II. UN BUDGET QUI NE CONJURE PAS LE RISQUE D'UNE DÉMOBILISATION

Il est utile de présenter les principales caractéristiques du budget de la ville pour 1998 tel qu'il ressort du jaune budgétaire avant de revenir sur les options de la politique de la ville choisies par Mme Martine Aubry.

A. LES CARACTÉRISTIQUES DE L'EFFORT EN FAVEUR DU DÉVELOPPEMENT SOCIAL URBAIN EN 1998

Le financement de la politique de la ville est complexe à présenter car il est assuré par la mobilisation de crédits d'origines différentes qui peuvent être, selon les cas, contractualisés dans le cadre du XIème plan (1994-1999).

L'ensemble de l'effort financier au service du développement social urbain représente au total, à périmètre inchangé, 15,068 milliards de francs en 1998 contre 14,078 milliards de francs en 1997, soit une hausse apparente d'un milliard de francs par rapport à l'année dernière.

1. Les crédits dépendant directement du budget de l'Etat

Les crédits du budget de l'Etat qui participent à la politique de la ville peuvent se décrire en quatre cercles concentriques suivant le lien plus ou moins étroit qui les relient à l'action de la délégation interministérielle à la ville (DIV) et aux contrats de ville.

a) Les crédits relevant de la délégation interministérielle à la ville

Tout d'abord, il faut examiner les crédits dont la gestion relèvent directement de la Délégation elle-même et qui, soit sont inscrits sur le bleu budgétaire du ministère des affaires sociales, soit transitent par le fonds d'intervention pour la ville (FIV).

Ces crédits s'élèvent à 1,38 milliard de francs en 1998 : ils comprennent à la fois les moyens inscrits en investissement et en fonctionnement au titre de l'agrégat " ville " dans le bleu budgétaire du ministère de l'emploi et de la solidarité, soit 574 millions de francs pour 1998, ainsi que des transferts de gestion provenant soit du fonds d'aménagement pour la région d'Ile-de-France soit d'autres ministères, au titre des opérations d'été en faveur des jeunes par exemple.

Si l'on analyse les dépenses d'investissement non pas en autorisations de programme mais en crédits de paiement, une baisse significative : les crédits d'investissement au titre des contrats de ville gérés par la DIV (chapitre 67-10) passent de 311,5 millions de francs en 1997 à 227 millions de francs en 1998, soit une diminution de plus de 27 %.

La baisse est encore plus spectaculaire s'agissant des crédits spécifiquement destinés aux contrats de ville puisque ces derniers passent en crédits de paiement de 150 millions de francs en 1997 à 63 millions de francs en 1998.

Cette baisse des crédits de paiement fait peser une hypothèque sur le bon déroulement de l'exécution des contrats de ville en 1998.

b) Les crédits afférents aux contrats de ville des différents ministères

Le deuxième cercle est circonscrit aux crédits des différents ministères afférents aux contrats de ville qui représente 2.477 millions de francs en 1998 .

Ils comprennent à la fois des crédits qui ont fait l'objet d'un engagement contractualisé dans les contrats de ville (1.410 millions de francs), tels que les crédits d'investissement du ministère du logement affectés à la réhabilitation des logements HLM, et des crédits ordinaires des ministères qui viennent financer les actions inscrites aux programmes d'action des contrats de ville sans faire l'objet d'engagements pluriannuels (1.067 millions de francs).

Ces crédits sont stables par rapport à l'année 1997.

c) Les crédits des ministères engagés hors contrats de ville

Le troisième cercle recouvre les crédits des différents ministères qui concourent indirectement à la politique de développement social urbain mais qui ne sont pas consommés dans le cadre des contrats de ville. Tel est le cas des crédits consacrés par le ministère du travail aux emplois de ville ou des primes versés aux enseignants des zones d'éducation urbaine prioritaire par le ministère de l'Education nationale.

