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FAURE Edgar

Ancien sénateur du Jura
  puis du Doubs

  • Vème République

    Ancien sénateur de la
    Ve République

Election

  • Elu le 26 avril 1959 (Jura)
  • Réélu le 26 septembre 1965 (Jura) jusqu'au 8 février 1966 (devenu membre du Gouvernement)
  • Réélu le 28 septembre 1980 (Doubs)
  • Fin de mandat le 30 mars 1988 (décédé)

Fonctions exercées au cours de ses mandats de sénateur

  • Secrétaire de la commission des affaires culturelles

Fonctions antérieures

  • Ministre
  • Député

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des affaires culturelles
  • Membre du Groupe de la Gauche Démocratique

Extraits de la table nominative :

Biographie

Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République

FAURE (Edgar, Jean, Vincent, Barthélémy)

Né le 18 août 1908 à Béziers (Hérault)

Décédé le 30 mars 1988 à Paris

Député du Jura de 1946 à 1958

Sénateur du Jura de 1959 à 1966

Député du Doubs en mars 1967, en juillet 1968, de 1969 à 1972, et de 1973 à 1980

Sénateur du Doubs de 1980 à 1988

Secrétaire d'Etat aux Finances du 13 février 1949 au 2 juillet 1950

Ministre du Budget du 2 juillet 1950 à 11 août 1951

Garde des Sceaux, ministre de la Justice du 11 août 1951 au 20 janvier 1952

Président du Conseil et ministre des Finances du 20 janvier au 8 mars 1952

Ministre des Finances et des Affaires économique du 28 juin 1953 au 19 juin 1954

Ministre des Finances, des Affaires économiques et du Plan du 19 juin 1954 au 20 janvier 1955

Ministre des Affaires étrangères du 20 janvier1955 au 23 février 1955

Président du Conseil du 23 février 1955 au 1er février 1956

Ministre des Finances, des Affaires économiques et du Plan du 14 mai 1958 au 1er juin 1958

Ministre de l'Agriculture du 8 janvier 1966 au 10 juillet 1968

Ministre de l'Education nationale du 10 juillet 1968 au 20 juin 1969

Ministre d'Etat chargé des Affaires sociales du 5 juillet 1972 au 28 mars 1973

(Voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1940-1958, tome IV, p. 41-44)

Après le retour au pouvoir du général de Gaulle, Edgar Faure adhère aux institutions de la Ve République. En novembre 1958, il se présente aux législatives dans la 1ère circonscription du Jura. Les voix modérées lui sont contestées par Louis Jaillon, maire MRP de Saint-Claude. Edgar Faure n'obtient que 41,8% des suffrages exprimés le 30 novembre 1958 dans le cadre d'une triangulaire qui permet à Louis Jaillon d'entrer au Palais-Bourbon. A travers l'ancien président du Conseil, une majorité d'électeurs a voulu sanctionner la classe dirigeante de la IVe République.

Edgar Faure souhaite retrouver un mandat parlementaire et se présente aux élections sénatoriales du 26 avril 1959. Réélu maire de Port-Lesney peu auparavant, il emmène une liste du Rassemblement des gauches républicaines (RGR) et d'Union républicaine où figure le sortant Charles Laurent-Thouverey. Malgré la concurrence à droite d'une liste « d'Union et d'action républicaine », Edgar Faure est élu sénateur du Jura au premier tour de scrutin par 513 voix contre 869.

Il retrouve au Palais du Luxembourg des parlementaires battus à l'automne 1958, comme François Mitterrand, et rejoint le groupe de la Gauche démocratique. Edgar Faure est nommé membre de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat en mai 1959. Il y siège jusqu'en 1966. Son expérience le désigne en juillet 1959 pour entrer au Sénat de la Communauté.

