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Extrait des débats relatifs à la loi du 28 mars 1882 sur l'enseignement primaire obligatoire : La morale laïque

A ceux qui s'interrogent sur cet objet mal défini, Jules Ferry répond, le 10 juin 1881 : « Nous disons que l'instituteur enseignera quoi ? Une théorie sur le fondement de la morale ? Jamais, messieurs, mais la bonne vieille morale de nos pères, la nôtre, la vôtre, car nous n'en avons qu'une. » Il ajoute, le 2 juillet : « La vraie morale, la grande morale, la morale éternelle, c'est la morale sans épithète. »

 Le vicomte de Lorgeril rejette quant à lui cette « morale sans-culotte ». Quelques jours auparavant (2 juin), il prédisait la déchéance morale de la société : « Chacun veut conquérir la part la plus grande des jouissances matérielles qu'il a sous les yeux et si l'instruction reçue vient en aide à l'avidité naturelle à l'homme, si enfant, il n'a pas été prémuni par la ferme croyance en un Dieu juste qui punit et qui récompense [...] qu'arrivera-t-il ? Assurément l'enfant, devenu jeune homme, sera bien disposé à risquer une vie souvent terne et pleine de privations pour s'emparer violemment des richesses derrière lesquelles il voit ces joies, ces voluptés, ces fêtes que rêve son imagination surexcitée. »