952 et Pierre Mendès-France le 17 juin 1954 et se prononce également en faveur de la CED le 30 août 1954.

Aux élections du 2 janvier 1956, il figure toujours en troisième position sur la liste, conduite par Georges Bourgeois, d'union pour le progrès économique et social presentée par le centre national des indépendants et des paysans, l'action républicaine et sociale et le centre national des républicains sociaux, qui va être victime de l'apparentement qu'elle a conclu avec le MRP. Elle arrive en seconde position mais n'obtient qu'un seul des six sièges à pourvoir et un score de 13,6% face à la percée réalisée par les démocrates chrétiens qui prennent leur revanche sur 1951 avec 5 députés et 40,7 % des suffrages exprimés. Eugène Ritzenthaler n'est donc pas réélu.

Il est en revanche élu au Conseil de la République le 8 juin 1958. Il est alors en troisième position sur la liste, emmenée par Paul-Jacques Kalb, d'union pour le progrès économique et social présentée par les républicains sociaux. Cette liste obtient les trois sièges à pourvoir, Eugène Ritzenthaler réunissant lui-même 666 voix des 1204 suffrages exprimés. A son arrivée à la Haute Assemblée, il s'inscrit au groupe des républicains sociaux et est nommé à la commission des affaires culturelles le 21 janvier 1959.

Ve République

RITZENTHALER (Joseph, Eugène)

Né le 10 mars 1906 à Holtzwihr (Haut-Rhin)

Décédé le 16 mars 1986 à Holtzwihr (Haut-Rhin)

Député du Haut-Rhin de 1951 à 1955

Sénateur du Haut-Rhin de 1958 à 1968

Maire d'Holtzwihr depuis 1947 et sénateur du Haut-Rhin depuis le 8 juin 1958, Eugène Ritzenthaler sollicite le renouvellement de son mandat parlementaire moins d'un an plus tard, le 26 avril 1959. Les élections sénatoriales sont en effet la dernière étape de mise en place des institutions de la Ve République. Dans le Haut- Rhin, Paul-Jacques Kalb emmène la liste d'« Union pour la Nouvelle République et d'Action paysanne », où figurent les deux autres sortants, Modeste Zussy et Eugène Ritzenthaler. Ce dernier rassemble 582 suffrages de grands électeurs sur 1 300 au premier tour. Les gaullistes sont en effet concurrencés par la liste du Mouvement républicain populaire (MRP) de Fernand Ortlieb, qui obtient 448 voix sur son nom. La candidature isolée de Jacques Fonlupt-Esperaber (212 voix) les privent également de certains soutiens. Lors du scrutin décisif, Paul- Jacques Kalb, Modeste Zussy et Eugène Ritzenthaler sont néanmoins confirmés dans leurs fonctions. Le maire d'Holtzwihr est le mieux élu des trois sénateurs, avec 668 suffrages sur 1 300.

Eugène Ritzenthaler siège au groupe de l'Union pour la nouvelle République (UNR) du Sénat. Il quitte la commission des affaires culturelles après sa réélection pour celle des affaires économiques et du plan. Président de la chambre d'agriculture du Haut-Rhin, c'est tout naturellement aux problèmes du monde rural qu'il consacre la totalité de ses interventions. Le 30 juin 1959, il attire ainsi l'attention du ministre de l'Agriculture sur les difficultés rencontrées par les organismes stockeurs de céréales à la suite de la fixation trop tardive des prix du blé et d'autres céréales. Dans cette question orale, Eugène Ritzenthaler préconise de déterminer le prix des céréales avant les campagnes de collectes organisées par ces organismes stockeurs. Il prend la parole à sept reprises dans l'hémicycle du Sénat au cours des années 1960. La discussion d'un texte relatif aux assurances sociales des exploitants agricoles (18 octobre 1960) ou d'un projet de loi sur l'élevage (8 décembre 1966) lui offrent l'occasion d'exprimer un soutien lucide à la politique de modernisation initiée par le pouvoir gaulliste. Celle-ci est vivement contestée par un sénateur comme René Blondelle, élu de l'Aisne, qui recommande de préférer une politique des prix à une politique de réforme des structures agricoles. Réélu conseiller général dans le canton d'Andolsheim dès le premier tour, le 4 juin 1961, Eugène Ritzenthaler se considère d'abord comme le représentant d'un territoire - l'Alsace centrale et la plaine du Rhin - au Palais du Luxembourg. Il se fait ainsi l'écho des difficultés que rencontrent les agriculteurs d'Alsace lors de l'examen du projet de loi de finances pour 1965 (séance du 20 novembre 1964).

Le sénateur du Haut-Rhin appartient à la majorité des gouvernements Debré, Pompidou et Couve de Murville de 1959 à 1968 ; mais la Haute Assemblée est dominée par l'opposition - démocrates chrétiens, radicaux, socialistes et communistes - jusqu'à la fin des années 1960. Eugène Rizenthaler accorde les pouvoirs spéciaux au gouvernement de Michel Debré pour ramener l'ordre en Algérie au lendemain de la semaine des barricades (3 février 1960) et soutient la réforme des régimes matrimoniaux (11 mai 1965). Il fait en revanche partie des rares sénateurs gaullistes à voter contre la loi Neuwirth, qui légalise la contraception médicamenteuse. Ils ne sont en effet que six dans ce cas le 5 décembre 1967, parmi lesquels Geoffroy de Montalembert, Marcel Prélot et le Haut-Rhinois Modeste Zussy.

A la suite de la mort de Paul-Jacques Kalb à l'été 1964, une élection sénatoriale partielle est organisée dans le Haut-Rhin, car son suppléant est également décédé. C'est le centriste Charles Stoessel qui succède à Jacques d'Alsace » en septembre 1965 : ce scrutin marque une poussée des centristes au détriment des gaullistes dans le collège des grands électeurs du Haut-Rhin. Trois ans plus tard, cette évolution se confirme lorsque les gaullistes Modeste Zussy, Eugène Ritzenthaler et Raymond Muller sont distancés au premier tour des élections sénatoriales par les candidats de la liste « centriste d'action économique et régionale » que conduit le maire d'Illfurth Marcel Nuninger. Au second tour, les centristes emportent les trois sièges disponibles. Eugène Ritzenthaler n'obtient en effet que 517 voix sur 1 361, comme Modeste Zussy.

Eugène Ritzenthaler n'abandonne pas pour autant la vie publique. Il reste en effet conseiller général jusqu'en 1973 et préside aux destinées de sa commune natale jusqu'à la fin des années 1970. Holtzwihr compte alors un peu plus de 600 habitants. Le 29 novembre 1971, l'ancien parlementaire est fait chevalier de la Légion d'honneur. Cette décoration lui est remise à Colmar par le secrétaire d'Etat à l'Intérieur André Bord. Ce dernier salue alors en Eugène Ritzenthaler un « modèle de l'homme de la terre » et loue ses qualités humaines ainsi que son dévouement au bien public. Quinze ans plus tard, l'ancien élu gaulliste est victime d'une crise cardiaque, peu après son quatre-vingtième anniversaire. Les titres de la presse quotidienne régionale rappellent alors qu'Eugène Ritzenthaler avait occupé de multiples responsabilités au service du monde agricole, comme la présidence de la fédération haut-rhinoise des arboriculteurs.

Outre la Légion d'honneur, il avait été décoré du Mérite agricole et était Commandeur de cet ordre.

Extrait de la table nominative

Résumé de l'ensemble des travaux parlementaire
de Eugène RITZENTHALER

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