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Proposition de loi relative à la compensation des allocations individuelles de solidarité versées par les départements

30 novembre 2010 : Allocations individuelles de solidarité versées par les départements ( rapport - première lecture )

C. LA PRESTATION DE COMPENSATION DU HANDICAP (PCH)

1. Le fonctionnement de la prestation de compensation du handicap

La prestation de compensation du handicap (PCH) est inscrite dans la loi du 11 février 200512(*) pour l'égalité des droits et des chances. Elle est mise en place depuis le 1er janvier 2006.

Le financement de la PCH revient au conseil général mais c'est la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) qui instruit et évalue la demande et la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) qui statue sur son attribution éventuelle.

L'attribution de la PCH dépend de trois critères de recevabilité :

- un critère de handicap ;

- un critère de résidence : résider de manière habituelle et régulière en France ;

- un critère d'âge : avoir plus de 20 ans (sauf pour l'aménagement du logement ou du véhicule), avoir moins de 60 ans ou moins de 65 ans pour les personnes dont le handicap répondait aux critères avant 60 ans ou celles qui continuent une activité professionnelle.

La PCH peut contribuer au financement de plusieurs charges, dans la limite de montants et de durées fixés par la loi : les aides humaines, les aides techniques, spécifiques ou exceptionnelles, l'aménagement du logement et l'aménagement du véhicule, les aides animalières, etc.

De la même manière que l'APA avec la PSD, la PCH s'est substituée à l'allocation compensatrice pour tierce personne (ACTP) à compter du 1er janvier 2006. Toutefois, les personnes admises au bénéfice de l'ACTP avant cette date peuvent continuer à la percevoir. L'ACTP est une prestation d'aide sociale versée par le conseil général, destinée aux personnes handicapées dont le taux d'incapacité, reconnu par la CDAPH, est au moins de 80 % et qui ont besoin de l'aide d'une autre personne pour les actes essentiels de la vie quotidienne.

2. Le financement de la prestation de compensation du handicap

A l'instar de l'APA, la création de la PCH n'a pas constitué un transfert de compétences auparavant exercées par l'Etat. Par conséquent, aucune obligation constitutionnelle de financement ne s'applique à cette prestation, outre celle de ne pas remettre en cause la libre administration des collectivités territoriales. La PCH est donc financée par les conseils généraux.

Toutefois, comme pour l'APA, une contribution de la CNSA participe au financement de la PCH.

La section III du budget de la CNSA est consacrée aux dépenses liées à la PCH et aux MDPH. Les prévisions pour l'année 2011 de dépenses et de recettes de cette section figurent dans le tableau ci-dessous.

Les comptes prévisionnels de la CNSA pour 2011

Section III : Prestation de compensation du handicap et
maisons départementales des personnes handicapées

(en millions d'euros)

Nature des dépenses

Montant

Nature des recettes

Montant

Concours versés aux départements au titre de la PCH

522,2

Contribution solidarité autonomie

602,8

Concours versés aux départements au titre des MDPH

60,0

Produits financiers

5,0

Allocation éducation de l'enfant handicapé

5,4

   

Congé de soutien familial

0,5

   

Opérations diverses

19,8

   

Total

607,8

Total

607,8

Source : CNSA

La part ainsi financée est donc, comme pour l'APA et à la différence du RMI ou du RSA, décorrélée du coût réel de l'allocation. Ainsi, pendant ses deux premières années d'existence, le taux de couverture de la PCH par la CNSA a été supérieur à 100 %, c'est-à-dire que les départements ont perçu des recettes qu'ils n'ont pas eu à utiliser pour financer la PCH, comme l'indique le graphique ci-dessous.

Evolution des dépenses et des concours au titre de la PCH de 2006 à 2011

(en euros)

Source : rapport n° 90 (2009-2010), Tome III : médico-social, projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2010, Sylvie Desmarescaux, au nom de la commission des affaires sociales.

