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Internet : faible usage du français

11e législature

Question écrite n° 23450 de M. Emmanuel Hamel (Rhône - RPR)

publiée dans le JO Sénat du 09/03/2000 - page 829

M. Emmanuel Hamel attire l'attention de Mme le ministre de la culture et de la communication sur l'information parue à la page 36 du quotidien Le Figaro du 21 février 2000 selon laquelle " pour l'heure, 2,81 % du contenu des sites Web est en français, alors que l'anglais pèse, à lui seul, plus de 75 % ". Il lui demande sa réaction à l'égard de cette constatation et aimerait connaître les mesures mises en oeuvre par la France pour favoriser le développement du français dans l'utilisation des nouveaux supports informatiques.



Réponse du ministère : Culture

publiée dans le JO Sénat du 25/05/2000 - page 1855

Réponse. - Les conclusions de l'étude citée par l'honorable parlementaire, publiées dans le Figaro du 21 février 2000, datent de l'automne 1998. Elles reflètent le retard pris alors par la France. Le programme d'action gouvernemental pour l'entrée de la France dans la société de l'information (PAGSI), lancé le 16 janvier 1998, a mis en place de mesures volontaristes destinées principalement à accélérer l'équipement internet et à mettre en ligne des contenus en français. Le rapport du député Patrick Bloche sur la présence internationale de la France et de la francophonie dans la société de l'information a formulé un grand nombre de proposition, dont plusieurs ont déjà été mises en uvre. En ce qui concerne les contenus, à la demande du Premier ministre, tous les ministères ont ouvert un site permettant d'accéder aux services des administrations, aux informations sur la politique des pouvoirs publics, aux rapports ou aux études commandés par le Gouvernement : données juridiques essentielles (Légifrance), sites des administrations (Admifrance), contenus éducatifs... Toutes ces actions menées en faveur de la mise à disposition gratuite de contenus d'intérêt général renforcent la francophonie. Pour sa part, le ministère de la culture a lancé un programme de numérisation du patrimoine et son site permet d'accéder à de très nombreuse richesses culturelles. Le musée d'Orsay ou le Louvre ont des sites qui font référence : plus de la moitié de leurs visiteurs se connectent depuis l'étranger. La Bibliothèque nationale de France, avec son site Gallica 2000, permet d'accéder à plus de 35 000 ouvrages numérisés consultables et téléchargeables gratuitement en ligne. Ce chiffre sera porté à 50 000 ouvrages dès la fin de cette année. Enfin, le ministère de la culture a décidé d'accentuer l'aide apportée à la production de contenus en ligne : le fonds d'aide au multimédia du Centre national de la cinématographie a été doté d'une enveloppe de 50 millions de francs au budget 2000. Grâce aux fonds de modernisation pour la presse, les grands supports de la presse écrite, nationale et régionale ont ouvert des sites internet offrant les informations en ligne et des services associés. Les grands médias français et francophones ont également ouvert des sites internet offrant les informations en ligne et des services associés. Les grands médias français et francophones ont également ouvert des sites riches et interactifs : France Télévision, Radio France, Radio France International, TV 5, ou encore TVF 1, qui permet aux professionnels de consulter l'offre française de programmes audiovisuels. L'utilisation du français sur l'internet est aussi un problème de normes techniques : à ses débuts, l'internet ne tolérait pas les accents. Les logiciels de messagerie électronique permettent aujourd'hui d'écrire correctement le français. Le ministère de la culture aide l'association AFNOR et le groupe d'experts français pour les standards de l'internet afin que la langue français et le pluriliguisme soient soutenus au sein des groupes de travail qui établissent les normes techniques. Un comité technique " plurilinguisme " a d'ailleurs été créé à l'initiative de la France au sein de l'ISO, l'organisme international de normalisation. Le PAGSI insiste sur l'enjeu du traitement informatique du langage : un effort important est fait depuis deux ans par les ministères chagés de la culture et de la recherche pour la mise à disposition de ressources linguistiques numérisées, en français et dans les autres langues, indispensables à la production en français des outils de la société de l'information : les moteurs de recherche, les systèmes d'aide à la traduction automatique ou de correction orthographique, mais aussi les interfaces interactives et conviviales qui permettront au grand public d'accéder en français aux services et au commerce électronique. La France a fait le choix d'entrer dans la société de l'information en démocratisant les nouvelles technologies et en préservsant à l'internet, à côté du développement du commerce électronique, son caractère de média grand public : c'est pourquoi le Gouvernement soutient la Fête de l'internet, destinée à inciter le grand public à se tourner vers ce nouvel outil. Enfin, le nombre d'utilisateurs de l'internet a une inflluence directe sur la présence des langues. Aux Etats-Unis, 59 % de la population disposent d'un accès à l'internet, ils sont 56 % au Canada et 33 % au Japon. En Europe, d'après l'institut de sondage Infratest, ils sont 27 % en Allemagne, 30 % au Royaume-Uni et 15 % en France. la progression dans notre pays est cependant rapide (près de 6 millions d'internautes actuellement) et le prix de la connexion en France est devenu l'un des moins chers d'Europe ; l'arrivée en France de l'internet gratuit, après les Etats-Unis et le Royaume-Uni, va sans aucun doute accentuer cette progression. De son côté, la francophonie multilatérale a fait de la présence du français dans les nouvelles technologies l'une de ses priorités. Le fonds francophone des inforoutes, créé lors du sommet de Hanoi en 1997, permet d'aider la création de contenus francophones sur les réseaux entre les différents pays partenaires de la francophonie. Ses principaux objectifs sont la démocratisation de l'accès aux autoroutes de l'information et le transfert de connaissances et de technologies entre Nord et Sud (et dernièrement vers l'Est également). Ce fonds est doté d'un budget de 40 millions de francs, la France est un des principaux contributeurs.