Mardi 6 janvier 2026, sous la présidence de Mme Hélène CONWAY-MOURET (Socialiste, Écologiste et Républicain – Français établis hors de France), présidente, le groupe d’amitié France-Caraïbes a auditionné l’ensemble des ambassadrices et ambassadeurs de France dans les pays de la Caraïbe :

  • Mme Sonia BARBRY, ambassadrice de France en République dominicaine ;

  • Mme Marie-Noëlle DURIS, ambassadrice de France auprès des États de la Caraïbe orientale, de la Barbade et de l’Organisation des États de la Caraïbe orientale (OECO) ;

  • M. Antoine MICHON, ambassadeur de France en Haïti ;

  • M. Guillaume PIERRE, ambassadeur de France à Trinité-et-Tobago ;

  • M. Olivier PLANçON, ambassadeur de France auprès de la République du Guyana et ambassadeur accrédité auprès de la Communauté des Caraïbes (CARICOM) ;

  • M. Raphaël TRANNOY, ambassadeur de France à Cuba ;

  • Mme Marianne ZISS, ambassadrice de France en Jamaïque.

étaient également présents : Mme Sophie BRIANTE GUILLEMONT (Rassemblement Démocratique et Social Européen – Français établis hors de France), M. Sébastien FAGNEN (SER – Manche), M. Stéphane PIEDNOIR (Les Républicains – Maine-et-Loire), Mme Olivia RICHARD (Union Centriste – Français établis hors de France), M. Mickaël VALLET (SER – Charente-Maritime) et M. Dany WATTEBLED (Les Indépendants - République et Territoires – Nord).

Les échanges ont permis d’évoquer les points saillants de la relation bilatérale avec chacun des pays de la zone.

La République Dominicaine conserve une relation très étroite avec les Etats-Unis, notamment du fait de la forte communauté dominicaine présente dans le pays (2,5 millions de personnes), dont les transferts de fonds contribuent à hauteur de 10 % à son PIB. La France est cependant très présente également, notamment dans le secteur touristique et dans celui des infrastructures.

Si les petits États de la Caraïbe orientale restent totalement dépendants des Etats-Unis, la France jouit d’une très bonne image, notamment en matière commerciale et de coopération policière et judiciaire.

Le Guyana, État voisin du Venezuela, est un allié des Etats-Unis pour sa politique régionale. Le pays est cependant très attaché au respect du droit international. Ainsi, pendant les deux années au cours desquelles il a siégé au Conseil de sécurité des Nations Unies, le Guyana a souvent adopté une position en phase avec celle de la France. Cette dernière est par ailleurs le seul pays de l’Union européenne à disposer d’une ambassade au Guyana, inaugurée le 3 octobre 2025.

La Jamaïque présente la particularité d’avoir une population aussi nombreuse aux Etats-Unis et au Canada que sur son territoire (3 millions de personnes). Il en découle naturellement une relation très étroite avec les Etats-Unis, premier fournisseur d’aide au développement et particulièrement engagé à la suite de l’ouragan Mélissa qui a détruit 41 % de l’île en octobre 2025. Plusieurs grandes entreprises françaises ont investi en Jamaïque et sont soutenues par le groupe Proparco, filiale de l’Agence française de développement (AFD) accordant des prêts au secteur privé. La Jamaïque fait preuve également d’un rayonnement particulier dans la Caraïbe, tant sur le plan culturel – dans le domaine de la musique notamment – qu’en matière universitaire – en tant que centre régional de la University of West Indies.

Cuba fait face à une crise économique majeure, principalement due à l’embargo américain et aux sanctions appliquées aux Etats-Unis contre les entreprises étrangères qui commercent avec l’ile. Fuyant une économie exsangue, de nombreux Cubains ont émigré vers l’Espagne et les Etats-Unis, dans un mouvement plus marqué depuis trois ans. La France est un interlocuteur privilégié pour Cuba de par sa capacité à défendre le multilatéralisme et les intérêts du Sud global. 

à Trinité-et-Tobago, la présence des Etats-Unis est particulièrement forte. Néanmoins la France occupe une place importante et peut se positionner comme un interlocuteur précieux dans le cadre de la lutte contre le narcotrafic, dans le contexte particulier de la très forte augmentation des flux de cocaïne.

En Haïti, la situation reste marquée par l’emprise des gangs et l’instabilité politique qui en découle. Le mandat du Conseil présidentiel de transition arrivera à son terme le 7 février 2026, sans qu’il ne soit parvenu à améliorer la situation sécuritaire et à organiser des élections. Beaucoup est attendu de la nouvelle Force de répression des gangs créée par une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies du 30 septembre 2025, qui doit permettre le déploiement de 5 500 soldats et policiers d’ici la fin de l’année 2026. La coopération bilatérale entre la France et Haïti est également très étroite en matière de sécurité. Ainsi, la France est le seul pays à envoyer des policiers d’active dans le pays (forces de l’unité d’intervention de la police nationale – RAID – et de l’office antistupéfiants – OFAST – notamment).

Une large part des débats a également été consacrée aux conséquences de l’intervention américaine au Venezuela, au cours de laquelle le président Nicolas MADURO et son épouse ont été capturés dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026 et transférés à New York pour y être jugés. Cette opération, menée en violation du droit international, marque un retour à une politique interventionniste sur le continent latinoaméricain, avec un impact potentiellement fort sur les États de la Caraïbe. 

De gauche à droite : M. Sébastien FAGNEN, Mme Sophie BRIANTE GUILLEMONT, M. Raphaël TRANNOY, Mme Marie-Noëlle DURIS, MM. Mickaël VALLET, Stéphane PIEDNOIR et Antoine MICHON, Mme Marianne ZISS, MM. Guillaume PIERRE et Dany WATTEBLED, Mmes Hélène CONWAY-MOURET et Sonia BARBRY et M. Olivier PLANÇON
De gauche à droite : M. Sébastien FAGNEN, Mme Sophie BRIANTE GUILLEMONT, M. Raphaël TRANNOY, Mme Marie-Noëlle DURIS, MM. Mickaël VALLET, Stéphane PIEDNOIR et Antoine MICHON, Mme Marianne ZISS, MM. Guillaume PIERRE et Dany WATTEBLED, Mmes Hélène CONWAY-MOURET et Sonia BARBRY et M. Olivier PLANÇON
Contact :

Mme Charlotte DAMMANE
01.42.34.44.65– Courriel : c.dammane@senat.fr