Coût et compensation de la prestation de compensation du handicap en 2009

(en euros)

 

Contribution de la CNSA

Dépenses de PCH

Taux de couverture

01 AIN

4 182 690

6 124 242

68,30 %

02 AISNE

5 381 717

7 493 019

71,82 %

03 ALLIER

3 226 123

4 836 174

66,71 %

04 ALPES-DE-HAUTE-PROVENCE

1 237 560

1 234 517

100,25 %

05 HAUTES-ALPES

1 067 792

1 556 674

68,59 %

06 ALPES-MARITIMES

8 078 001

18 041 077

44,78 %

07 ARDÈCHE

2 664 530

4 697 839

56,72 %

08 ARDENNES

2 607 409

2 052 690

127,02 %

09 ARIÈGE

1 348 963

2 421 998

55,70 %

10 AUBE

2 451 413

3 229 839

75,90 %

11 AUDE

3 465 723

7 577 053

45,74 %

12 AVEYRON

2 352 380

5 245 908

44,84 %

13 BOUCHES-DU-RHÔNE

15 158 929

19 706 592

76,92 %

14 CALVADOS

5 315 034

8 180 854

64,97 %

15 CANTAL

1 314 920

1 151 984

114,14 %

16 CHARENTE

3 377 159

7 601 694

44,43 %

17 CHARENTE MARITIME

4 815 460

7 336 732

65,63 %

18 CHER

2 820 292

4 365 718

64,60 %

19 CORRÈZE

1 996 188

3 801 222

52,51 %

20a CORSE-DU-SUD

1 869 183

3 221 455

58,02 %

20b HAUTE-CORSE

1 761 547

4 926 637

35,76 %

21 CÔTE-D'OR

4 270 581

8 558 536

49,90 %

22 CÔTES-D'ARMOR

5 371 355

9 417 353

57,04 %

23 CREUSE

1 170 163

1 670 048

70,07 %

24 DORDOGNE

3 319 534

5 692 359

58,32 %

25 DOUBS

4 115 640

8 367 372

49,19 %

26 DRÔME

3 642 010

10 484 502

34,74 %

27 EURE

4 683 338

5 908 924

79,26 %

28 EURE-ET-LOIR

3 204 935

3 610 881

88,76 %

29 FINISTÈRE

7 855 918

12 694 694

61,88 %

30 GARD

5 551 428

8 036 350

69,08 %

31 HAUTE-GARONNE

9 170 390

20 947 624

43,78 %

32 GERS

1 607 518

2 900 948

55,41 %

33 GIRONDE

11 189 993

31 819 330

35,17 %

34 HÉRAULT

8 522 670

24 991 365

34,10 %

35 ILLE-ET-VILAINE

7 560 191

11 848 411

63,81 %

36 INDRE

2 069 125

2 977 468

69,49 %

37 INDRE ET LOIRE

4 489 274

8 700 332

51,60 %

38 ISÈRE

9 424 955

18 329 241

51,42 %

39 JURA

2 024 476

2 562 770

79,00 %

40 LANDES

2 467 117

5 016 872

49,18 %

41 LOIR-ET-CHER

2 475 613

4 270 936

57,96 %

42 LOIRE

7 414 786

8 826 226

84,01 %

43 HAUTE-LOIRE

2 050 710

3 770 033

54,40 %

44 LOIRE-ATLANTIQUE

9 380 464

12 890 892

72,77 %

45 LOIRET

4 905 640

4 514 993

108,65 %

46 LOT

1 546 493

3 875 079

39,91 %

47 LOT-ET-GARONNE

2 892 087

6 041 811

47,87 %

48 LOZÈRE

838 441

1 169 500

71,69 %

49 MAINE-ET-LOIRE

5 829 888

9 093 500

64,11 %

50 MANCHE

4 185 931

6 299 584

66,45 %

51 MARNE

4 937 246

6 519 542

75,73 %

52 HAUTE-MARNE

1 857 501

2 479 855

74,90 %

53 MAYENNE

2 365 214

3 130 019

75,57 %

54 MEURTHE-ET-MOSELLE

5 977 596

15 055 666

39,70 %

55 MEUSE

1 486 579

2 288 726

64,95 %

56 MORBIHAN

5 607 173

7 889 734

71,07 %

57 MOSELLE

8 308 855

8 955 547

92,78 %

58 NIÈVRE

2 271 819

3 062 843

74,17 %

59 NORD

23 103 309

37 629 351

61,40 %

60 OISE

7 425 204

11 823 971

62,80 %

61 ORNE

2 544 539

5 109 476

49,80 %

62 PAS-DE-CALAIS

12 471 269

10 856 661

114,87 %

63 PUY-DE-DÔME

4 858 850

6 060 696

80,17 %

64 PYRÉNÉES-ATLANTIQUES

5 284 493

6 862 800

77,00 %

65 HAUTES-PYRÉNÉES

2 173 336

4 087 198

53,17 %

66 PYRÉNÉES-ORIENTALES

3 875 035

7 997 886

