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3. Les professionnels de l'ordonnancement, du pilotage et de la coordination

La division du travail, en multipliant le nombre des partenaires, a rendu plus nécessaires l'ordonnancement, la coordination et le pilotage de chantiers (OPC). Longtemps assurée sous forme de mission complémentaire par le maître d'oeuvre, architecte ou bureau d'études, elle tend de plus en plus à se constituer en mission autonome prise en charge par des structures spécifiques.

Ces professionnels, évalués entre 3 000 et 4 000 par le ministère de l'équipement, exercent dans des cabinets qui sont généralement de petite taille : de l'ordre de 15 à 18 personnes pour les affiliés de l'UNAPOC, l'Union nationale des professionnels de l'ordonnancement, du pilotage et de la coordination, qui regroupe environ 3 000 adhérents.

Leur chiffre d'affaires est de l'ordre de 300 millions d'euros.

Leur titre n'est pas protégé, mais ils ont recours à une qualification OPQIBI (Office professionnel de qualification des ingénieurs bâtiment-infrastucture).

Cette profession n'est pas préparée par une formation spécifique : les plus diplômés ont une formation d'ingénieur (école de travaux publics, arts et métiers) voire d'architecte ; d'autres ont des formations d'économiste ou de technicien du bâtiment. Leur organisme de formation continue a été mis en place en liaison avec les ingénieurs conseils.

Ils n'exercent pas de fonction technique directe, mais ont pour principale mission la gestion du calendrier et la maîtrise des délais. Chargés de coordonner les différentes équipes, et de planifier leurs interventions, ils doivent savoir allier des cultures professionnelles et des modes de travail très divers.

D'après le ministère de l'équipement, dans la mesure où ces fonctions peuvent aussi être assurées par l'architecte ou le bureau d'études, voire par l'économiste, « ils subissent une assez forte concurrence sur les marchés et lots séparés et n'ont vraiment trouvé leur place que dans la mesure où ces professions concurrentes ont opéré un recentrage sur les phases amont de conception. La pratique du recours à l'entreprise générale limite par ailleurs leurs possibilités d'intervention à une éventuelle sous-traitance. »

4. Les autres professions

D'autres professions interviennent également à des titres divers dans la maîtrise d'oeuvre. Elles représenteraient entre 15 000 et 20 000 personnes et génèreraient un chiffre d'affaires approchant le milliard d'euros8(*).

a) Les urbanistes

Les urbanistes interviennent soit dans le secteur public ou associatif, soit à titre libéral, en individuel ou en société.

Le ministère de l'équipement, s'appuyant sur les données du Conseil français des urbanistes (CFDU) les évalue entre 3 000 et 5 000 personnes. D'origines diverses (architectes, ingénieurs, géomètres, sociologues, économistes, juristes) ils disposent souvent d'une double formation, et se répartissent entre des activités d'assistance à maître d'ouvrage, de conseil et de maîtrise d'oeuvre stricto sensu.

Leur titre n'est pas protégé, et il ne semble pas que la profession soit particulièrement demandeuse de titres susceptibles de sanctionner ses qualifications. Ils ont cependant développé un office de qualification professionnelle s'inscrivant dans le cadre de la charte européenne des urbanistes.

Ils exercent leur profession dans des conditions souvent difficiles, qui tiennent à l'ancrage de mauvaises habitudes chez leurs partenaires. Les études qu'ils réalisent (études de projets, études de quartiers) sont souvent sous-payées et réalisées à perte. Les maires les plus avertis perçoivent le caractère injuste de cette situation mais il n'existe pas de barème, ni de possibilité d'en établir, au regard des exigences européennes. Un projet de guide des bonnes pratiques est cependant aujourd'hui à l'étude, de façon à donner des ordres de grandeur, des références en matière de coûts, en les illustrant par des exemples concrets.

b) Les paysagistes

Les paysagistes n'ont accédé que récemment au statut de profession autonome. Sur un effectif global de 1 800 personnes environ, un tiers exercerait leur profession en qualité de salariés du secteur public ou d'une agence d'architecture. Les autres, soit environ 1 200 personnes, exerceraient en indépendants et dégageraient un chiffre d'affaires de 90 millions d'euros, d'après le ministère de l'équipement qui s'appuie sur les données de la Fédération française du paysage.

Leur champ d'activité se développe, mais ils se plaignent pour l'essentiel de la concurrence public-privé -notamment celle de l'Office national des forêts- et de la référence au domaine des infrastructures pour le calcul de leurs honoraires.

c) Les géomètres-experts

Formation réglementée, régie par un ordre, les géomètres-experts ont pour vocation première d'établir les données de division parcellaire et de lotissements.

Ils tendent cependant à intervenir de plus en plus en dehors de leur champ réservé.

C'est dans le domaine de l'aménagement qu'ils exercent des missions de maîtrise d'oeuvre.

Celle-ci représente 15 % de leur activité.

Au nombre de 1 800, ils sont regroupés en 1 600 structures qui emploient 10 000 personnes environ et réalisent un chiffre d'affaires évalué à 600 millions d'euros.

Si les petites structures sont dans l'ensemble bien intégrées dans leur environnement local, les plus importantes, comptant plus de 30 personnes, connaissent des problèmes financiers similaires à ceux des bureaux d'études.

d) Les architectes d'intérieur

Les architectes d'intérieur interviennent généralement sur l'aménagement d'espaces bâtis de prestige, postérieurement à l'intervention du maître d'oeuvre principal. Dans certains cas, comme celui des musées, par exemple, ils peuvent cependant avoir une influence déterminante sur la conception.

Leur titre n'est pas protégé et ne leur permet pas de signer de permis de construire. Leur syndicat de référence, la Fédération nationale des syndicats d'architectes d'intérieur (FNSAI), a mis en place un Office professionnel de qualification des architectes d'intérieur (OPQAI). Leur nombre peut être évalué à 6 000 personnes, dont seuls 800 d'entre eux sont titulaires de la qualification OPQAI.

Dans un champ d'intervention plus particulier, certains architectes d'intérieur, dénommés « space-planners », sont principalement chargés d'optimiser l'utilisation des espaces construits. Ils se présentent comme des experts permettant de mieux rentabiliser un choix immobilier.

e) Les maîtres d'oeuvre en bâtiment

Souvent issus du milieu des techniciens du bâtiment, ils assurent, dans le cadre de petites structures, la maîtrise d'oeuvre des projets simples et « de faible importance » au sens de la loi de 1977 sur l'architecture -c'est-à-dire de moins de 170 m².

Ils prennent en charge, par ailleurs, la maîtrise d'oeuvre d'exécution de chantiers plus significatifs pour le compte de maîtres d'ouvrage privé ou en sous-traitance d'architectes ou de bureaux d'études.

Leur effectif est difficile à préciser compte tenu de la variété de leur mode d'activité. Certaines sources9(*) les évaluent entre 12 000 et 15 000.

* 8 Jean-Paul GARCIA et Philippe GRAND op-cité p. 16.

* 9 « Etre architecte, présent et avenir d'une profession » Monum 2000 p. 203, rapport de Jean-Louis LISSALDE « L'architecture est une expression de la culture ».

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