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MORICE André

Ancien sénateur de la Loire-Atlantique

  • Vème République

    Ancien sénateur de la
    Ve République

Election

  • Elu le 26 septembre 1965
  • Réélu le 22 septembre 1974
  • Fin de mandat le 2 octobre 1983 (ne se représente pas)

Fonctions antérieures

  • Ministre
  • Député

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées
  • Membre du Groupe de la Gauche Démocratique

Extraits de la table nominative :

Biographie

Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République

MORICE (André, Emile, Simon)

Né le 11 octobre 1900 à Nantes (Loire-Inférieure)

Décédé le 17 janvier 1990 à Paris

Député de la Loire-Atlantique de 1945 à 1958

Sous-secrétaire d'Etat à l'enseignement technique du 26 novembre 1947 au 25 juillet 1948

Secrétaire d'Etat à l'enseignement technique et aux sports du 11 septembre 1948 au 29 juin 1950 puis du 12 juillet 1950 au 10 août 1951

Ministre de l'Education nationale du 9 au 12 juillet 1950

Ministre de la Marine marchande du 10 août 1951 au 8 mars 1952

Ministre des travaux publics, des transports et du Tourisme du 8 mars 1952 au 28 juin 1953

Ministre du Commerce et de l'Industrie du 23 février 1955 au 24 janvier 1956

Ministre de la Défense nationale et des forces armées du 12 juin au 5 novembre 1957

Sénateur de la Loire-Atlantique de 1965 à 1983

(Voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1940-1958, tome V, p. 481-186)

Candidat aux élections législatives de novembre 1958 dans la 5e circonscription de la Loire-Atlantique, André Morice est défait au second tour par le candidat du Mouvement républicain populaire (MRP) Bernard Lambert. Le 30 novembre 1958, ce dernier obtient 48,4% des suffrages exprimés, contre 47,4% pour André Morice et 4,2% pour le communiste Auguste Mousson. Le nom d'André Morice, ministre de la Défense pendant la bataille d'Alger, est alors lié à la cause de l'Algérie française. Il participe avec Georges Bidault, Robert Lacoste et Jacques Soustelle au premier des colloques de Vincennes en 1960. André Morice préside depuis sa création le Centre républicain, qui rassemble ceux des radicaux qui ont quitté la place de Valois en 1956-1957. Quoiqu'il ait dirigé une entreprise de travaux publics à Nantes depuis 1931, il n'y était guère implanté sous la IVe République. C'est pourtant une victoire municipale qui relance sa carrière politique : il est en effet élu maire de Nantes en mars 1965. Opposant résolu au général de Gaulle, il se pose volontiers en rassembleur dans sa ville et, plus largement, dans son département de Loire-Atlantique. Il se présente aux élections sénatoriales du 26 septembre 1965 en candidat isolé mais remporte une victoire aisée, dès le 1er tour, avec 985 voix sur 1 656 suffrages exprimés (59,5%).

André Morice s'inscrit au groupe de la Gauche démocratique du Sénat. Il siège d'abord à la commission des affaires économiques et du plan avant de rejoindre, dès octobre 1966, celle des affaires étrangères, de la défense nationale et des forces armées. Il reste fidèle à cette commission jusqu'en 1983. Le sénateur de la Loire-Atlantique aborde principalement trois thèmes dans ses interventions : l'aménagement du territoire, l'éducation (en particulier l'enseignement technique) et la défense nationale. Il craint que la création des villes nouvelles n'affaiblisse les efforts consentis par l'Etat en faveur des « métropoles d'équilibre », c'est-à-dire des grandes villes de province choisies par le Plan comme pôles de développement régional (séance publique du 17 novembre 1965) et observe avec inquiétude, lors de la séance du 20 novembre 1967, que « la décentralisation industrielle connaît [...] un ralentissement marqué, qui appelle un effort supplémentaire de l'Etat ». Il déplore que certains ministères opposent « une véritable force d'inertie » à la décentralisation administrative (1er décembre 1970). André Morice vote contre la création des régions (29 juin 1972), au motif que le transfert de compétences ne s'accompagne pas « du transfert, de l'Etat à la région, de la totalité des ressources nécessaires à leur exercice » (30 mai 1972). Il est également partisan de l'inclusion de la Loire-Atlantique dans la région « Bretagne ».

L'ancien ministre ne manque aucune occasion de rappeler que la politique menée dans les années 1960 et 1970 en faveur de la formation professionnelle se situe « dans la ligne d'action de la troisième et quatrième républiques » (27 octobre 1966). Il prête en effet aux gouvernements de la Ve République ce travers, de prétendre que rien n'avait été accompli en ce domaine avant le changement de régime (17 juin 1971). Très critique à l'égard de la politique extérieure gaullienne, il condamne l'abandon des bases militaires de Bizerte (Tunisie) et de Mers-el-Kébir (Algérie), situées dans une « partie [...] du globe où se déroulent des événements majeurs pour la paix du monde » (7 novembre 1967).

Il plaide pour un rapprochement des « libéraux » et des « socialistes » dans les années 1960. Cette alliance a pour lui un préalable : que la gauche modérée tourne le dos à tout projet d'alliance avec le Parti communiste. Après avoir mené campagne pour le « non » au référendum sur la régionalisation et la réforme du Sénat (27 avril 1969), André Morice apporte son soutien à Alain Poher au 1er tour de l'élection présidentielle de juin 1969. Le président du Centre républicain essaie de rompre l'isolement de la formation qu'il préside en se rapprochant du mouvement « Progrès et Liberté » de Jacques Soustelle et du Parti libéral européen de Jean-Paul David au début des années 1970. C'est finalement avec le Parti radical, le Centre démocrate et le Parti social-démocrate des anciens socialistes Emile Muller et Max Lejeune que le Centre républicain s'associe en novembre 1971, pour former le Mouvement réformateur.

Réélu maire de Nantes en 1971, André Morice sollicite le renouvellement de son mandat de sénateur le 22 septembre 1974. Il remporte un succès moins net que neuf ans plus tôt (50,6% contre 59,5%), mais est réélu dès le 1er tour. Ce léger effritement tient peut-être à ce qu'André Morice, membre de la majorité depuis la victoire de Valéry Giscard d'Estaing aux élections présidentielles, ne peut plus espérer rallier les suffrages de gauche. L'âge avancé de l'ancien ministre a également pu dissuader certains grands électeurs.

André Morice est très présent au Sénat jusqu'à la fin 1981. A l'automne 1977, il défend, en qualité de rapporteur, une proposition de loi tendant à accorder une protection particulière aux enfants de certains militaires tués ou blessés accidentellement en temps de paix. André Morice demeure passionné par les problèmes d'aménagement du territoire malgré sa défaite aux municipales de 1977 à Nantes. Il regrette que les « départements de l'Ouest soient assez défavorisés » en termes d'infrastructures routières ou ferroviaires (9 décembre 1977) mais salue cependant le soutien qu'apporte la DATAR (direction de l'aménagement du territoire et de l'action régionale) aux initiatives des élus de la région ligérienne (9 décembre 1979). Le sénateur de Loire-Atlantique attire à plusieurs reprises l'attention de l'exécutif sur les difficultés que connaît à cette époque la construction navale en France.

André Morice ne prend pas part au vote sur la légalisation de la contraception médicamenteuse (5 décembre 1967). Il approuve la loi sur l'interruption volontaire de grossesse (20 décembre 1974) comme la création du divorce par consentement mutuel (18 juin 1975). Il se prononce en faveur de la loi « sécurité et liberté » le 19 décembre 1980. Il soutient la loi Defferre sur la décentralisation, mais dans une version profondément modifiée par le Sénat (26 janvier 1982).

L'ancien ministre ne prend plus la parole au Palais du Luxembourg pendant ses deux dernières années de mandat. Il ne se représente pas aux élections sénatoriales de 1983. A sa mort, en janvier 1990, la plupart des hebdomadaires nationaux insistent sur l'engagement en faveur de l'Algérie française de celui qui s'était toujours défini lui-même comme un « centriste ».

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Photo de M. André MORICE, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe de la Gauche Démocratique
Etat-civil
Né le 11 octobre 1900
Décédé le 17 janvier 1990
Profession
Chef d'entreprise
Département
Loire-Atlantique