Ces crédits passent de 4,93 milliards de francs en 1997 à 5,87 milliards de francs en 1998 essentiellement en raison de la prise en compte, selon une clé de répartition forfaitaire, de 10 % des crédits inscrits au bleu budgétaire " emploi " au titre du financement des emplois-jeunes (chapitre 44-01, article 10) qui s'élève au total à 8,05 milliards de francs.

d) Le manque à gagner du fait des diverses exonérations

Le quatrième cercle enfin concerne le manque à gagner en recettes de l'Etat au titre des dépenses fiscales et sociales et de leur compensation versée, soit aux collectivités locales, soit aux régimes de sécurité sociale.

Ce poste, qui avait connu une forte progression l'année dernière en raison de la mise en place du dispositif relatif aux zones franches urbaines et aux zones de redynamisation urbaine, fait apparaître une légère augmentation, de 2.448 à 2.477 millions de francs en raison des estimations sur l'entrée en régime de croisière du système de dérogation.

Ce poste n'est actuellement calculé que sur des estimations.

2. Les autres intervenants au titre du développement social urbain

a) L'action des collectivités locales

Comme les années précédentes, votre Commission regrette vivement que soient inclus dans la récapitulation des crédits d'Etat relatifs à la politique de la ville, les transferts opérés au profit des communes urbaines au sein des dotations aux collectivités locales.

Ce poste comprend 2,31 milliards de francs au titre du versement de la dotation de solidarité urbaine au sein de la dotation globale de fonctionnement des communes 5( * ) et 657 millions de francs au titre du Fonds de solidarité des communes de la région d'Ile-de-France.

A cet égard, votre rapporteur partage les observations qui ont été émises dans le dernier rapport général du Conseil National des villes qui rejoint les remarques qu'il avait lui-même présentées dans son dernier avis.

" La DSU est alimentée par une fraction de la dotation globale de fonctionnement que l'Etat, de toute façon, verse aux villes au titre des charges qui leur incombent depuis la décentralisation. La DSU consiste donc en une politique de redistribution en direction des villes les plus défavorisées, de sommes affectées aux collectivités locales. Elle correspond donc à un financement des villes entre elles (...). Enfin, cette rubrique comprend non seulement la DSU, mais également le Fonds de solidarité des communes d'Ile-de-France qui, lui, est constitué exclusivement à partir de cotisations des communes de la région pour être redistribuées aux plus pauvres d'entre elles. L'origine étatique de ces crédits est donc toute théorique ".

En revanche, il convient de se féliciter que, pour la première fois cette année, le jaune budgétaire présente l'ensemble des contributions financières pour 1996 des collectivités territoriales aux procédures contractuelles de la politique de la ville. Celle-ci s'élève au total à 2,5 milliards de francs dont 900 millions de francs pour les régions, 1,3 milliard de francs pour les communes et 285,2 millions de francs pour les départements.

b) Les autres intervenants

Les autres dépenses sont celles qui proviennent, soit des Fonds européens, soit de la Caisse des Dépôts et consignations :

- les dépenses des Fonds européens représentent environ 1.046 millions de francs prévus sur l'année 1998 contre 1.124 millions de francs en 1997.

- La Caisse des Dépôts intervient dans le cadre d'un protocole d'accord signé le 7 mai 1996 qui porte sur deux enveloppes de prêt à taux réduit : la première, d'un montant de 7,5 milliards de francs sur trois ans, concerne les prêts projets urbains (PPU) consentis à un taux de 5,5 % ; la seconde comprend des prêts spécifiques destinés à l'amélioration de logements sociaux dans les ZUS.

B. UNE POLITIQUE DE LA VILLE SUR LA VOIE DE LA DÉMOBILISATION

Globalement, on peut s'inquiéter de la politique de la ville suivie depuis juin 1997 en constatant qu'elle est porteuse d'un risque de démobilisation susceptible d'amoindrir l'impact du Pacte de relance.

1. Uns structure gouvernementale peu satisfaisante

·  En premier lieu, en choisissant de rattacher la politique de la ville au ministère de l'emploi et de la solidarité, sans prévoir un secrétariat d'Etat ou un ministre délégué, le Gouvernement a pris le risque de ne pas donner à la politique de la ville la priorité qui devrait être la sienne.

