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SAINT-PRIEST

François-Emmanuel de Guignard, comte de Saint-Priest

Pair de France

  • Pairs de France

    Pair de France

Pairies

  • Seconde Restauration - Nommé à la Chambre des pairs par Louis XVIII le 17 août 1815
Son fils Armand-Emmanuel-Charles est admis à siéger à la Chambre à titre héréditaire le 28 juin 1822.

Tables nominatives

De 1814 à 1823 De 1824 à 1830

Biographie

Pair de France  (Extrait du Dictionnaire des Parlementaires français « Robert et Cougny » (1889-1891))

Pair de France

SAINT-PRIEST (FRANÇOIS-EMMANUEL-GUIGNARD, COMTE DE), ministre et pair de France, né à Grenoble (Isère) le 12 mars 1735, mort à sa terre de Saint-Priest, près de Lyon (Rhône) le 26 février 1821, d'une famille noble originaire d'Alsace, fixée depuis longtemps en Dauphiné où la terre de Saint-Priest fut érigée en vicomté en 1646, était fils d'un conseiller d'Etat, intendant du Languedoc. Il fut inscrit dès l'âge de quatre ans sur les registres de l'ordre de Malte, fut admis, dans les mousquetaires gris en 1750, suivit, trois ans plus tard, à Malte, le bailli de Tencin, fit des caravanes dans la Méditerranée et revint en France en 1755. Réintégré dans la maison du roi, il prit part aux campagnes d'Allemagne, d'Espagne et de Portugal, gagna le grade de colonel, et fut nommé (1763) ambassadeur à Lisbonne, puis à Constantinople (1768). Il eut à suivre de délicates négociations entre la Russie et la Turquie alors en guerre, et contribua à amener la cession de la Crimée à la Russie (1779). Après un nouveau séjour en France de 1785 à 1787, il se rendit comme ambassadeur en Hollande, où il ne resta que quelques mois. Les insurgés hollandais ayant voulu le forcer à prendre la cocarde orange, il barricada son hôtel, soutint un siège de huit jours, et ne céda pas. Il était alors maréchal de camp. Epris des idées nouvelles, il appartint, comme ministre sans portefeuille, au cabinet que dirigea Necker (décembre 1788-12 juillet 1789), et, après la prise de la Bastille, fut appelé (août 1789) au poste de secrétaire d'Etat de la maison du roi, puis à celui de ministre de l'Intérieur (7 août 1790). Partisan de la monarchie constitutionnelle et de réformes modérées, il se vit en butte à la fois aux attaques des partisans de l'absolutisme royal et des révolutionnaires. L'incendie de son château par les paysans refroidit son ardeur réformatrice. Dans les journées des 5 et 6 octobre, il dit aux femmes de Versailles qui réclamaient du pain : « Vous n'en manquiez pas quand vous n'aviez qu'un roi; allez en demander à nos douze cents souverains. » Dénoncé pour ce fait par Mirabeau, il affirma qu'il n'avait pas prononcé ces paroles, mais il n'en resta pas moins fort impopulaire. En butte à l'hostilité systématique de la majorité, il tint longtemps tête à l'orage: dans ses lettres d'émigration, le duc de la Trémoille parle « de sa grande figure d'empereur romain, plus froide qu'un marbre». Il dut enfin donner sa démission (décembre 1790), et émigra. Il se rendit en Suède, auprès de son beau-frère, le comte Ludolph, ambassadeur d'Autriche, visita successivement les principaux Etats de l'Europe, dans l'intérêt de la politique monarchique, et se rendit à Vérone en août 1795, à l'appel de Louis XVIII, qui le nomma ministre de sa maison. Il suivit ensuite le prince à Blankenbourg, à Mittau, puis alla vivre en Suisse et en Autriche. Rentré en France en 1814, il fut promu lieutenant général, resta à l'écart pendant les Cent-Jours, et, à la seconde Restauration, fut appelé à la Chambre des pairs, par une ordonnance royale du 17 août 1815. Il vota pour la mort dans le procès du maréchal Ney, mais prit peu de part aux travaux de la Chambre haute. Atteint alors d'une surdité complète, il se retira dans sa terre de Saint-Priest, près de Lyon. On a de lui : Examen des Assemblées provinciales (1787), et, assure-t-on, des Mémoires manuscrits.

Bibliographie

SAINT-PRIEST (François-Emmanuel Guignard, comte de), Mémoires. Règnes de LOUIS XV et de LOUIS XVI (t.1) et La Révolution et l'Émigration (t.2), Calmann-Lévy - Nouvelle collection historique, Paris, 1929, 2 tomes, 251 p. et 237 p.

(Les mémoires du comte de Saint-Priest ont été publiées par le Baron de Barante en 1929 en 2 volumes puis rééditées en 2006 aux éditions Mercure de France, collection le Temps retrouvé, sous la direction de Nicolas MIETTON)

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  • Mis à jour le 04 août 2021