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Risques d'épidémies de méningites à méningocoques en Afrique

11e législature

Question écrite n° 22719 de M. Emmanuel Hamel (Rhône - RPR)

publiée dans le JO Sénat du 10/02/2000 - page 473

M. Emmanuel Hamel attire l'attention de M. le ministre délégué à la coopération et à la francophonie sur l'article paru à la page 17 du quotidien Le Monde du 24 janvier 2000 dans lequel il est précisé qu'en Afrique, trois cents millions de personnes sont exposées au risque d'épidémies de méningites à méningocoques. Il souhaiterait connaître la participation de la France à la lutte contre ces épidémies. Le Gouvernement français entend-il cette année renforcer son aide médicale et pharmaceutique aux pays concernés ?



Réponse du ministère : Coopération

publiée dans le JO Sénat du 13/04/2000 - page 1359

Réponse. - Le méningocoque est l'un des agents pathogènes responsables des méningites. Il comprend trois types sérologiques différents (A, B et C) dotés d'un haut potentiel de diffusion qui provoquent chaque année, dans les pays africains de la bande sahélo-soudanienne comprise entre les isohyètes 300 et 1 100 mm, appelée " ceinture de la méningite ", des épidémies de méningite cérébrospinale. Ce sont au total une quinzaine de pays qui sont concernés avec une population exposée estimée entre 40 et 60 millions d'habitants. Les pays de la ceinture méningitique connaissent, tous les trois ou quatre ans, une vague épidémique de grande ampleur, avec un taux de léthalité moyen de 10 % et d'importantes séquelles neuropsychiatriques en cas de retard de traitement (Tchad en 1996, République démocratique du Congo et Zambie en 1997, Nord Cameroun et Nigeria en 1998, Soudan en 1999). On dispose d'un vaccin pour les épidémies dues aux sérotypes A et C de méningocoque mais la vaccination de masse n'est réellement efficace que si elle est pratiquée dans le délai maximum de quatre à six semaines après le franchissement du seuil épidémique (fixé à 1 cas par semaine pour 10 000 habitants) et dans des zones encore peu touchées. C'est pourquoi, il apparaît nécessaire de renforcer les systèmes de surveillance et d'alerte dans les pays de la ceinture de la méningite. La France soutient la lutte contre les méningites et les épidémies en général, dans plusieurs pays de la ZSP, au travers du renforcement des systèmes nationaux d'information sanitaire et d'alerte aux épidémies (RCI, Bénin, Mauritanie). A ce titre, de nombreux organismes régionaux spécialisés dans la surveillance et la lutte contre les épidémies, tel le CERMES de Niamey (Centre d'étude et de recherche sur les méningites et les schistosomiases), le CIRMF de Franceville (Centre international de recherche de Franceville) au Gabon, les Instituts Pasteur de Bangui et de Tananarive, le Centre Pasteur et l'OCEAC de Yaoundé, bénéficient d'une aide de la France en assitance technique par l'octroi de subventions destinées à financer des projets. Plus précisément, la France participe à la fourniture de vaccins, matériels d'injection ou de médicaments, dans le cadre de l'aide d'urgence en cas d'épidémie avérée (400 KF ont été versés en 1999 à la division OMS chargée du contrôle des épidémies) pour lutter contre l'épidémie au Soudan, par exemple. Enfin, en 1999, la France a souhaité renforcer son action en adoptant un nouveau projet d'intérêt général sur FSP d'un montant de 5 MF. Couvrant une dizaine de pays d'Afrique centrale et de l'océan Indien, son objectif principal est le renforcement des capacités nationales d'alerte et de réponse dans le domaine des épidémies.