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Risques de cancer et remboursement par la sécurité sociale des traitements hormonaux substitutifs pour les femmes ménopausées

11e législature

Question écrite n° 23186 de M. José Balarello (Alpes-Maritimes - RI)

publiée dans le JO Sénat du 02/03/2000 - page 747

M. José Balarello attire l'attention de Mme le secrétaire d'Etat à la santé et à l'action sociale sur le nombre de plus en plus important de femmes qui, après la ménopause, se voient proposer par les gynécologues, un traitement hormonal substitutif, le remboursement par la sécurité sociale amplifiant évidemment le phénomène. Si ce type de médicament présente sans conteste des avantages connus, notamment en freinant le phénomène de l'ostéoporose et des bouffées de chaleur, les risques majeurs qu'il présente viennent d'être mis en lumière par les résultats d'une étude américaine publiée récemment. Ils confirment plusieurs études réalisées depuis une vingtaine d'années en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis et dans les pays du nord de l'Europe, portant sur des milliers de femmes pendant plusieurs années ; elles parviennent toutes à la même conclusion : le risque de cancer du sein est augmenté par la prise d'un traitement hormonal substitutif. Ainsi, le traitement après la ménopause par les strogènes seuls augmente le risque de cancer du sein de 37 %, et le traitement combiné aux progestatifs de 53 %. En outre, et ce qui est très grave, ce risque augmente avec chaque année de traitement, et cette augmentation du risque atteint 80 % au bout de dix ans et 160 % après vingt ans de traitement. Quant au cancer de l'utérus, la prise d' strogènes seuls élève également le risque de cancer, même si l'association avec des progestatifs diminue le risque en question. Le parlementaire soussigné n'est pas sans savoir que les traitements hormonaux en France ne sont pas tout à fait identiques à ceux prix en compte dans ces études ; cependant il pense qu'un réel problème de santé publique se pose. En conséquence il lui demande soit de supprimer ces médicaments de la liste de ceux remboursés par la sécurité sociale, ce qui semblerait le plus judicieux, soit d'en limiter considérablement la prescription par les médecins gynécologues, en leur imposant une obligation stricte d'information du patient, ces mesures devant être prises de manière urgente, tout en menant parallèlement des études épidémiologiques, comme cela a été fait depuis longtemps dans d'autres pays.



La question est caduque