Le résumé
Près de cinq années se sont écoulées depuis le dernier rapport de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées consacré à la « guerre des drones ». Visionnaire, elle mettait en garde, quelques mois seulement avant le déclenchement de la guerre en Ukraine, contre « le rôle de premier plan que les drones pourraient jouer demain sur le champ de bataille, dans le contexte d'un retour à des guerres de haute intensité ».
Force est de constater que les événements survenus depuis lors lui ont donné raison.
La guerre en Ukraine, comme les conflits au Moyen-Orient, se caractérisent en effet par un recours massif aux drones. Ceux-ci ne sont plus seulement aériens, mais également navals et, de plus en plus, terrestres. La robotisation du champ de bataille ne relève plus de la fiction : elle constitue désormais une réalité. Dans cette nouvelle dialectique du glaive et du bouclier, les capacités de lutte anti-drones sont devenues un enjeu central.
Depuis 2021, un nouveau facteur doit être pris en considération : le recours croissant à l'intelligence artificielle. Celle-ci permet de réduire considérablement les boucles de décision et favorise une autonomisation toujours plus importante des systèmes.
Au terme de leurs travaux, les rapporteurs, Ronan Le Gleut (LR - Français établis hors de France), Hélène Conway-Mouret (SER - Français établis hors de France) et Étienne Blanc (LR - Rhône) tirent la sonnette d'alarme : la France n'est pas prête à la guerre des robots. Ils appellent par conséquent à un réveil stratégique afin de faire de la robotisation la colonne vertébrale des armées françaises.