Quelles que soient la capacité de travail et la compétence communément reconnues à l'actuel ministre, celle-ci ne dispose assurément pas du temps matériel qui serait nécessaire pour, à la fois, déterminer les options de la politique de la ville, jouer un rôle d'impulsion et d'animation sur le terrain et, enfin, s'assurer que la politique de la ville se situe en harmonie avec les options préconisées par la Commission européenne.

Doit-on rappeler l'importance des attributions qui ont été confiées au Ministre de l'emploi et de la solidarité ?

Aux termes du décret d'attribution du 12 juin 1997, le Ministre de l'emploi et de la solidarité prépare et met en oeuvre la politique du Gouvernement en matière de travail, d'emploi et de formation professionnelle, d'action sociale et de lutte contre l'exclusion, de santé, de sécurité sociale et d'intégration. Elle est également chargée de la politique de la ville et de l'ensemble des questions relatives au retour et à l'installation des Français antérieurement établis hors de la métropole.

A ce titre, elle est compétente en matière de défense et de promotion de l'emploi, ainsi que de formation professionnelle des jeunes et des adultes. Elle prépare et met en oeuvre les règles relatives aux conditions de travail, à la négociation collective et aux droits des salariés. Elle est également compétente en matière de famille et d'enfance, de droits des femmes, de personnes âgées, de personnes handicapées, d'immigrés, de naturalisations ainsi que de la lutte contre la toxicomanie. Elle élabore et met en oeuvre, en liaison avec les autres ministres compétents, les règles relatives à la protection sociale ainsi que celles concernant la politique de protection de la santé, l'organisation de la prévention et des soins, ainsi que les professions médicales, paramédicales et sociales. Elle est, sous l'autorité du Premier ministre et en liaison avec les ministres intéressés, chargée des questions économiques et sociales liées à l'emploi et à la protection sociale et de la préparation des projets de loi de financement de la sécurité sociale.

Il est clair à lire cette énumération que cette structure oblige nécessairement à donner à la politique de la ville une importance moins grande en valeur relative que celle qu'elle pourrait avoir dans un dispositif moins resserré.

Or, la conduite de la politique de la ville impose évidemment de mobiliser et de coordonner les efforts de multiples intervenants, régions, communes mais aussi Caisse des Dépôts et Consignations, organismes d'HLM, le tout sous le regard vigilant de la Commission européenne.

Les arbitrages interministériels demandent, pour être efficaces, la présence d'une autorité politique et non pas seulement des représentants de la Délégation Interministérielle à la Ville. Enfin, la préparation des nouveaux contrats de plan devrait certainement être une tâche absorbante.

· La seconde critique que l'on peut faire à cette structure est qu'elle risque de mettre l'accent sur la dimension strictement sociale de la politique de la ville au détriment du rôle que cette politique peut jouer pour équilibrer une politique d'aménagement du territoire.

La mise en oeuvre du pacte de relance pour la ville, fondée sur le principe de la discrimination territoriale positive, a été en partie rendue possible parce que la Délégation interministérielle à la ville se trouvait rattachée au ministère de l'équipement et de l'aménagement du territoire et parce qu'une synergie a pu ainsi s'établir entre la dimension territoriale et économique de la politique de la ville, d'une part, et son aspect social, d'autre part.

Il est important, au demeurant, que la politique de la ville aille de pair avec une politique de revitalisation de l'espace rural conformément à l'inspiration qui a animé la loi d'orientation sur l'aménagement du territoire du 4 février 1995.

2. Les incertitudes initiales sur les orientations choisies

Le deuxième reproche que l'on peut faire à la politique de la ville suivie depuis juin 1997 tient à la relative incertitude qu'elle a fait naître pour les acteurs économiques locaux du fait du silence fait sur le passé, malgré l'acquis que représentait le pacte de relance pour la ville.

L'incertitude a d'abord pu se nourrir au départ de l'absence d'orientation bien définie .

Le plus frappant à cet égard est l'absence totale de toute mention concernant la politique de la ville dans la déclaration de politique générale du Premier ministre. Tout au plus peut-on noter la déclaration selon laquelle " on ne peut accepter une société dans laquelle il y aurait d'un côté des quartiers protégés et, de l'autre, des zones de non droit " qui semble viser spécifiquement l'action du ministère de l'intérieur.

