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B. LA GUADELOUPE : UNE REPRISE ÉCONOMIQUE LIMITÉE À CERTAINS SECTEURS

Après une année 1996 difficile, le retournement conjoncturel constaté en 1997 résulte pour l'essentiel de l'accroissement de la consommation des ménages.

Elle est due tant à une maîtrise de la hausse des prix, à + 1,5 %, qu'aux revalorisations salariales intervenues depuis 1996. De plus, les crédits à la consommation ont augmenté de 25 % en 1997.

Mais cette reprise n'a pas profité de façon homogène à l'ensemble des secteurs d'activité économique de la Guadeloupe.

1. Des résultats variables selon les secteurs économiques

De façon générale plusieurs secteurs d'activité ont eu à souffrir des conséquences de conflits sociaux récurrents.

La production agricole finale a progressé de 13,1 % en 1996 avec des contrastes prononcés : + 56 % pour les légumes, + 69 % pour les fruits autres que la banane, + 40 % pour la canne, mais - 5 % pour la production animale et - 27 % pour la banane.

Pour cette dernière production, le bilan est préoccupant après l'interruption de la production de septembre 1995 à avril 1996 suivie par une chute des cours bien en deçà des prix de revient. L'année 1997 a toutefois marqué une certaine amélioration les expéditions de bananes ont retrouvé en 1997 leur niveau de 1993. Les cours moyens, enregistrés en 1997 se sont redressés. Mais la remise en cause de certaines dispositions de l'OCM banane par l'organisation mondiale du commerce ne contribue pas à restaurer la confiance chez les planteurs.

Quant à la canne, la campagne 1996 avait affiché un résultat satisfaisant avec 532.000 tonnes de cannes broyées (446.000 tonnes à Gardel et 87.000 à Marie-Galante) avec une richesse en sucre très satisfaisante (9,19), soit 48.900 tonnes de sucre. La campagne 1997 a été légèrement plus satisfaisante encore avec 583.000 tonnes de cannes, une richesse de 9,76 et une production de 57.400 tonnes de sucre.

Parmi les autres productions végétales, il convient de citer le melon, d'introduction récente, qui est devenu la troisième source de revenus agricoles du département et alimente un courant d'exportation en contre saison. Les autres productions légumières et fruitières sont surtout destinées à l'autoconsommation.

Dans le secteur de la pêche, le conflit sur les zones de pêche entre la France et l'Ile d'Antigue ne sont toujours pas résolus, mais les pêcheurs guadeloupéens ont obtenu, fin 1997, que les aides publiques à l'activité halieutique fassent l'objet d'un plan spécifique pour les DOM.

Le tourisme constitue un élément essentiel à l'équilibre de l'économie locale, notamment en matière d'emploi (20.000 emplois concernés dont 5.000 emplois directs dans l'hôtellerie et la restauration).

L'année 1997 a enregistré des résultats plutôt favorables, avec une augmentation de 5,6 % du nombre de touristes (660.000 en 1997 contre 625.000 en 1996). Mais l'activité hôtelière a souffert de la diminution de la durée des séjours ; la croisière et la plaisance ont terminé l'année 1997 en retrait par rapport à 1996 -année exceptionnelle-. Le nombre de croisiéristes (sorties de passagers et passagers en transit) s'élève à 623.412 en 1997. S'agissant de la plaisance, l'activité s'est contractée depuis 1995, et la flotte mise en location est passée de 239 bateaux à 160 bateaux environ. De plus, le secteur de l'hôtellerie doit faire face à d'importants travaux de rénovation sur des hôtels construits il y a plus de cinq ans, grâce la défiscalisation. Mais le coût des travaux est désormais plus difficile à financer.

Le secteur des travaux publics a souffert de la faiblesse des commandes des collectivités locales en 1997. De plus, les programmations de travaux ont subi des retards importants, ce qui a posé aux entreprises du secteur des problèmes de trésorerie et de surcapacité dans leurs effectifs.

Confrontée à une concurrence importante des produits importés, l'industrie a néanmoins réussi à conforter son activité, notamment dans le secteur agro-alimentaire et l'imprimerie.

2. Une nouvelle aggravation du chômage

Le marché du travail a enregistré une nouvelle dégradation en 1997. Avec 49.765 chômeurs au 31 décembre 1997, soit un accroissement de 5,8 %, l'indicateur du chômage s'établit à 27,8 %. De plus, la durée moyenne de chômage ne cesse d'augmenter, et plus de 49,5 % des chômeurs sont inscrits depuis plus d'un an.

Le chômage concerne principalement les jeunes sans expérience et les adultes à faible qualification ; mais pour la première fois la proportion de jeunes parmi les demandeurs d'emplois est inférieure en Guadeloupe à celle constatée en métropole : 19,9 % contre 20,5 %. Ceci résulte des politiques d'insertion professionnelle, de l'allongement de la durée des études et du niveau de formation plus élevé des demandeurs.

3. Une certaine stabilisation du déficit commercial

En 1997, le solde commercial s'est stabilisé pour s'établir à - 9.417,1 millions de francs contre - 9.453,5 millions de francs un an plus tôt. Le taux de couverture s'établit à 8,0 % en amélioration par rapport à 1996, mais encore inférieur à ceux de 1995 et 1994 (8,4 % et 9,8 %).

BALANCE COMMERCIALE

(millions de francs)

 

1993

1994

1995

1996

1997

Importations

8 181

8 635

9 601

10 010

10 236

Exportations

747

847

804

557

819

Solde commercial

- 7 433

- 7 788

- 8 797

- 9 453

- 9 417

Taux de couverture (importations/exportations)

9,1 %

9,8 %

8,4 %

5,6 %

8,0 %

Source : Direction générale des douanes

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