Une délégation de six parlementaires, composée de M. Xavier Iacovelli, sénateur des Hauts-de-Seine, président du groupe français de l’UIP, Mmes Gisèle Jourda, sénatrice de l’Aude, Annick Petrus, sénatrice de Saint-Martin, Véronique Riotton, députée de la Haute Savoie et Marie-Noëlle Battistel, députée de l’Isère, vice-présidentes, ainsi que Mme Farida Amrani, députée de l’Essonne, s’est rendue à Londres, au Palais de Westminster, le mardi 9 décembre 2025, à l’invitation du groupe britannique de l’UIP, présidé par M. Fabian Hamilton, député de la circonscription de Leeds North East.
Cette visite était initialement prévue en juin 2024 pour célébrer le 135e anniversaire de la création de l’UIP par le député français Frédéric Passy et le député britannique William Randal Cremer. Elle avait été reportée en raison de l’organisation concomitante d’élections législatives en France et au Royaume-Uni.
Tout au long de la journée, la délégation s’est entretenue avec de nombreux parlementaires britanniques membres de la Chambre des Communes et de la Chambre des Lords, représentant différentes sensibilités politiques. M. Ben Lake, président du groupe d’amitié entre le Royaume-Uni et la France, a également participé à ces échanges.
Ceux-ci ont tout d’abord porté sur les suites du Brexit, dont la France et le Royaume-Uni apparaissaient comme les grands perdants, et sur le « reset » des relations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. Il s’est traduit, lors du Sommet qui s’est tenu à Londres le 14 mai 2025, par la signature d’un partenariat de sécurité et de défense et par le lancement de négociations dans un certain nombre de domaines : mobilité des jeunes (retour du Royaume-Uni dans le programme Erasmus), électricité, contrôles sanitaires et phytosanitaires…. Les parlementaires britanniques ont souligné l’importance pour le Royaume-Uni d’obtenir rapidement des avancées concrètes pour convaincre l’opinion publique du bénéfice de ce rapprochement avec l’UE. Insistant sur l’aspiration de leur pays à participer à la défense européenne, ils ont fait part de leur déception que, dans le contexte de la menace russe et du désengagement américain, il n’ait pas pu intégrer le programme de réarmement du continent SAFE (Security Action for Europe), du fait du montant élevé de la contribution qui lui était demandée.
Les parlementaires ont échangé sur la manière dont leurs opinions publiques respectives percevaient l’effort de défense, notamment au regard des contraintes budgétaires affectant les autres politiques publiques. Les parlementaires britanniques ont fait valoir le fort soutien du peuple britannique à l’égard de l’Ukraine mais aussi son refus d’envisager la guerre, un positionnement que l’on retrouve aussi en France. Ils ont insisté sur l’obligation qu’avait le gouvernement d’apporter des réponses concrètes aux problèmes de la population dans le contexte de la progression du parti d’extrême droite Reform UK. Ils ont exprimé leur préoccupation à l’égard des campagnes de désinformation et des tentatives d’ingérence étrangère dans les processus électoraux. Plusieurs parlementaires français et britanniques ont conclu qu’il était indispensable de renforcer l’effort de défense pour dissuader la Russie, qui mène une guerre idéologique et culturelle contre les démocraties européennes. D’autres ont cependant regretté que l’augmentation des dépenses de défense se fasse au détriment des budgets d’aide au développement, qui contribuent pourtant à la sécurité et à la stabilité.
Enfin, les deux délégations ont évoqué la situation au Moyen-Orient, se félicitant de la démarche commune par laquelle la France et le Royaume-Uni ont reconnu l’État de Palestine. Elles ont insisté sur la nécessité de permettre l’acheminement sans entrave de l’aide humanitaire et de garantir l’accès aux services de base à Gaza, sans oublier la Cisjordanie.
La délégation française effectué une visite du Palais de Westminster conduite et commentée par M. Fabian Hamilton. Elle a pu ainsi appréhender le fonctionnement des deux chambres et assisté à un débat en séance publique à la Chambre des Communes.