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MESSAUD Léon

Ancien sénateur de la Haute-Garonne

  • Vème République

    Ancien sénateur de la
    Ve République

Election

  • Elu le 26 avril 1959
  • Réélu le 23 septembre 1962
  • Fin de mandat le 1er octobre 1971 (ne se représente pas)

Fonctions exercées au cours de ses mandats de sénateur

  • Vice-Président de la commission des affaires sociales

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des affaires sociales
  • Membre du Groupe Socialiste

Extraits de la table nominative :

Biographie

Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République

MESSAUD (Léon)

Né le 23 juin 1897 à Toulouse (Haute-Garonne)

Décédé le 4 décembre 1983 à Saubens (Haute-Garonne)

Sénateur de Haute-Garonne de 1959 à 1971

Le père de Léon Messaud était professeur au conservatoire de musique et de chant de Toulouse et il n'avait pas d'activité politique connue à la différence de ses descendants. Sa mère a été premier prix de violoncelle. Les deux parents laisseront à leur fils le goût pour l'art d'Euterpe. Léon Messaud les accompagne et il entend son père jouer à Biarritz devant le roi d'Espagne Alphonse XIII. Plus tard, il appartiendra de 1932 à 1949 au conseil d'administration de l'Ecole populaire de musique de Toulouse et il présidera plusieurs sociétés musicales et des chorales (le Conservatoire de Toulouse, la Clémence Isaure et la Toulousaine). A la tribune du Sénat, il défendra ces sociétés provinciales et une forme de culture populaire. Il est aussi membre d'autres associations locales, notamment celle des auteurs publicistes, et il préside l'Association des auteurs méridionaux. Cela comptera dans sa carrière d'élu national au même titre que sa rencontre, très jeune, avec les idées de Jean Jaurès. Avec lui, l'engagement socialiste devient une règle familiale puisque son fils unique Jacques sera le suppléant du candidat socialiste aux élections législatives de 1958 dans la troisième circonscription de Haute-Garonne.

Après être passé par les lycées de Montpellier et de Toulouse, Léon Messaud entame des études de médecine. Celles-ci sont interrompues par le Premier conflit mondial. Mobilisé en août 1914, il est versé dans le 57e régiment d'artillerie le 4 septembre 1917. Il est réformé huit semaines plus tard après avoir été gravement blessé lors de l'explosion d'un obus. Il est de nouveau incorporé en janvier 1919 dans les services médicaux régimentaires. Après la guerre, il entre dans l'administration, au secrétariat général de la préfecture de la Loire, qu'il abandonne pour entreprendre des études de droit. Devenu avocat, il s'inscrit auprès de la Cour d'appel de Toulouse. Il en est élu le bâtonnier en 1949. Mais il ne quitte guère les cadres de réserve de l'armée. Devenu sergent le 30 décembre 1931, il passe au grade de lieutenant d'administration de réserve du service de santé le 13 avril 1938. Rappelé à l'activité le 1er septembre 1939, il est renvoyé dans ses foyers le 30 novembre suivant. Il sera encore capitaine de réserve au 1er septembre 1949 puis admis à l'honorariat de son grade le 23 mai 1958. Son attitude pendant le Second conflit mondial est dénuée de toute équivoque. Il est élu en 1947 conseiller municipal de Bagnères-de-Luchon (Haute-Garonne). Il le reste jusqu'en 1953. Son investissement dans les oeuvres sociales explique son ascension politique. Président fondateur (puis président d'honneur) de la Fédération des mutilés et des invalides du travail, il plaide pour ses membres de nombreuses fois. Il oeuvre aussi pour le monde étudiant. Il participe ainsi à la création du premier restaurant universitaire toulousain. Chevalier de la Légion d'honneur au titre du ministère du travail le 29 octobre 1936, Léon Messaud devient plus tard officier du Mérite social. Retraité de son activité d'avocat, il est récompensé par le parti socialiste de son inlassable activité de militant et de ses réalisations sociales par une investiture tardive, à plus de soixante ans, pour les élections sénatoriales de 1959. Battu au second tour des élections cantonales à Leguevin le 15 mars 1964, il est un sénateur sans mandat local.

Le 26 avril 1959, les listes socialistes SFIO en Haute-Garonne obtiennent un franc succès aux élections sénatoriales. Léon Messaud passe au premier tour avec 677 voix sur 1 286 suffrages exprimés, devant des candidats communistes, de l'Union des forces démocratiques, de l'Action républicaine et démocratique et de l'Entente républicaine. Il est de nouveau élu en 1962 de manière confortable, au premier tour, avec la même étiquette. Il améliore son score (955 voix sur 1 140 suffrages exprimés).

Naturellement inscrit au groupe socialiste à partir du 30 avril 1959, il siège à la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du 6 mai au 8 octobre 1959. Il appartient ensuite à la commission des affaires sociales dont il devient le vice-président à partir du 11 octobre 1967. A ce titre, il rapporte, pour avis, le budget de la santé publique le 25 novembre 1968, les budgets des affaires sociales, de la santé publique et de la sécurité sociale le 4 décembre 1969 - crédits dont il préconise le rejet. Son activité sénatoriale ne se limite pas à cela. Il est d'abord élu juge suppléant à la Cour de justice (24 juillet 1959) puis il devient juge titulaire (21 novembre 1968). Son implication associative lui permet d'être désigné au Conseil supérieur pour le reclassement professionnel des travailleurs handicapés (28 juin 1960, 2 juillet 1963, 16 juin 1966 et 9 avril 1970) et de représenter le Sénat au sein du comité national de la vieillesse de France (29 juin 1961). Léon Messaud compte également parmi les membres de la commission de contrôle sur l'exécution du Ve Plan en matière d'équipement sanitaire et social (1969), et de la commission d'enquête sur la conception, la construction, l'aménagement et la gestion des abattoirs et du marché d'intérêt national de Paris-La Villette (1970).

Ses prises de parole régulières et continues sont brèves et courtoises et elles font peu référence à son département à l'exception d'une question orale où il demande une activité plus dynamique pour la manufacture des tabacs de Toulouse (2 avril 1966). Il se montre critique envers certains projets de loi de finances, et rapporte plusieurs textes où il fait valoir son point de vue, toujours au service des « déshérités du sort » (6 novembre 1965).

La faiblesse des crédits revient dans ses interventions lors des discussions des dispositions des projets de loi de finances relatives à la justice (cours d'appel dont Toulouse, 4 décembre 1959, administration pénitentiaire, 16 novembre 1961, traitement de magistrats, l'insuffisance des avocats et du nombre des maisons pénitentiaires, 5 novembre 1965, 18 novembre 1966 et 17 novembre 1967) et à l'insertion professionnelle des handicapés (18 novembre 1960, 20 novembre 1961, 1er février et 20 novembre 1963, 16 novembre 1964). Il demande en outre la réversion des pensions aux veuves de mutilés du travail (16 novembre 1964 et 18 novembre 1966) et l'amélioration des minima sociaux (vieillesse, 16 novembre 1961, 4 février et 18 novembre 1963, 24 novembre 1964, aveugles et grands infirmes, 18 novembre 1963). Il est même novateur lorsqu'il propose la création de villages-retraites (24 novembre 1964).

Léon Messaud n'oublie pas non plus la protection des sociétés musicales. Il plaide en faveur d'une aide de l'Etat pour les théâtres lyriques municipaux - en particulier celui du Capitole à Toulouse - (4 décembre 1959, 25 novembre 1960, 10 novembre 1965 et 4 décembre 1969) et pour les orchestres symphoniques municipaux (discussion du budget de l'ORTF le 26 novembre 1964).

Derrière ces interventions toujours mesurées, le sénateur de la Haute-Garonne critique la politique de grandeur du pouvoir gaulliste, décrit comme arbitraire (5 novembre 1965) et dédaigneux des besoins des plus faibles à la veille de la première élection du président de la République au suffrage universel : « Que l'année 1966 [soit] enfin, avec l'abandon d'une politique de grandeur et de prestige que je considère comme absolument vaine et qui n'a que trop duré, une véritable année sociale » (6 novembre 1965). Il vote néanmoins pour la loi autorisant le Gouvernement à prendre certaines mesures relatives au maintien de l'ordre, à la sauvegarde de l'Etat, à la pacification et à l'administration de l'Algérie (3 février 1960, et pour la loi portant réforme des régimes matrimoniaux (11 mai 1965).

Le travail sénatorial de Léon Messaud est particulièrement mis en valeur lorsqu'il rapporte au nom de la commission des affaires sociales. Il fait adopter, entre autres, le projet de loi relatif au reclassement des travailleurs handicapés et à l'emploi obligatoire des mutilés de guerre le 27 octobre 1960, le projet de loi relatif à l'indemnisation de certaines victimes d'accidents du travail ou de maladies professionnelles le 16 juin 1966, la proposition de loi relative à l'assurance volontaire vieillesse des avocats français exerçant à l'étranger le 17 octobre 1968. Son grand oeuvre reste toutefois le dépôt et la défense de plusieurs amendements lors de la discussion de la proposition de loi relative à la régulation des naissances et à l'usage des contraceptifs débattue en première lecture le 5 décembre 1967. Il rapporte ce texte et il en tire une petite brochure.

En 1971, arguant de raisons de santé et âgé de près de soixante-quinze ans, Léon Messaud ne sollicite pas le renouvellement de son mandat de sénateur et se retire de la vie politique. Il continue cependant d'oeuvrer dans le milieu social en tant qu'inspecteur de prisons et qu'administrateur de l'hôpital Marchant à Toulouse. Il décède le 4 décembre 1983 à la maison de retraite de Saubens où il s'était retiré depuis six ans. Ses obsèques sont célébrées dans la plus stricte intimité.

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Photo de M. Léon MESSAUD, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe Socialiste
Etat-civil
Né le 23 juin 1897
Décédé le 4 décembre 1983
Profession
Avocat
Département
Haute-Garonne