Mme Elsa Schalck, sénatrice (LR - Bas-Rhin) a présidé la réunion du Réseau des jeunes parlementaires de l’APF, qui s’est tenue en ligne le 6 mars 2025. Etaient représentées les sections suivantes : Bénin, Cambodge, Canada, Congo, France, Québec, République démocratique du Congo, Rwanda, Wallis et Futuna, Wallonie/Bruxelles. 

Cette réunion au format virtuel est la première réunion inter-sessionnelle en ligne du Réseau. Cette innovation a pour objectif d’entretenir davantage, au cours de l’année, les liens entre les jeunes parlementaires mais sans se substituer à la réunion de printemps (prévue e, 2025, à Québec du 19 au 21 mai).

Un tour de présentation a permis à chaque parlementaire de présenter sa section et la place des jeunes parlementaires au sein de celle-ci. Mme Elsa Schalck a précisé qu’en France, à l’Assemblée nationale, sur 577 députés, 145 députés ont moins de 40 ans. Au Sénat, parmi les 348 sénateurs, 15 sénateurs ont moins de 40 ans. Dans la section française de l’APF, il y a 24 jeunes parlementaires, 20 sont députés et 4 sont sénateurs.
Puis, le premier vice-président, M. Yves Moundélé Ngollo Ehourossia, député de la République du Congo a dressé un rapide compte rendu de la réunion du Bureau de l’APF, qui s’est tenue à Can Tho, au Vietnam, en janvier et où il représentait le Réseau. Outre la présentation des activités du Réseau en 2024 qu’il a faite, le vice-président a relevé l’appréciation positive portée sur le travail sur la mobilité citoyenne francophone, qui a servi de base à l’avis que le président de l’APF a présenté lors du Sommet de la Francophonie à Paris et Villers-Cotterêt en octobre 2024.
Mme Elsa Schalck et Mme Madwa-Nika Cadet, députée québécoise et vice-présidente du Réseau des jeunes parlementaires de l’APF, ont ensuite présenté la réunion de printemps à Québec. Outre des travaux sur la parentalité des jeunes parlementaires, l’employabilité des jeunes et la mobilité des chercheurs francophones, cette session sera marquée par une séance de travaille conjointe avec le Réseau des femmes parlementaires de l’APF. Les sujets retenus pour celle-ci sont le mentorat et les politiques de quotas. 

Les parlementaires ont ensuite échangé sur le rôle des jeunes parlementaires dans la lutte contre les changements climatiques. Mme Elsa Schalck, présidente, a développé trois aspects de la question : le rôle essentiel que jouent les parlementaires dans l’éducation et la pédagogie pour sensibiliser les jeunes à la nécessité de protéger la nature et de faire face aux défis qui sont devant nous ; un rapport adopté par le parlement français sur l’impact environnemental du budget de l’Etat, publié en 2021 et qui permet d‘analyser l’influence des mesures budgétaires sur l’environnement par le biais de l’évaluation des mesures budgétaires, la cohérence du budget avec les engagements climatiques, la transparence et le dialogue ; au niveau de l’APF, un corpus législatif sur le climat a été conçu afin de donner des outils adéquats aux Parlements du monde francophone pour adopter des politiques ambitieuses pour le climat.

M. Yves Moundelle Ngollo Ehourossia, vice-président, a rappelé que l’adoption en janvier de la déclaration de Cân Tho sur la coopération francophone en matière d’agriculture durable, de sécurité alimentaire et de riposte aux changements climatiques. Il a aussi mis en avant les actions du Congo en ce domaine : le 6 novembre, la commémoration de la journée de l’arbre ; l’accueil d’un Sommet des Trois bassins forestiers qui a rassemblé les pays du Bassin du Congo, de l’Amazonie, du Mékong ; l’organisation d’un Sommet sur la décennie africaine et mondiale de la forestation et du reboisement. 
M. Chandara Khut, député du Cambodge, a précisé que le parlement cambodgien a adopté des lois pour prévenir et atténuer les conséquences des changements climatiques et a ratifié l’Accord de Paris. Lors de la 16e législature, le changement climatique est devenu une priorité pour le pays et le ministère de l’environnement a élaboré la stratégie circulaire sur l’environnement 2023-2028 axé sur la propreté, l’écologie et la durabilité. 
M. Ronny Tauhavili, député de Wallis et Futuna, a souligné que pédagogie est le premier outil de lutte contre le changement climatique. Depuis 3 ans de la primaire au lycée dédié une partie du programme scolaire est dédié à la sensibilisation au réchauffement climatique. Surtout, depuis 2007, Wallis et Futuna dispose d’une stratégie climat 2007-2030 avec l’objectif d’atteindre 50% d’autonomie énergétique en 2030. Le plan alimentaire du territoire tente d’atteindre l’autosuffisance alimentaire et éviter les importations dans le domaine alimentaire afin de réduire l’empreinte carbone.

M. Loris Resinelli, député de la fédération Wallonie/Bruxelles, a insisté sur la nécessité de rendre les plus jeunes et les adolescents acteurs du changement à travers l’éducation en luttant contre la désinformation et en développant l’esprit critique par rapport aux enjeux climatiques, entre autres. La charte pour un enseignement à la hauteur de l’urgence écologique a été signé par l’ensemble des réseaux d’enseignement et unn plan d’action 2025-2028 est en cours d’adoption. Une journée d’échange avec des jeunes francophones belges et européens sous l’égide du Bureau international de la Jeunesse (BIJ) aura lieu en mai 2025. Il a toutefois regretté que seulement 12,5% des master et 6% des cursus en haute école traitent des questions de développement durable de manière approfondie.

M. René Cormier, sénateur du Canada, a précisé que le pays a adopté au niveau national la Résolution de l’Assemblée générale Nations Unies reconnaissant le droit à un environnement propre, sain et durable, et le lien entre les changements climatiques et les droits de la personne. En 2023, le Canada a reconnu le droit à un environnement sain au niveau fédéral en modifiant sa loi sur la protection de l’environnement. Néanmoins, Mme Laila Goodridge, députée du Canada, relève qu’à travers les crises du coût de la vie, les jeunes de sa circonscription sont moins intéressés par les problématiques climatiques. Il y a un changement dans les préoccupations. Mme Madwa-Nika Cadet confirme cette tendance au Québec, où la génération Z est éco-anxieuse mais subit également une fatigue climatique. Le Québec est en train d’étudier un projet de loi sur la gouvernance énergétique des 25 prochaines années basée sur la sobriété et l’efficacité énergétique. 

En conclusion, Mme Elsa Schalck a rappelé que ce sujet fera l’objet d’un suivi à la réunion de Québec par le biais une formation proposée aux parlementaires et conduite par l’Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD).