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RESTAT Etienne

Ancien sénateur de Lot-et-Garonne

Election

  • Elu le 26 avril 1959
  • Réélu le 26 septembre 1965
  • Fin de mandat le 30 novembre 1971 (décédé)

Fonctions exercées au cours de ses mandats de sénateur

  • Vice-Président de la commission des affaires économiques

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des affaires économiques
  • Membre du Groupe de la Gauche Démocratique

Extraits de la table nominative :

Biographie

1940-1958  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)
Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République

RESTAT (Daniel, Etienne)

Né le 23 mai 1898 à Casseneuil (Lot-et-Garonne)

Décédé le 30 novembre 1971 à Casseneuil (Lot-et-Garonne)

Sénateur du Lot-et-Garonne de 1948 à 1971

Etienne Restat est réélu maire de Casseneuil en mars 1959. Il sollicite le renouvellement de son mandat de sénateur du Lot-et-Garonne quelques semaines plus tard et figure en seconde position sur la liste « des candidats appartenant au groupe de la Gauche démocratique du Sénat », que conduit l'ancien ministre Jacques Bordeneuve. Etienne Restat remporte un succès confortable dès le premier tour, en rassemblant 443 voix de grands électeurs sur 780. Ce résultat est cependant moins flatteur que celui des élections sénatoriales précédentes, en juin 1955.

Fidèle au groupe de la Gauche démocratique, il rejoint la commission des affaires économiques et du Plan du Sénat au début de la Ve République. Il en assure la vice-présidence de 1959 à 1970. Etienne Restat est en outre délégué à l'Assemblée unique des Communautés européennes de 1959 à 1965. Cet ancien président de la commission de l'agriculture au Sénat consacre l'essentiel de ses interventions aux problèmes qui intéressent le monde rural, en s'opposant à la politique des gouvernements Debré puis Pompidou. Il s'exprime au nom du groupe de la Gauche démocratique, le 12 novembre 1959, lorsqu'il estime que « la vie intérieure nationale serait faussée si l'agriculture ne retrouvait pas rapidement la place prépondérante qui doit être la sienne ». Etienne Restat s'en prend d'abord à la forme, c'est-à-dire à l'élaboration de la politique agricole, qui semble ne plus dépendre désormais que de l'exécutif. Soucieux de ne pas « passionner le débat » inutilement, il n'en insiste pas moins, dans un second temps, sur trois problèmes de fond : la « distorsion de plus en plus accentuée entre les prix industriels et les prix agricoles », l'écart « entre le prix de vente des denrées agricoles et le prix auquel ces mêmes denrées doivent être payées par le consommateur » enfin les risques que ferait peser une « libération anticipée des échanges » dans le cadre de la politique agricole commune. Le 5 septembre 1961, il dénonce à nouveau les « manoeuvres dilatoires du Gouvernement » ; ce dernier juge irrecevable une proposition de loi relative à la fixation des prix d'objectif de certains produits agricoles, que le sénateur de l'Aisne René Blondelle et plusieurs de ses collègues ont déposée. Etienne Restat invite à considérer le texte comme « un geste d'apaisement » face à « la détérioration du climat politique » » et au « malaise grave qui règne dans le monde agricole ».

Le sénateur du Lot-et-Garonne regrette que l'attitude du pouvoir gaulliste à l'égard du Parlement condamne les élus de la Nation à l'inefficacité : il ne leur reste plus dès lors comme possibilité que d'« informer » et de « prendre date », à défaut d'espérer « infléchir la volonté » de l'exécutif (15 novembre 1963). Auteur de quatre questions orales relatives à des catastrophes naturelles (inondations, sécheresse, incendies) entre 1959 et 1963, Etienne Restat est désigné par la commission des affaires économiques et du Plan comme rapporteur lorsque le projet de loi organisant un régime de garantie contre les calamités agricoles arrive en discussion au Sénat. Il souhaite notamment que le texte soit modifié afin de permettre de couvrir immédiatement les pertes de récoltes par l'intermédiaire de prêts du Crédit agricole. La version soumise à la Haute assemblée induit en effet que « des délais assez longs, pouvant atteindre quatorze mois, ser?aie?nt nécessaires pour que le sinistré puisse percevoir son indemnité » (16 juin 1964). A partir de 1963, le maire de Casseneuil préside la Société d'exploitation des marchés d'intérêt national du Lot-et-Garonne. Il consacre une attention particulière, dans son activité législative, à deux productions importantes pour son département d'élection : le tabac et les fruits et légumes.

Etienne Restat se montre un opposant plus ferme que son collègue Jacques Bordeneuve à la politique du général de Gaulle. Il refuse ainsi de prendre part au vote sur les pouvoirs spéciaux demandés par le Gouvernement pour rétablir l'ordre en Algérie au lendemain de la semaine des barricades (3 février 1960. Il approuve toutefois la réforme des régimes matrimoniaux (11 mai 1965). Le maire de Casseneuil est réélu sénateur du Lot-et-Garonne grâce au soutien de 567 grands électeurs sur 785 au premier tour, le 26 septembre 1965.

Toujours préoccupé par « l'aspect social de la crise agricole », il note que « les prix agricoles n'assurent pas aux agriculteurs un revenu suffisant pour leur donner la parité inscrite dans la loi d'orientation » et craint que « la croissance de l'endettement individuel des agriculteurs et de la charge d'amortissement des prêts qui leur [ont été] consentis » ne freinent « à plus ou moins long terme le financement des équipements agricoles » (24 octobre 1967). Etienne Restat préconise de soutenir les prix agricoles, d'organiser les marchés et d'orienter les productions pour faire face à la concurrence européenne et internationale tout en assurant aux exploitants un revenu décent. Réaliste, il reconnaît que si la politique qu'il recommande venait à échouer, il faudrait « bien se résoudre à l'assainissement [du] marché intérieur, tant par l'arrachage des plantations donnant de mauvais fruits [...] que par la mise en réserve des terres les moins productives » (2 décembre 1968). Le 19 mai 1970, il consacre sa dernière intervention au Sénat à la parité entre l'agriculture et les autres activités économiques. Prévue par la loi d'orientation agricole du 5 août 1960, elle n'est, selon lui, toujours pas atteinte presque dix ans plus tard. Cette remarque d'ordre général l'amène à suggérer au Gouvernement d'amender sa politique agricole. Plutôt que d'envisager de réduire la production de lait, il propose de « la mettre à disposition de ceux qui souffrent de malnutrition et n'ont pas les moyens » d'en acheter, c'est-à-dire des pays qu'on regroupe alors sous l'appellation de « Tiers monde ». Il convient d'après lui d'encourager la production de blé dur et de maïs en France et d'y transformer plus généralement les céréales brutes en produits élaborés. Etienne Restat s'exprime par ailleurs en faveur de la légalisation de la contraception médicamenteuse (5 décembre 1967).

Le sénateur radical, qui a perdu son mandat de conseiller général de Cancon lors des élections cantonales de l'automne 1967, meurt des suites d'une longue maladie, le 30 novembre 1971. Il avait pris la parole à 39 reprises en séance publique, déposé 5 propositions de lois et 14 questions orales avec ou sans débat entre 1959 et 1971.

Etienne Restat était titulaire de la Croix de guerre 1914-1918 et du Mérite agricole.

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Photo de M. Etienne RESTAT, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe de la Gauche Démocratique
Etat-civil
Né le 23 mai 1898
Décédé le 30 novembre 1971
Profession
Agriculteur
Département
Lot-et-Garonne