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Projet de loi de finances pour 2010 : Outre-mer

 

3. La progression des projets d'usine de traitement du nickel

· Une évolution marquée par la crise économique mondiale

Les industries extractives en Nouvelle Calédonie produisent du nickel et du cobalt. En 2008, le territoire a fourni 51 030 tonnes de nickel métal soit 3,7 % de la production mondiale (4,2 % en 2007), pour au moins près de 10 % des réserves mondiales estimées.

La production de minerai a été de 102 500 tonnes de nickel en 2008, en baisse de 18,2 % par rapport à l'année précédente (125 000 tonnes de nickel en 2007). Cette baisse est due aux intempéries du début de l'année. Les exportations ont, en conséquence, diminué de 26,7 % en volume.

Le cours du nickel, en forte hausse en début 2007, s'est retourné à la moitié de l'année pour retrouver les niveaux de fin 2005. L'année 2008 a été marquée par une chute du cours du nickel au London Metal Exchange. Le prix moyen sur l'année a subi une dépréciation de 43,3% par rapport à 2007. Cette baisse des cours s'explique par la forte baisse de la demande de nickel dans le contexte de la crise économique mondiale. Le cours au 1er trimestre 2009 était, en baisse de 3,4 % par rapport au trimestre précédent et de 36 % sur un an.

L'activité minière et métallurgique emploie directement, en 2008, 4 366 personnes (soit près de 5,3 % des emplois salariés) et pèse plus de 11 % du PIB néo-calédonien, le niveau envisagé pour 2009 serait de 5 % du PIB.

· Les projets d'usine de traitement

Les deux projets devraient rééquilibrer l'économie de la Nouvelle Calédonie en constituant des pôles forts d'activité au Nord et au Sud.

- Le Projet de Vale Inco Nouvelle Calédonie (ex Goro Nickel) dans la province Sud

Le projet de l'usine de Goro Nickel dans le sud de l'île est conduit par la société Goro Nickel, désormais filiale du minier brésilien Vale (après avoir absorbé Inco). Les trois Provinces y sont associées à travers la Société de Participations Minières du Sud Calédonien (SPMSC), dont la Province Sud possède 50 %. Le coût total du projet a été réévalué à 3,5 milliards de dollars en 2007 et sa poursuite approuvée par Vale. Un nouveau pacte d'actionnaire a été conclu en 2008 pour permettre à la SPMSC de consolider sa participation au capital.

Fin 2007, 5 000 personnes étaient employées sur le site de Goro. Entre janvier et juillet 2008, l'effectif du chantier a atteint 6 000 personnes. Fin 2008, le site accueillait encore 4 500 personnes. Le chantier est désormais en voie d'achèvement. Les effectifs décroissent progressivement pour laisser place, en 2009, aux 900 employés permanents de Vale Inco Nouvelle Calédonie.

L'Etat a, accordé en 2004, le bénéfice de la défiscalisation au projet de l'usine de traitement du nickel ainsi qu'à la construction de la centrale électrique de Prony Energies nécessaire au fonctionnement du projet industriel. La phase de réalisation, suspendue de fin 2002 à fin 2004, a repris en 2005. L'ensemble du montage de l'usine s'est achevé fin 2008. Les premiers tests ont démarrés au premier semestre 2009. La production de l'usine annoncée pour 2009 serait de 6 000 tonnes de nickel.

L'usine produira 60 000 tonnes de nickel et 5 000 tonnes de cobalt par an à l'horizon 2012. La centrale de Prony Energies doit alimenter le complexe industriel en électricité. La première tranche de 50 MW viendra compléter les moyens de production électrique de la Nouvelle Calédonie pour faire face à la croissance de la demande. La seconde de 50 MW également est destinée aux besoins de l'usine de Goro Nickel.

Le bilan d'avancement des travaux se traduit à la fin mars 2009 par :

- une construction réalisée à 98 %, avec 300 000 m3 de stockage près de l'unité de minerai ;

- la mise en service le 10 janvier de la première chaudière au fioul qui doit servir à faire fondre le soufre alimentant l'usine acide et à produire l'électricité ;

- la mise en service de 8 km de pipelines de circulation d'eau (20 janvier 2009).

Le 1er avril 2009, sur le site de l'usine de Vale Inco, une fuite de 2 500 litres d'acide sulfurique concentré à 98 % a été constatée, à cause d'un joint de dilatation défaillant. La fuite s'est déversée dans la rivière voisine, le bassin de rétention n'étant pas fonctionnel. Aucun blessé n'a été déploré, mais un manque d'organisation de la communication de cet incident aux autorités a été constaté. Près de 2 000 poissons ont été retrouvés morts dans le « creek » de la baie Nord, mais le taux d'acidité de l'eau serait revenu à la normale en 12 heures.

Après cet incident, la Province Sud a pris un arrêté exigeant la mise en oeuvre de préconisations formulées par un rapport d'audit à savoir notamment : changer les joints d'étanchéité, réviser l'usine de fabrication d'acide, s'assurer que tous les jets d'acide peuvent être contenus dans un bassin de rétention, mettre en oeuvre des procédures opérationnelles pour la sécurité, former des inspecteurs qualité, entreprendre une évaluation appropriée des risques, inclure des exigences en matière de communication de crise avec procédure de gestion des urgences et mise en place d'une cellule de crise.

Par ailleurs, les étapes du calendrier de mise en fonctionnement ont été repoussées de 6 à 8 semaines. Ainsi, le démarrage de l'usine est toujours prévu fin 2009, avec 2 mois de retard, et les premières livraisons commerciales auront lieu en 2010 (au lieu de fin 2009).

- Le projet du Nord (Koniambo)

Prévu par le protocole de Bercy signé en 1998, le projet de valorisation du gisement de Koniambo, est situé dans la province Nord. La Société Minière du Sud Pacifique (SMSP, détenue à 87 % par la province Nord) et Falconbridge avaient fait part en 2005 de leur engagement irrévocable de s'engager dans la construction de l'usine du Nord. Falconbridge ayant été racheté en août 2006 par Xstrata, opérateur minier suisse, c'est le nouvel opérateur qui après une revue générale du projet a décidé de sa réalisation.

La construction de l'usine représente un budget de 4,35 milliards de dollars. Une aide fiscale de 780 millions de dollars a été accordée (sur trois exercices fiscaux) pour la construction de la centrale électrique d'une puissance maximale de 350 MW.

Le projet devrait être opérationnel en 2013. Il comportera une usine pyrométallurgique d'une capacité de 60 000 tonnes par an de métal contenu dans les ferronickels, un port en eau profonde, une centrale électrique et des installations de désalinisation d'eau de mer. Le complexe devrait employer un millier de personnes (mine, usine, centrale électrique) et générer 2500 emplois indirects.

En 2009, l'avancement du projet sur le terrain a notamment permis la réalisation de la plateforme de stockage de minerai, de l'usine de fabrication de béton, du chenal d'accès et du quai, la construction des turbines, l'acheminement par bateau des modules industriels et l'édification de la centrale électrique (fin 2009).

Le démarrage de l'usine, prévu au deuxième trimestre 2011, devrait être repoussé au deuxième trimestre 2012.