Mercredi 10 décembre, sous la présidence de M. Yan Chantrel (SER – Français établis hors de France), président, le groupe interparlementaire d’amitié France-Canada s’est entretenu avec Mme Laurence Deschamps-Laporte, directrice de recherche au centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (CÉRIUM) et ancienne conseillère de trois ministres des affaires étrangères canadiens.

Étaient également présents : M. Louis-Jean de Nicolay (LR – Sarthe), Mme Viviane Artigalas (SER – Hautes-Pyrénées), M. David Ros (SER – Essonne), Mme Dominique Vérien (UC – Yonne) et M. Dany Wattebled (LIRT – Nord).
Mme Laurence Deschamps-Laporte a présenté en introduction les trois principales évolutions de la politique étrangère canadienne observables depuis le retour à la Maison-Blanche du président américain Donald Trump : la priorité claire accordée aux enjeux économiques, associée à une moins importante mise à l’agenda d’autres thématiques jusqu’alors fortement investies par Ottawa telles que le climat ou la diplomatie féministe, la nouvelle concentration des décisions de politique étrangère dans les mains du Premier ministre ainsi que l’effort important fait en faveur des dépenses militaires. 

Les débats ont ensuite permis d’évoquer l’ensemble des enjeux de la relation franco-canadienne, dans un contexte international fortement déstabilisé depuis la réélection de Donald Trump. 
M. Yan Chantrel, président, a tout d’abord interrogé Mme Laurence Deschamps-Laporte sur les réactions de l’opinion publique canadienne aux propos offensifs tenus à leur égard par le président des Etats-Unis et aux droits de douane qui imposés à leur pays. Si une hostilité certaine a pu être observée dans les premiers mois de son second mandat, celle-ci semble avoir récemment reflué, du fait notamment de l’effacement des velléités de création par le président Trump d’un éventuel 51e État canadien. 

Mme Dominique Vérien a ensuite abordé la question du recul de la diplomatie féministe dans la politique étrangère canadienne. Si celui-ci ne fait pas débat, compte tenu de la priorité accordée aux enjeux économiques, la diplomatie féministe continue à être défendue par Ottawa. L’enjeu est désormais celui de l’enrichissement de cette notion afin qu’elle puisse garder sa place sur la scène internationale.

M. David Ros a exprimé son étonnement face à l’absence relative de réaction de l’opinion publique canadienne face à l’augmentation programmée des dépenses militaires. Si elle est traditionnellement moins sensible qu’en France aux enjeux de politique étrangère, il n’est toutefois pas exclu que des oppositions puissent se structurer à moyen terme face à cet engagement aussi important qu’inédit dans le domaine militaire. En l’état, celui-ci est principalement abordé sous un prisme économique.

M. Louis-Jean de Nicolaÿ a ensuite abordé la question de la faible pénétration de l’industrie automobile française sur le marché canadien. Celle-ci s’explique principalement par la prégnance du pôle industriel de Detroit et du Sud de l’Ontario, dont le fonctionnement largement transfrontalier le rend peu accessible à des acteurs extérieurs.

En conclusion, M. David Ros a interrogé Mme Laurence Deschamps-Laporte sur les enjeux d’attractivité du Québec pour les étudiants français. S’ils sont encore représentés en nombre dans les universités de la province, on constate néanmoins une baisse importante des demandes d’admission sur la période récente. La question de l’accueil des étudiants français va donc sans nul doute prendre de l’importance dans les mois à venir.   

De gauche à droite, M. Louis-Jean De Nicolaÿ, M. David Ros, Mmes Viviane Artigalas, Dominique Vérien et Laurence Deschamps-Laporte, M. Yan Chantrel
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M. Nicolas SIMOULIN
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