L'ancien président du Conseil développe des points de vue très argumentés en séance publique entre 1959 et 1966. Il n'entend pas à cette époque se situer de façon rigide dans l'opposition ou dans la majorité. Selon les débats, il est applaudi par la droite, la gauche ou les gaullistes pour l'équilibre de ses propos. Le 25 juin 1959, il prend ses distances avec l'idée d'intégration et souligne que la création de la Communauté offre des perspectives institutionnelles pour envisager le futur de l'Algérie sur le mode fédéral. Ce n'est pas sans réserve qu'il accorde le 3 février 1960 les pouvoirs spéciaux au Gouvernement pour ramener l'ordre en Algérie après la semaine des barricades. Il vise Jacques Soustelle et Roger Frey en critiquant à cette occasion la présence, au sein de l'exécutif, d'hommes n'ayant pas toujours manifesté « ces préoccupations de fermeté républicaine qui sont aujourd'hui si bien à l'ordre du jour ». Edgar Faure récuse la vision de De Gaulle en « prophète doué d'infaillibilité » mais soutient en l'espèce le chef de l'Etat. Au cours de ce débat, il livre une de ces formules balancées qui font sa réputation de brillant orateur : « Je dirais qu'il y a des circonstances simplement exceptionnelles et des circonstances extraordinairement exceptionnelles ».

Rapporteur du projet du loi relatif à l'Association internationale de développement en décembre 1960, Edgar Faure n'oublie pas les intérêts de ses électeurs au profit de la seule politique internationale. Il dépose ainsi sur le bureau du Sénat une proposition de loi relative à la protection du « gruyère de Comté » le 8 mai 1962.

Réintégré au Parti radical en octobre 1961, Edgar Faure décline la proposition d'entrer au Gouvernement au printemps 1962, car sa formation politique se situe dans l'opposition. L'élu jurassien appelle à voter « non » au référendum du 28 octobre 1962 sur l'élection du président de la République au suffrage universel direct. En 1963, il se voit néanmoins confier une mission diplomatique afin de préparer le rétablissement des relations diplomatiques avec la Chine populaire. Depuis la parution de son ouvrage Le Serpent et la Tortue en 1957, il passe pour un bon connaisseur de l'Empire du Milieu. En octobre 1963, il se rend à Pékin à titre officieux pour engager les négociations qui conduisent au communiqué du 27 janvier 1964, par lequel la France et la Chine normalisent leurs rapports.

Réélu conseiller général du Jura en 1961 et maire de Port-Lesney au printemps 1965, il obtient plus de 80% des suffrages exprimés au premier tour des élections sénatoriales du 26 septembre 1965 : 709 voix de grands électeurs sur 881 se portent sur l'ancien Président du Conseil.

Son entrée au Gouvernement est évoquée dès le lendemain de cette brillante réélection. Le 8 janvier 1966, le maire de Port-Lesney remplace Edgard Pisani au ministère de l'Agriculture. Edgar Faure avait consacré plusieurs de ses interventions au Sénat à ce secteur, comme au lendemain de la « crise du lait » de 1964. Entre 1966 et 1968, son habileté lui permet de faire accepter les réformes de structures décidées au début des années 1960 pour préparer le Marché commun agricole.

Ayant démissionné de son mandat de sénateur à son entrée au Gouvernement, Edgar Faure se présente aux élections législatives de mars 1967 dans la 3e circonscription du Doubs. Elu au 1er tour (66% des voix) sous l'étiquette UD-Ve République, il reste pourtant maire de Port-Lesney, dans le Jura, jusqu'en 1971. Plébiscité par les électeurs aux législatives de juin 1968, Edgar Faure accepte alors le portefeuille de l'Education nationale. La loi d'orientation des universités qu'il fait adopter apparaît trop libérale aux yeux des élus de la majorité. Lorsque Georges Pompidou entre à l'Elysée au printemps 1969, Edgar Faure quitte le Gouvernement. Il est réélu député du Doubs avec le soutien de l'UDR lors d'une élection partielle le 19 octobre 1969 et devient membre apparenté du groupe gaulliste à l'Assemblée nationale.

Edgar Faure multiplie les initiatives pour faire entendre la voix du centre-gauche au sein de la majorité au début des années 1970. Il fonde avec Louis Joxe et Paul Granet, député de l'Aube, le Comité d'études pour un Nouveau contrat social en janvier 1970. Ce groupe de réflexion se réclame à la fois du gaullisme de gauche et du libéralisme politique, comme le Mouvement pour le socialisme par la participation que l'élu du Doubs crée en novembre 1971. L'ancien ministre de l'Education nationale voit son action reconnue par les milieux universitaires. Il est élu doyen de la faculté de droit et des sciences économiques de Nanterre en mai 1970 mais refuse ce mandat pour devenir directeur de recherches à l'Université de Besançon. Il prend également la présidence de la Commission internationale de l'Unesco pour le développement de l'éducation en février 1971. Edgar Faure siège au directoire du Mouvement national pour l'environnement à partir de 1971.

L'ancien président du Conseil entre dans le gouvernement Messmer en juillet 1972 comme ministre d'Etat chargé des Affaires sociales. Réélu aux législatives de mars 1973, il renonce à ses fonctions ministérielles pour succéder à Achille Peretti à la présidence de l'Assemblée nationale. Il s'est décidé à briguer « le perchoir » sur les conseils de l'entourage élyséen. Edgar Faure cumule les responsabilités au sein des familles gaulliste et radicale au milieu des années 1970. Membre du bureau politique de l'UDR de 1973 à 1976 puis du conseil politique du RPR à partir de février 1977, il est porté à la présidence de la Fédération radicale-socialiste du Doubs en avril de la même année, puis figure au bureau national du Parti radical-socialiste à compter de juin 1977.

Maire de Pontarlier depuis 1971, Edgar Faure est battu aux élections municipales de mars 1977. Il envisage alors de se présenter aux élections législatives de 1978 dans le 17e arrondissement de Paris, avant d'y renoncer. Réélu député du Doubs, il bénéficie du soutien officiel du RPR mais est devancé par Jacques Chaban-Delmas pour l'élection du nouveau Président de l'Assemblée nationale au printemps 1978.

Edgar Faure conduit une activité d'essayiste et d'écrivain en marge de sa carrière politique depuis la fin des années 1950. Outre des romans policiers sous pseudonyme, il livre des ouvrages historiques dont la valeur est reconnue par la communauté scientifique, comme La Disgrâce de Turgot en 1961 ou La Banqueroute de Law en 1977. C'est à ce titre qu'il est élu à l'Académie française en juin 1978. Cette reconnaissance littéraire ne convainc pas le président Faure de se retirer de la vie politique active. Il crée l'événement en se ralliant à la liste de Simone Veil contre celle de Jacques Chirac aux élections européennes de juin 1979. Elu, il doit quitter le mouvement gaulliste pour l'UDF et siège au Parlement européen jusqu'en 1984. Il abandonne le groupe RPR à l'Assemblée nationale pour rejoindre les non-inscrits en septembre 1979.

Le 28 septembre 1980, Edgar Faure se présente aux élections sénatoriales dans le Doubs. Président du Conseil régional de Franche-Comté depuis 1974, vice-président du Conseil général du Doubs de 1967 à 1979, il dispose d'une solide implantation locale. Son sens de la conciliation lui ménage des soutiens chez les modérés comme chez les gaullistes et les hommes de gauche. Au second tour de scrutin, il est le mieux élu des sénateurs du département et obtient 665 voix sur 1 347.

Avocat, professeur d'histoire du droit et ancien garde des Sceaux, Edgar Faure est nommé membre de la commission des lois en octobre 1980 et y appartient jusqu'à l'automne 1986. Les radicaux de gauche font obstacle à son inscription au groupe de la Gauche démocratique du Sénat, ce qui le contraint à siéger parmi les non-inscrits jusqu'en avril 1982. L'ancien président du Conseil prend souvent la parole dans l'hémicycle du Palais du Luxembourg dans les années 1980. Ses interventions portent sur des questions qu'il a abordées dans le cadre de ses fonctions ministérielles : problèmes budgétaires et financiers, politique agricole ou de l'enseignement supérieur. Il est membre de la délégation française à la 42e session de l'Assemblée générale des Nations Unies en septembre 1987.

Le président Faure plaide depuis le début de sa carrière politique pour des « majorités d'idées » contre la loi d'airain de la bipolarisation. Il soutient Valéry Giscard d'Estaing aux élections présidentielles du printemps 1981 mais se dit prêt, dans « un esprit constructif », à « voter un certain nombre de lois socialistes » après la victoire de François Mitterrand. C'est par crainte d'une politisation nuisible aux grands projets de développement local qu'il plaide contre l'élection des conseils régionaux au suffrage universel direct et rejette la décentralisation proposée par Gaston Defferre (janvier 1982).

Président de l'Institut international des droits de l'homme, il refuse cependant l'abolition de la peine de mort et s'en explique au Sénat le 30 septembre 1981. Il reproche aux partisans de l'abolition de la considérer comme un « dogme » et dénonce « le caractère sentimental et presque mystique » de leur position. Il estime que les effets dissuasifs de la peine capitale sont réels et propose d'en limiter l'exécution aux récidivistes, aux meurtres de personnes chargées d'une « mission générale d'ordre public » et à l'assassinat d'enfants ayant fait l'objet d'enlèvements crapuleux. Edgar Faure aurait souhaité une consultation des Français sur le sujet et propose en septembre 1981 que la Constitution soit modifiée pour autoriser les référendums sur des questions de société. Quelques années plus tard, l'ancien président du Conseil imaginera d'instaurer une peine de « mort civile » correspondant à l'enfermement « dans un établissement spécial situé en un lieu du territoire de la République ne comportant aucune population permanente ».

Dès 1982, le sénateur du Doubs s'oppose aux projets de service unique de l'éducation, au motif que le pluralisme est « un élément positif et stimulant pour l'entreprise éducative ». En octobre 1983, il reproche au projet de loi sur l'enseignement supérieur d'Alain Savary de s'en prendre à l'autonomie financière et pédagogique des universités, coeur de la loi d'orientation de 1968. Entre 1981 et 1986, Edgar Faure critique avec constance et courtoisie la politique économique conduite par les socialistes : d'un laxisme budgétaire exagéré, elle serait passée avec le tournant de la rigueur à une « superfiscalité » qui écraserait les entreprises et les particuliers. En octobre 1986, l'élu de Franche-Comté quitte la commission des lois du Sénat pour celle des affaires culturelles, dont il assure la vice-présidence de l'automne 1986 à juillet 1987. Il s'y implique en particulier dans la discussion de la loi sur la liberté de communication en 1986.

Ayant échoué à créer avec Maurice Faure une liste d'union des radicaux aux élections européennes de 1984, Edgar Faure comprend la cohabitation comme une chance d'installer des relations « apaisées » entre la droite et la gauche. En 1986, il doit sa réélection comme président du Conseil régional de Franche-Comté aux voix du Front national. Le sénateur du Doubs se désolidarise peu après de l'UDF en soutenant la candidature du Premier ministre Jacques Chirac pour les présidentielles de 1988.

Edgar Faure, qui a participé à des gouvernements aux côtés de François Mitterrand comme de Jacques Chirac, est désigné pour remplacer Michel Baroin à la tête du Comité du bicentenaire de la Révolution française le 5 mars 1987. Il se donne pour ambition de faire de cette commémoration un « moment de réconciliation » de la France avec son histoire, mais disparaît avant d'avoir pu mener à bien ses nombreux projets en la matière.

Edgar Faure avait livré ses mémoires quelques années auparavant : Avoir toujours raison... c'est un grand tort en 1982, suivi de Si tel doit être mon destin ce soir... en 1984. La mort de ce « virtuose de la politique » réunit droite et gauche dans un commun hommage.

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Photo de M. Edgar FAURE, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe de la Gauche Démocratique
Etat-civil
Né le 18 août 1908
Décédé le 30 mars 1988
Profession
Avocat
Département
Doubs