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Groupe France-Bulgarie

Entretien avec Mme Iliana IOTOVA, vice-présidente de la République de Bulgarie


29 juin 2021

 

Réuni le 29 Juin 2021 sous la présidence de M. Loïc HERVÉ (Haute-Savoie – Union Centriste), le groupe d’amitié France-Bulgarie s’est entretenu avec Mme Iliana IOTOVA, vice‑présidente de la République de Bulgarie. Elle était accompagnée de S.E. M. Nikolay MILKOV, ambassadeur de Bulgarie en France, et de Mmes Nadia MLADENOVA, chef du cabinet de la Vice‑Présidente, Kristiela SIMEONOVA, responsable médias, et Kamelia KIRILOVA, responsable du protocole.

Étaient en outre présents : M. Olivier CADIC (UC – Français établis hors de France), Mme Marta de CIDRAC (Les Républicains – Yvelines), ainsi que Mme Annick BILLON (UC – Vendée), conviée en tant que présidente de la délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes.

 

De gauche à droite : M. Olivier CADIC, Mme Annick BILLON, M. Loïc HERVÉ, Mme Iliana IOTOVA, S.E. M. Nikolay MILKOV et Mmes Nadia MLADENOVA et Marta de CIDRAC

 

Après avoir chaleureusement remercié la vice-présidente de sa venue au Sénat, M. Loïc HERVÉ, président, a évoqué plusieurs sujets d’actualité en Bulgarie intéressant tout particulièrement le groupe, et en premier lieu les perspectives politiques pour les mois à venir, qui seront marqués par les élections législatives du 11 juillet, ainsi que l’élection présidentielle de novembre, à laquelle la vice-présidente sera de nouveau candidate aux côtés du président bulgare M. Roumen RADEV. À la veille du lancement du forum « génération égalité », qui se déroulera à Paris du 30 juin au 2 juillet, la situation des femmes en Bulgarie, et plus particulièrement le bilan de la loi du 15 avril 2016 sur l’égalité entre les femmes et les hommes, a été évoquée. Enfin, le président a souhaité s’informer de l’état de la francophonie et de l’enseignement du français en Bulgarie.

Mme Iliana IOTOVA, vice-présidente de la République de Bulgarie, a remercié le président pour son accueil et s’est félicitée de l’histoire riche unissant les parlements bulgares et français.

Débutant son propos par le sujet de l’égalité entre les femmes et les hommes, la vice‑présidente a déploré que la situation des femmes en Bulgarie se soit fortement dégradée pendant la crise sanitaire, comme dans de nombreux autres États. Elle s’est dite particulièrement préoccupée par l’augmentation des violences conjugales et des féminicides dans son pays, considérant le droit des femmes comme l’un des combats majeurs de sa vie politique.

Sur le plan politique, la Bulgarie traverse actuellement une période mouvementée. Les élections législatives du 4 avril 2021 n’ont pas permis de former une coalition gouvernementale. Une nouvelle élection est donc prévue le 11 juillet afin de renouveler les 240 sièges du parlement monocaméral. La vice-présidente a regretté les difficultés récentes de la Bulgarie pour former un gouvernement, certains partis refusant toute coalition malgré l’absence de majorité. La mission principale du gouvernement provisoire est la lutte contre la corruption et le crime organisé, qui constitue un enjeu d’importance en Bulgarie.

M. Olivier CADIC l’ayant interrogée sur l’adhésion des États des Balkans à l’Union européenne, la vice-présidente s’est déclarée préoccupée par certaines tensions avec la République de la Macédoine du Nord, empêchant à ce stade tout soutien de la Bulgarie à la candidature macédonienne. Depuis 2020, la Bulgarie s’oppose à la poursuite de la procédure d’adhésion de la République de la Macédoine du Nord à l’Union. En effet, les deux États peinent à s’accorder quant à leur passé respectif et à l’appropriation de certaines figures historiques. La Bulgarie reconnait la langue contemporaine du pays, définie par la Constitution, mais conteste les aspirations à une origine historique autonome de cette langue. Ces divergences résultent d’une histoire commune caractérisée par une imbrication des identités bulgares et macédoniennes. La vice-présidente a dit souhaiter qu’un compromis soit trouvé à l’occasion de la présidence slovène de l’Union européenne, débutant le 1er juillet 2021.

Sur le plan économique, S.E. M. Nikolay MILKOV, ambassadeur de Bulgarie en France, s’est réjoui que la coopération entre les deux États se soit constamment développée au cours de la dernière décennie, avant la crise sanitaire. Ces interactions doivent selon lui être encore renforcées néanmoins, entre autres via la chambre de commerce, qui joue déjà un rôle très important dans la promotion des échanges économiques entre les deux pays.

Évoquant ensuite la place de la francophonie en Bulgarie, la vice-présidente a rappelé que le pays comptait huit alliances françaises et deux lycées français (le lycée français Victor Hugo de Sofia et le lycée français international « Charles Perrault » de Varna). Néanmoins, elle a fait part de son souhait de renforcer davantage encore la coopération linguistique et culturelle entre les deux États.

Mme Annick BILLON, présidente de la délégation sénatoriale aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes, a ensuite présenté les actions menées par le Sénat français en faveur de la promotion de l’égalité femmes-hommes, grande cause du quinquennat du président de la République M. Emmanuel Macron.

La France a célébré cette année l’anniversaire de deux lois historiques dans ce domaine. En premier lieu, les dix ans de la loi du 27 janvier 2011 relative à la représentation équilibrée des femmes et des hommes au sein des conseils d'administration et de surveillance et à l'égalité professionnelle, dite « loi Copé-Zimmermann », qui visait à encourager l’accès des femmes aux postes de gouvernance dans les entreprises par l’instauration de quotas. En imposant, à partir de 2017, la présence de 40 % de femmes dans les conseils d’administration et de surveillance des grandes entreprises, ce texte a permis de franchir une étape décisive dans le combat pour l’égalité. Aujourd’hui, son bilan est positif puisqu’on compte 46 % de femmes dans les conseils d’administration des entreprises entrant dans le champ d’application de la loi, à savoir principalement celles du SBF 120, c’est-à-dire 120 des plus grandes capitalisations boursières françaises. C’est davantage que le seuil minimal prévu par la loi.

L’année 2021 marque également les cinq ans de la loi du 13 avril 2016 visant à renforcer la lutte contre le système prostitutionnel et à accompagner les personnes prostituées. Son bilan est plus mitigé : son application, qui prévoyait notamment un renforcement des moyens d'enquête et de poursuite contre la traite des êtres humains et le proxénétisme, reste inégale au niveau local. Plus d’un quart des départements n’est pas doté d’une commission départementale de lutte contre la prostitution prévue par la loi, principalement en raison d’un manque de volonté politique.

Les effets de la crise sanitaire ont également été dévastateurs en France pour de nombreuses femmes, a poursuivi Mme Annick BILLON : on estime que la pandémie pourrait avoir effacé, en une année seulement, 30 ans de progrès réalisés en matière d’égalité femmes-hommes. La situation des femmes a beaucoup régressé en matière de visibilité dans les médias, de répartition des tâches ménagères dans les foyers, d’accès à l’emploi et d’égalité professionnelle et salariale notamment. Elles ont aussi été victimes d’une hausse des cas de violences conjugales. Ainsi, les avancées en matière d’égalité femmes-hommes ne doivent jamais être considérées comme un acquis car elles peuvent subitement régresser lorsque survient une crise d’ampleur. La présidente de la délégation s’est réjouie que de nombreux sénateurs de sexe masculin soient particulièrement engagés sur ce sujet, dont MM. Loïc Hervé, membre de la délégation aux droits des femmes, et Olivier CADIC, très investi pour la promotion de l’égalité femmes-hommes à l’international.

L’échange s’est conclu par l’évocation d’un partenariat entre la France et la Bulgarie sur le thème de l’égalité femmes-hommes, le Sénat étant fortement mobilisé en faveur de la coopération internationale dans ce domaine, puis par un salut en séance publique prononcé par le Président du Sénat, M. Gérard LARCHER.

 

Mme Iliana IOTOVA aux côtés de M. Loïc HERVÉ dans la tribune d’honneur
de la salle des Séances

 

Salut en séance publique, prononcé par M. Gérard LARCHER, Président du Sénat :

« Mes chers collègues, j’ai le plaisir de saluer, dans la Tribune d’honneur, Mme Iliana IOTOVA, Vice-présidente de la République de Bulgarie, et Son Excellence Monsieur Nikolay MILKOV, Ambassadeur de Bulgarie.

En visite en France, Mme Iliana IOTOVA a été reçue cet après-midi par le groupe d’amitié France-Bulgarie. Elle est accompagnée par notre collègue Loïc Hervé, Président du groupe d’amitié.

Les relations bilatérales entre la France et la Bulgarie ont des racines historiques anciennes. Ainsi Victor Hugo, qui siégea dans cet hémicycle, a défendu la cause du peuple bulgare dans son combat pour la liberté et l’indépendance lors de l’occupation ottomane.

Ces liens ont depuis été encore renforcés par l’adhésion de la Bulgarie à l’Union européenne et à la communauté francophone, dans laquelle elle prend une part active.

Nos deux groupes d’amitié travaillent ensemble à une relation toujours plus proche entre le Sénat et le Parlement bulgare. Qu’ils soient assurés de notre plein soutien.

Mes chers collègues, en votre nom à tous, permettez-moi de souhaiter à Madame Iliana IOTOVA la plus cordiale bienvenue au Sénat français ! »

 


  • Contact(s) :

  • M. Benoit HAUDRECHY
    01.42.34.44.65 – Courriel : b.haudrechy@senat.fr