Il est difficile d'interpréter ce silence : volonté délibérée de revenir sur l'idée d'une politique spécifique ou manière d'approuver implicitement les acquis et notamment le Pacte de Relance ?

Cette inquiétude a été forte lorsque Mme Martine Aubry, à son arrivée, a fait part de son intention de lancer une " politique transversale de la ville " plutôt qu'une " politique ghetto " de subventions particulières et avait ajouté que " si, ensuite, des politiques spécifiques étaient nécessaires, elles seraient réalisées ".

L'impression pouvait en être retirée que la politique de la ville en tant que politique spécifique fondée sur l'aide à certaines portions en difficulté du territoire et sur le soutien contractualisé de l'Etat allait passer au second plan au profit des actions menées par chaque ministère dans les domaines de l'emploi, du logement, de la sécurité ou de l'éducation.

Répondant au trouble suscité par l'interprétation des premières déclarations et à certaines inquiétudes sur l'avenir de la politique de la ville, Mme Martine Aubry, ministre de l'emploi et de la solidarité, dans un communiqué du 3 juillet 1997, précise que " le grand chantier de la politique de la ville qui s'ouvre pour la décennie est la reconstruction de vraies villes qui, à travers la multiplicité des fonctions et la mixité sociale, permettent à leurs habitants, quelle que soit leur situation sociale, de vivre bien ensemble dans leur diversité.

Elle ajoute que, " comme l'a souligné le Premier ministre, agir dans les quartiers en difficulté, c'est d'abord mener les actions prioritaires du Gouvernement dans toutes les luttes contre les exclusions. C'est à travers la politique gouvernementale concernant le logement, l'éducation, la sécurité et l'accès aux soins pour tous que des réponses seront apportées aux difficultés des habitants des quartiers. Ceci requiert la mobilisation de l'ensemble du Gouvernement.

" Mais il va de soi qu'en parallèle des mesures spécifiques continueront à être mises en oeuvre. La politique de contractualisation sera bien évidemment poursuivie et nous examinerons la possibilité de la renforcer quand sera venu le temps du renouvellement des contrats en cours. Les mesures concernant les zones franches ne seront pas remises en cause, afin de renforcer leur efficacité économique et sociale. Il convient toutefois d'être vigilant pour éviter l'utilisation abusive de cet effort financier de l'Etat.

" Parmi les mesures spécifiques prioritaires, il est bien entendu essentiel que soient soutenus les efforts des associations et encouragées les initiatives des habitants, dynamiques sociales sans lesquelles aucune politique de la ville ne trouverait sa pleine efficacité. "


Le Gouvernement, après avoir été tenté par l'idée que la politique de la ville pourrait devenir inutile, si les politiques sociales devenaient plus efficaces, semble ainsi être revenu au principe d'une politique spécifique, non sans faire naître une certaine perplexité chez les entrepreneurs désireux de s'installer dans les zones franches urbaines.

Les données relatives à la zone franche de Garges-les-Gonesse font bien apparaître un ralentissement du rythme des demandes d'implantation en juin et juillet à mesure que se développent les premières incertitudes sur le devenir des zones franches.

On notera enfin que si Mme Aubry déclarait le 9 juillet 1997 que la ville était " le domaine où elle voyait le plus clair " 6( * ) , elle a chargé, le 9 septembre 1997, M. Jean-Pierre Sueur d'une mission sur la ville en liaison avec des urbanistes, des sociologues, des scientifiques, des élus locaux et des acteurs de terrain. Celui-ci est, semble-t-il, chargé de définir les éléments qui pourraient former une politique de la ville " globale et cohérente " et de répondre à trois questions relativement encyclopédiques : " Quelle ville voulons-nous pour le XXIème siècle ? Quel bilan tirer de la politique de la ville ? Quels projets de réforme mettre en oeuvre ?

La période actuelle est donc bien une période transitoire, ce qui peut entraîner une certaine inquiétude de la part des décideurs locaux.

3. Les emplois-jeunes ne présentent pas du point de vue de la politique de la ville les mêmes garanties que les emplois-ville

Le remplacement des contrats d'emploi de ville par les emplois-jeunes constitue également un facteur d'affaiblissement des efforts engagés dans le cadre du pacte de relance.

Le budget du ministère de l'emploi et de la solidarité comprend un article rattaché 7( * ) , l'article 64, qui abroge le dispositif des emplois de ville à compter du 1 er janvier 1998 et précise que les conventions conclues avant le 1 er janvier demeurent valables. 414,63 millions de francs demeurent inscrits au budget " emploi " (chapitre 44-74, article 33) pour financer le reliquat des quelque 10.000 à 11.000 contrats de ville actuellement en cours.

La mise en place du dispositif des emplois-jeunes pour lesquels l'aide de l'Etat est équivalente à 80 % du SMIC, c'est-à-dire sensiblement supérieure à celle qui avait été prévue dans le cadre des emplois de ville (55 %), devrait assez naturellement conduire, dans le meilleur des cas, à la transformation des emplois-ville existants en emplois-jeunes.

Les emplois, qui ont atteint le nombre de 14.000 en données cumulées à la fin de 1996, présentaient, au-delà de cet aspect financier un double avantage du point de vue de la politique de la ville :

il s'agissait d'emplois spécifiquement orientés vers les jeunes résidant dans des zones urbaines sensibles et rencontrant des difficultés particulières d'emploi. Les emplois-ville devraient, en outre, permettre à ces jeunes d'acquérir une qualification s'inscrivant dans une filière de métiers identifiés. Il était demandé aux préfets de veiller à ce que chaque jeune puisse bénéficier d'une formation adaptée, les crédits de formation accompagnant les CES pouvaient être utilisés dans la limite d'un plafond de 8.800 francs.

Le dernier rapport du Conseil national des villes émet un jugement défavorable sur les " discriminations positives " à la personne, telles que les contrats des villes, en estimant que celles-ci paraissent difficilement justifiables aux yeux des habitants d'autres quartiers connaissant un chômage aigu. Votre rapporteur souligne néanmoins que les ZUS ont été choisies à raison de l'importance du taux de chômage qui y règne et que la question reste entière de la discrimination à l'embauche dont sont victimes les jeunes des quartiers, victimes de préjugés défavorables, dès qu'ils annoncent leur adresse.

Dans le nouveau dispositif des emplois jeunes, le risque est grand que des jeunes disposant déjà d'une qualification n'évincent du dispositif des jeunes plus en difficulté, moins bien formés ou souffrant de discrimination à l'embauche.

Les crédits du jaune budgétaire font état d'une hausse " flatteuse " de près d'un milliard de francs : en réalité cette " hausse " s'explique largement par le fait que le ministère considère que 8 % des emplois-jeunes devraient être des emplois au profit des quartiers sensibles ou dégradés et par le maintien de 414 millions de francs pour financer les 11.000 emplois de ville déjà signés.

Pourtant, rien ne garantit que juridiquement les emplois-jeunes pourront aider dans la proportion indiquée les jeunes résidant dans les quartiers défavorisés.

Afin de souligner ce problème, votre commission a adopté un amendement de suppression de l'article 64 du projet de loi de finances pour 1998.

4. La baisse sensible des crédits de paiement sur les emplois de ville fait naître des inquiétudes

Enfin, dernière inquiétude comme on l'a vu plus haut, la baisse sensible des crédits de paiement au titre des actions " villes " des contrats de plan peut avoir un effet démobilisateur pour les partenaires de l'Etat.

Le Gouvernement fait valoir que la sous-consommation des crédits apparue au cours des années précédents avait permis de faire apparaître une marge de report importante.

Cette sous-consommation peut s'expliquer par la difficulté de la mise en jeu des financements croisés et la complexité juridique et technique de certains projets urbains.

Il reste que 1998 est la dernière année avant diverses échéances électorales et que les demandes risquent d'être nombreuses pour achever les projets qui auront pu se concrétiser. La baisse des crédits de paiement peut donc être à l'origine de retards de paiement qui serait préjudiciable à la préparation, dans de bonnes conditions, du prochain plan qui doit débuter après 1999 compte tenu du report d'un an de la date d'échéance des contrats de plan décidée l'année dernière.

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