48,45 %

67 BAS-RHIN

8 959 730

11 739 738

76,32 %

68 HAUT-RHIN

5 768 460

9 062 898

63,65 %

69 RHÔNE

13 064 574

25 282 612

51,67 %

70 HAUTE-SAÔNE

2 032 284

2 086 272

97,41 %

71 SAÔNE-ET-LOIRE

4 702 054

7 197 174

65,33 %

72 SARTHE

4 391 393

5 347 462

82,12 %

73 SAVOIE

3 111 723

6 637 630

46,88 %

74 HAUTE-SAVOIE

4 656 646

13 820 534

33,69 %

75 PARIS

13 447 367

23 942 603

56,17 %

76 SEINE-MARITIME

11 092 153

21 203 948

52,31 %

77 SEINE-ET-MARNE

9 312 109

13 101 467

71,08 %

78 YVELINES

8 668 498

16 214 096

53,46 %

79 DEUX-SÈVRES

2 924 009

5 775 970

50,62 %

80 SOMME

5 267 694

9 566 318

55,07 %

81 TARN

3 316 445

4 250 722

78,02 %

82 TARN-ET-GARONNE

2 181 501

3 449 890

63,23 %

83 VAR

7 204 131

8 932 492

80,65 %

84 VAUCLUSE

4 010 165

4 242 260

94,53 %

85 VENDÉE

4 736 178

7 490 459

63,23 %

86 VIENNE

3 466 472

5 816 644

59,60 %

87 HAUTE-VIENNE

3 404 173

6 221 789

54,71 %

88 VOSGES

3 099 811

3 547 278

87,39 %

89 YONNE

3 446 493

3 952 110

87,21 %

90 TERRITOIRE DE BELFORT

1 177 370

1 483 134

79,38 %

91 ESSONNE

8 039 325

12 236 652

65,70 %

92 HAUTS-DE-SEINE

8 617 508

12 978 199

66,40 %

93 SEINE-SAINT-DENIS

11 533 326

16 264 466

70,91 %

94 VAL-DE-MARNE

9 719 673

14 022 318

69,32 %

95 VAL-D'OISE

8 379 376

14 093 033

59,46 %

971 GUADELOUPE

3 617 081

6 503 028

55,62 %

972 MARTINIQUE

3 711 506

11 521 408

32,21 %

973 GUYANE

1 236 678

671 756

184,10 %

974 RÉUNION

7 123 054

4 720 762

150,89 %

TOTAL

509 690 657

843 278 945

60,44 %

Source : CNSA

Ainsi, en 2009, la contribution de la CNSA au titre de la PCH s'est élevée à 509,7 millions d'euros, à comparer à un coût global pour les départements de 843,3 millions d'euros, soit un montant non compensé de 333,6 millions d'euros et un taux de couverture de 60,44 %.

3. L'évolution du coût de la prestation et du nombre de ses bénéficiaires

Le nombre de bénéficiaires de la PCH a connu une forte augmentation depuis sa création en 2006. En juin 2009, 71 700 personnes percevaient la PCH. En outre, l'augmentation du nombre de bénéficiaires de la PCH ne se traduit pas par une diminution d'une même ampleur des bénéficiaires de l'ACTP, comme l'indique le graphique ci-dessous.

Evolution du nombre de bénéficiaires de la PCH et de l'ACTP

ACTP

PCH

ACTP + PCH

Source : Etudes et résultats n° 710, novembre 2009, « L'allocation personnalisée d'autonomie et la prestation de compensation du handicap au 30 juin 2009 », direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques.

Votre rapporteur relève toutefois que la forte hausse récente du nombre de bénéficiaires de la PCH et de son coût pour les départements résulte davantage de la montée en puissance d'un dispositif relativement récent que d'une tendance lourde de long terme. Il n'y a en effet aucune raison que l'augmentation du coût de la PCH se poursuive à un rythme élevé à moyen et à long terme puisque ce coût correspond principalement à l'évolution de la part de la population handicapée nécessitant un soutien au sein de la population française.


* 12 Loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées.