E. LA CULTURE : MIEUX ORDONNER UN PAYSAGE CONFUS

Comme on l'a vu dans la première partie de ce rapport, la culture est un domaine qui a fait l'objet de transferts de compétence limités , circonscrits aux bibliothèques et aux archives . Pour le reste, l'enchevêtrement des compétences partagées entre l'Etat et les collectivités locales, agencé par une multitude de contrats, a engendré une complexité flagrante. Les financements croisés sont la règle. Au moyen de contributions financières modérées, l'Etat continue de piloter nombre de projets culturels locaux.

Les tentatives pour clarifier les compétences entre l'Etat et les collectivités locales n'ont jamais abouti et le ministère de la culture a préféré la déconcentration à la décentralisation.

Cette situation n'a pas découragé le dynamisme des collectivités locales, lesquelles éprouvent trop souvent cependant le sentiment de dépenser beaucoup en restant fortement influencées par les orientations du ministère dans leurs initiatives.

La mission propose deux mesures de clarification .

La première concerne la protection du patrimoine , prérogative régalienne de l'Etat pour des raisons historiques liées au droit de propriété sur les monuments classés, mais cogérée avec les collectivités locales en matière d'usage et de transformation du patrimoine. Ainsi, l'entretien du patrimoine représente le second poste de dépense des départements. L'inventaire des richesses archéologiques, architecturales et patrimoniales, compétence de l'Etat, est majoritairement financé par les départements, dans le cadre de leur politique en matière de tourisme.

La mission propose de transférer l'inventaire aux départements , avec les personnels compétents, ce qui permettrait une meilleure lisibilité et une plus grande proximité entre le décideur et l'expression des besoins.

Les communes peuvent être associées à l'inventaire du patrimoine architectural du XXè siècle à conserver, ainsi qu'à la protection et à la promotion des éléments non classés du patrimoine immobilier.

La seconde proposition de la mission concerne l'enseignement artistique . La répartition actuelle des compétences manque de clarté. L'enseignement artistique est dispensé dans les établissements d'enseignement général, écoles, collèges et lycées. Les collectivités locales peuvent en outre créer chacune à leur niveau des écoles publiques d'art à vocation spécifique : musique, danse, arts plastiques. Le fonctionnement des écoles est placé sous le contrôle de l'Etat, qui pourtant ne contribue qu'à hauteur de 10 % au financement de l'enseignement artistique organisé par les collectivités locales.

La mission propose de décentraliser les écoles, selon leur niveau, en les plaçant sous l'entière responsabilité des collectivités locales -majoritairement des communes- qui sont à l'origine de leur création, dans le cadre d'un schéma départemental d'enseignement artistique. Les régions seraient chef de file pour l'enseignement de haut niveau à vocation professionnelle.

Un financement approprié devrait accompagner ce transfert de responsabilités, associant l'Etat, le département et peut-être la région, pour contribuer à aider les communes les moins riches à faire face aux besoins.

Les collectivités disposeraient d'une plus grande latitude pour recruter les personnels chargés de l'enseignement artistique, en particulier des professeurs de musique titulaires de diplômes délivrés par les conservatoires.

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