Allez au contenu, Allez à la navigation



 

    retour sommaire suite

CHAPITRE I

LES VOIES ÉTROITES D'UNE CROISSANCE
AUTONOME SOUTENUE

Les différentes projections de l'économie française proposées dans le présent rapport ont pour objectif de déterminer les conditions d'une croissance autonome et soutenue, qui permettrait, dans le contexte d'une politique budgétaire d'ajustement structurel, de combler l'écart aujourd'hui constaté entre le PIB et le niveau qu'il aurait pu atteindre si la croissance avait été conforme, ces dernières années, à son rythme potentiel.

A l'examen, ces conditions apparaissent exigeantes : l'environnement international de la France doit évoluer favorablement pour ne pas perturber la croissance intérieure ; celle-ci est dépendante de comportements des agents économiques nationaux plus dynamiques que ceux observés en moyenne.

Ces modifications de comportements sont loin d'être improbables, mais elles requièrent un contexte favorable : la politique économique doit les accompagner et, plus globalement, les autorités qui en ont la charge doivent tout entreprendre pour conforter la confiance des Français dans leur avenir.

I. QUEL SCÉNARIO DE REPRISE POUR L'ÉCONOMIE FRANÇAISE ?

Par convention, les exercices de projection et de simulation à moyen terme présentés par votre Délégation sont « calés » pour ce qui concerne les deux premières années - ici 2004 et 2005 - sur les hypothèses macroéconomiques associées au projet de loi de Finances.

Ceci permet en effet d'éviter de perturber l'analyse des perspectives d'évolution à moyen terme des finances publiques et de la programmation pluriannuelle présentée par le Gouvernement, par une divergence éventuelle d'évolution macroéconomique qui résulterait d'un « point d'entrée différent ».

On peut d'ailleurs observer que le scénario de reprise de l'économie française que décrivent les derniers « budgets économiques » présentés par le gouvernement est également celui que privilégie, pour l'essentiel, l'OFCE2(*).

Ce scénario de reprise de l'économie française s'appuie sur deux éléments :

- une consolidation de la croissance mondiale ;

- le relatif dynamisme de la demande intérieure.

1. Consolidation de la croissance mondiale

Deux menaces pèsent sur l'environnement international à court terme de l'économie française : la hausse des prix du pétrole et des matières premières, d'une part ; la baisse du dollar, d'autre part.

Néanmoins, la majorité des prévisionnistes ont exclu, dans leurs dernières prévisions à court terme, la concrétisation de ces deux menaces.

Après une forte accélération en 2004 (+ 4,5 % après + 3,6 % en 2003), l'économie mondiale devrait ralentir en 2005 (+ 3,7 %).

Cependant cette croissance s'appuierait sur des fondamentaux solides : les entreprises semblent avoir rétabli leur situation après les désordres consécutifs à l'éclatement de la bulle Internet ; elles ont assaini leurs comptes et redressé leur productivité ; enfin, la croissance mondiale serait mieux répartie : elle ralentirait dans les zones où elle était la plus dynamique en 2004 (États-Unis, Japon et Chine notamment) et elle accélèrerait dans la zone euro.

Dans ce contexte, les déséquilibres de l'économie mondiale (déficit courant des États-Unis, endettement des ménages américains et britanniques, surcapacités en Chine...) ne s'aggraveraient pas et ne sembleraient dont pas de nature à pénaliser l'activité.

Aux États-Unis, toutes les composantes de la demande interne devraient se tasser légèrement en 2005, du fait essentiellement de la diminution des stimuli macroéconomiques (politique budgétaire et politique monétaire) à l'oeuvre depuis 2002. Notamment, la consommation des ménages s'essoufflerait sous le coup d'une remontée des taux longs et de l'épuisement progressif des effets de richesse liés au boom de l'immobilier.

Il en résulterait un retour de la croissance américaine vers son potentiel (autour de 3 %, contre 4,2 % en 2004).

Après six mois de croissance exceptionnelle, le Japon connaît actuellement un ralentissement. La croissance s'y établirait ainsi à 2,3 % en 2005 contre 4,2 % en 2004.

Les économies émergentes d'Asie ont également ralenti récemment. En Chine, les autorités tentent de piloter un refroidissement, ce qui conduit les prévisionnistes à privilégier un scénario d'« atterrissage en douceur » en 2005 (+ 7 % de croissance en 2005 contre + 8 % en 2004).

Le dynamisme de l'économie mondiale a permis à la zone euro de connaître une reprise en « pente douce » en 2004 (+ 1,9 % de croissance après + 0,5 % en 2003), tirée par les exportations. Les prévisionnistes anticipent une consolidation de la croissance européenne en 2005 (+ 2,2 %), dont le principal moteur serait la demande intérieure (consommation des ménages et investissement des entreprises). Ceci suppose une reprise de la demande intérieure allemande, particulièrement atone depuis quelques trimestres - comparée notamment à la demande intérieure française -, les consommateurs allemands semblant pénalisés par la forte modération salariale (certes bénéfique à terme pour la compétitivité mais qui, dans l'immédiat, pèse sur le pouvoir d'achat).

Une reprise un peu plus rapide ne peut cependant être exclue dans la zone euro. Celle-ci se fonderait notamment sur l'orientation des politiques budgétaires dans les grands pays, plus accommodante que ce qui était annoncé dans les programmes de stabilité transmis aux autorités européennes, sur le dynamisme des marchés immobiliers en Europe et sur les comportements de dépense des ménages européens plus dynamiques et un « dégel de l'épargne »3(*).

Le Royaume-Uni connaît enfin une croissance solide (+ 3,4 % en 2004), supérieure à son potentiel, qui ralentirait légèrement toutefois en 2005 (+ 2,8 %), en lien avec le tassement des prix de l'immobilier.

Ces prévisions relatives à l'environnement international font l'objet d'un consensus inhabituellement large parmi les prévisionnistes ; elles sont cependant affectées par une forte incertitude concernant l'évolution du prix du pétrole (cf. 3. ci-après).

2. Confirmation de la reprise de l'économie française, soutenue par la demande intérieure

Pour 2004, la prévision de croissance a été sensiblement révisée à la hausse par le Gouvernement (+ 2,5 % contre + 1,7 % en mars dernier) comme par tous les instituts de conjoncture.

Ce redémarrage de l'activité serait essentiellement imputable au dynamisme de la consommation (+ 2,4 %). En effet, celle-ci a progressé sensiblement plus vite que le pouvoir d'achat du revenu des ménages (+ 1,5 %), traduisant ainsi une baisse de leur taux d'épargne. Les explications les plus couramment avancées quant à ce dynamisme non anticipé des comportements de consommation, sont la levée des incertitudes sur l'avenir des régimes de retraite, le « sentiment de richesse » lié à la hausse des prix de l'immobilier et l'effet des mesures de soutien à la consommation.

De même, l'orientation de la politique budgétaire a été moins restrictive qu'annoncé initialement, du fait d'une hausse des dépenses de santé beaucoup plus forte que prévue. L'impulsion de la politique budgétaire sur la croissance a ainsi été neutre en 2004.

Pour 2005, la prévision de croissance du Gouvernement, sur laquelle s'appuient les scénarios à moyen terme présentés par votre Délégation, s'établit à 2,5 % (comme en 2004).

Les principales contributions à la croissance en 2005 évolueraient comme suit :

- la progression de l'emploi (+ 1,2 % en 2005 contre + 0,3 % en 2004) contribuerait à soutenir le pouvoir d'achat des ménages (+ 2,2 %) et, ainsi, la consommation (+ 2,4 %). Le taux d'épargne diminuerait légèrement (de 15,1 % à 14,9 %) ;

- de même, l'investissement des entreprises, stimulé par les perspectives de demande et l'amélioration de la situation financière des entreprises, poursuivrait en 2005 son mouvement de reprise cyclique (+ 4,7 % après + 4,5 % en 2004, selon le Gouvernement).

- la contribution des échanges extérieurs à la croissance du PIB a été négative en 2004 : - 0,9 point. Ceci s'explique par une forte augmentation des importations (+ 7,1 %), alors que dans un même temps les exportations (+ 4,5 %) étaient fortement pénalisées par les effets retardés de l'appréciation de l'euro et par l'orientation géographique de nos échanges (davantage tournés vers l'Europe et l'Afrique que vers les pays émergents).

En 2005, la contribution des échanges extérieurs à la croissance serait nulle. Les importations continueraient à progresser sensiblement au même rythme qu'en 2004 (+ 6,7 %) mais les exportations seraient plus dynamiques (+ 6,3 %). Certes, le taux de change effectif de l'euro pèserait encore sur les exportations françaises, du fait de l'impact retardé de la compétitivité-prix. Mais, comme l'indique le Rapport Économique, Social et Financier annexé au Projet de loi de finances, « le surcroît de parts de marché perdu l'an passé, au-delà de ce que la détérioration de la compétitivité-prix suggérait, a d'ores et déjà été repris au début de cette année et les effets négatifs liés au change s'estomperaient progressivement, si bien que les exportations manufacturières s'installeraient sur un rythme dynamique... ».

Ce scénario de stabilisation de la reprise sur un rythme de 2,5 % en 2004-2005 peut paraître optimiste au regard des incertitudes qui pèsent sur l'économie mondiale (pétrole et dollar).

Cependant, comparée aux épisodes précédents (fin des années 80 puis fin des années 90), cette reprise peut être qualifiée de « molle » dans la mesure où elle ne permettrait pas de résorber que faiblement l'« écart de croissance »4(*) négatif creusé par le ralentissement conjoncturel.

A la fin 2005, cet « écart de croissance » serait ainsi de l'ordre de
- 1 %5(*).

Cette sortie de crise molle s'explique essentiellement en 2004 par les effets négatifs de l'appréciation de l'euro entamée en 2002. Ceux-ci seraient renforcés également par la hausse des prix du pétrole.

En 2005, sous l'hypothèse de stabilisation du dollar et d'un reflux des prix du pétrole, l'activité serait essentiellement pénalisée par la contrainte du redressement des comptes publics (le déficit public repasserait sous la barre des 3 % en 2005, après 3,6 % en 2004).

LE SCÉNARIO DE REPRISE DE L'ÉCONOMIE FRANÇAISE EN 2004-2005
(TIRÉ DES DERNIERS BUDGETS ÉCONOMIQUES)

I - PRINCIPALES HYPOTHÈSES D'ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL

2004

2005

· TAUX DE CROISSANCE DES GRANDS PARTENAIRES (en % du PIB)

 
 
 
 
 

- Etats-Unis

4,1

2,9

- Zone euro

1,9

2,2

   dont Allemagne

1,4

1,7

 
 
 

· TAUX DE CHANGE EURO/DOLLAR

1,22

1,22

· PRIX DU PÉTROLE ($/baril)

36,7

36,5

II - PRINCIPAUX RÉSULTATS DES PRÉVISIONS

2004

2005

POURCENTAGES ANNUELS DE VARIATION

 
 

· P.I.B. (volume)

2,5

2,5

· Importations (volume)

7,1

6,7

· Consommations des ménages (volume)

2,4

2,4

· Investissements des entreprises (volume)

4,3

4,7

· Exportations (volume)

4,5

6,3

· Contributions des stocks (en % du P.I.B.)

+ 0,5

+ 0,1

 
 
 

· Prix du P.I.B. (moyenne annuelle)

1,9

1,7

· Prix de la consommation (moyenne annuelle)


2,2


1,8

· Prix à la consommation (glissement annuel)

2,1

1,6

 
 
 

· Pouvoir d'achat du revenu disponible des ménages

1,5

2,2

 
 
 

· Taux d'épargne des ménages

15,1

14,9

· Emplois salariés (secteur marchand non-agricole)
(moyenne annuelle en %)

0,3

1,2

· Emploi total (moyenne annuelle en %)

Nd

Nd

· Taux de chômage (1) (moyenne annuelle en %)

9,8

9,4

 

CAPACITÉ DE FINANCEMENT DES ADMINISTRATIONS
(en % du PIB)

- 3,6

- 2,9

CAPACITÉ DE FINANCEMENT DE LA NATION
(en % du PIB)

0,2

0,2

(1) Le taux de chômage - en points - inscrit ici résulte de la prévision de l'OFCE (le Gouvernement n'affiche jamais de prévision de chômage).

3. Deux facteurs d'incertitude : les prix du pétrole et le cours du dollar.

a) Les prix du pétrole

La hausse des prix du pétrole en 2004 (de 30 dollars en début d'année à 46 dollars à l'automne, soit + 50 %), soulève deux interrogations :

- cette hausse est-elle susceptible de se poursuivre en 2005, ou au contraire les prix du pétrole enregistreront-ils un reflux l'année prochaine ?

- si les prix du pétrole se stabilisaient à leur niveau actuel, ou pire continuaient à augmenter, dans quelle mesure le scénario présenté ci-dessus, qui repose sur l'hypothèse d'une baisse progressive des prix de pétrole en 2005 (jusqu'aux alentours de 32 dollars en fin d'année, ce qui correspond à une moyenne de 37 dollars sur l'ensemble de l'année) pourrait-il en être affecté ?

En réponse à la première question, il convient de rappeler, tout d'abord, que si le choc a été important en 2004, il doit cependant être relativisé. En termes réels, les cours restent inférieurs pratiquement de moitié à ceux observés fin 1979 (83 dollars). Par ailleurs, en raison de l'appréciation de l'euro par rapport au dollar, les cours du pétrole exprimés en euros ont en fait retrouvé le niveau du prix enregistré à l'été 2000 (34 euros).

Les causes des tensions sur les marchés pétroliers semblent résider dans la vigueur de la demande mondiale de pétrole (en particulier américaine et chinoise), dont la croissance en 2004 a été la plus forte depuis plus de 20 ans, la sous-estimation dont elle a fait l'objet de la part des producteurs, et, enfin, la quasi-stagnation des capacités de production depuis deux ans pour diverses raisons (épuisement de certains gisements, faibles investissements en raison d'anticipations de prix à long terme et de rendements assez bas, pertes d'unités de production comme au Venezuela). Dans ce contexte de tensions sur l'appareil de production, le marché présente une plus grande vulnérabilité aux risques géopolitiques (Moyen-Orient, Nigeria, ...), politiques (menaces de poursuites judiciaires contre la Société Ioukos) ou météorologiques (ouragans qui ont affecté la production dans le Golfe du Mexique).

Néanmoins, la plupart des prévisionnistes considèrent que le ralentissement économique des États-Unis et de la Chine et le développement de nouvelles capacités (en lien avec des anticipations de prix plus élevées) devraient se traduire par un apaisement progressif de ces tensions.

Le scénario présenté par votre Délégation repose ainsi sur l'hypothèse d'une diminution des tensions sur la demande comme sur l'offre de pétrole et, en conséquence d'une stabilisation du prix du baril autour de 37 dollars.

En réponse à la question de l'impact sur l'économie française de prix du pétrole durablement élevés, une stabilisation du baril autour de 50 dollars entraînerait, de manière schématique, trois types d'effets :

- le renchérissement du prix de l'énergie pour les consommateurs et les entreprises pèserait sur la demande intérieure - consommation et l'investissement - et freinerait la croissance ;

- les principaux partenaires de la France et de la zone euro subissant également la hausse des prix pétroliers, il en résulterait une baisse de leurs exportations, sans que les importations supplémentaires des pays exportateurs de pétrole suffisent à compenser la baisse de la demande mondiale ;

- enfin, des prix du pétrole élevés auraient un effet direct sur l'inflation.

La diffusion de la hausse des prix énergétiques aux anticipations de prix et de salaires (effets du « second tour »), même si elle est, selon la Direction de la Prévision, « moins avérée aujourd'hui que par le passé, pourrait ensuite venir renforcer ces effets inflationnistes et récessifs en pesant sur l'offre ».

Dans l'hypothèse d'un maintien durable du baril à 50 dollars, le surcroît d'inflation en 2005 est évalué par la Direction de la Prévision à 1 point.

L'impact sur la croissance dépend de la réaction des autorités monétaires à ce choc inflationniste. Une remontée des taux d'intérêt pénaliserait en effet davantage l'activité à court terme.

Selon l'ampleur de la réaction de la BCE, la croissance française serait au final affectée négativement en 2005, à hauteur de 0,5 à 1 point.

b) Décrochage du dollar et crise financière

Depuis quelques années, les banques centrales asiatiques financent le déficit courant des États-Unis par des achats d'obligations américaines. Ce faisant, elles concourent à la stabilité du dollar, ce qui permet aux pays asiatiques d'éviter une appréciation de leur monnaie par rapport au dollar et préserve leur compétitivité-prix.

Néanmoins, si le maintien d'un taux de change sous-évalué constitue un avantage en terme de compétitivité, il augmente aussi les prix des importations, notamment énergétiques.

Ainsi, une hausse durable des prix du pétrole pourrait-elle avoir un impact inflationniste aggravé par le niveau de la monnaie dans des pays déjà menacés par des tensions inflationnistes. Le souci d'apaiser ces tensions, et de mettre en oeuvre des mesures de « refroidissement » pourrait conduire ces pays, au premier rang desquels figure la Chine, à se désolidariser du dollar, précipitant une baisse incontrôlée du dollar.

Il en résulterait une hausse des taux d'intérêt à long terme, rendue nécessaire pour attirer des capitaux vers les États-Unis.

L'impact négatif sur la conjoncture américaine d'une hausse des taux pourrait être aggravé par un retournement du marché immobilier, baisse des prix de l'immobilier et renchérissement du coût des crédits pesant alors conjointement sur la consommation des ménages américains.

L'Europe serait directement pénalisée par la restriction des débouchés consécutive à un ralentissement américain, par la dégradation de la compétitivité consécutive à l'appréciation de l'euro contre dollar et par une hausse des taux d'intérêt (pouvant entraîner en Europe également un retournement du marché immobilier).

Ce « scénario noir » est pour l'instant jugé improbable par la majorité des économistes. Votre rapporteur reconnaît en effet que la question de l'endettement extérieur américain et de la menace qu'il fait peser sur l'économie mondiale est certainement surestimée, que dans un contexte de globalisation financière, le financement du déficit américain est moins dépendant des banques centrales asiatiques, et que le risque d'une chute incontrôlée du dollar est très atténué par rapport aux années 80, dans la mesure où les masses de capitaux capables « d'absorber » le déficit américain sont beaucoup plus importantes6(*). Néanmoins, les risques conjugués de tensions inflationnistes en raison de la hausse des prix du pétrole et de la hausse des taux d'intérêt pourraient créer un contexte nouveau, dans lequel la baisse du dollar serait beaucoup plus difficile à maîtriser.

Certes, la question de la « soutenabilité » du déficit américain doit être appréhendée avec la plus grande prudence dès lors qu'elle se pose dans une perspective de moyen terme, qui est privilégiée dans le cadre de ce rapport. Néanmoins votre Délégation a demandé à l'OFCE d'illustrer cette incertitude en simulant un « scénario noir » de baisse du dollar et de hausse des taux d'intérêt. Les évolutions macroéconomiques associées à ce scénario sont présentées plus loin (cf. Fiche 1 - p. 139).

* 2 ainsi que la plupart des instituts indépendants de prévision, à l'exception de la Caisse des Dépôts et de l'Expansion, et, dans une moindre mesure, de REXECODE.

* 3 Le niveau anormalement élevé du taux d'épargne des ménages et, en contrepartie, la faiblesse de leur consommation, caractérisent clairement la situation de la zone euro au cours des dernières années.

* 4 L'« écart de croissance » ou « output gap » se calcule par rapport au taux de croissance tendancielle ou potentielle de l'économie française, généralement estimé à 2,2/2,3  %. Chaque année, une croissance inférieure à ce chiffre fait apparaître un déficit de croissance qui peut se résorber l'année suivante si la croissance effective est supérieure à son potentiel, ou au contraire s'aggraver si elle reste inférieure.

* 5 Ceci n'est pas sans incidence dans le cadre d'une réflexion à moyen terme. Cela signifie en effet que la France disposerait au-delà de 2005 de marges de croissance au-delà de son potentiel, sans tensions sur les capacités de production. Ainsi, avec une croissance de 2,5 % par an sur la période 2006-2009, l'économie française rejoindrait son sentier de croissance potentielle et effacerait son écart de croissance négatif.

* 6 Ces points sont développés par Anton BRENDER et Florence PISANI, dans « La nouvelle économie américaine ».

    retour sommaire suite