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Réduction du nombre d'heures d'histoire et de géographie pour les séries scientifiques

11e législature

Question écrite n° 24750 de M. Jacques Peyrat (Alpes-Maritimes - RPR)

publiée dans le JO Sénat du 27/04/2000 - page 1490

M. Jacques Peyrat souhaite attirer l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur les conséquences du projet de réforme visant à réduire fortement le nombre d'heures d'histoire-géographie en classes de première et terminale scientifiques. Les élèves de ces classes ne disposeraient plus, en effet, que de deux heures trente de cours pour intégrer un important programme, que les classes littéraires continueront, pour leur part, d'aborder sur la base de quatre heures hebdomadaires ! Des rumeurs surprenantes et inquiétantes font par ailleurs état de la suppression envisagée de l'enseignement de l'histoire-géographie en classe de terminale scientifique. Il souhaite donc connaître ses intentions précises en la matière. Il lui fait en outre remarquer qu'une formation scientifique dépourvue de culture et de mémoire serait très dommageable pour les jeunes, mais aussi pour notre société. L'histoire-géographie est en effet une matière donnant de nombreuses clefs pour comprendre le monde actuel, ses crises et ses évoluations. Elle est surtout source de réflexion et d'enseignement, à travers les leçons du passé, et permet le développement d'un esprit critique. Il serait donc préjudiciable d'en priver une large part de notre jeunesse, et plus particulièrement ceux qui, appelés à participer au développement scientifique, seront confrontés à des choix éthiques difficiles. Il souhaiterait connaître ses observations sur ce point.



Réponse du ministère : Éducation

publiée dans le JO Sénat du 10/08/2000 - page 2822

Réponse. - Dans sa conférence de presse du 27 avril 2000, le ministre de l'éducation nationale a défini les grandes orientations dans lesquelles s'inscrit la poursuite de la réforme des lycées : préserver la diversité des savoirs en favorisant l'égale dignité des filières qui les incarnent ; pour ce faire, des aménagements ont été apportés aux différentes séries et classes ; favoriser la mise en place des dispositifs d'innovation pédagogique, centrés plus étroitement sur les besoins des élèves : aide individualisée en classe de seconde, travaux personnels encadrés en classes de première et terminale ; rénover les contenus d'enseignement en préservant les exigences intellectuelles indispensables à une formation de qualité. La réforme s'applique à la rentrée 2000 en classes de première des séries générales. Les classes terminales seront concernées à partir de la rentrée 2001. S'agissant de l'histoire-géographie, le ministre est particulièrement attaché à l'enseignement de ces disciplines qui fournissent des éléments indispensables pour la connaissance et la compréhension du monde actuel, et ce dans toutes les séries. La réforme des lycées conserve toute leur place à ces disciplines fondamentales. Les horaires actuels ont été maintenus dans la plupart des séries, sauf en série S. Le réaménagement de cette série a en effet été conduit avec le double souci, d'une part, de privilégier les matières scientifiques, en particulier les sciences expérimentales, afin d'y attirer en priorité les élèves réellement motivés par les études scientifiques et, d'autre part, de maintenir une part significative à la culture générale non scientifique. C'est cette préoccupation qui a conduit notamment à compenser la baisse de l'horaire d'histoire-géographie d'une demi-heure en classe terminale par l'introduction des dédoublements. Le groupe technique disciplinaire, à qui a été confiée l'élaboration des nouveaux programmes des lycées dont l'application interviendra en classe de seconde à partir de la rentrée 2001, proposera également des ajustements à l'actuel programme de première scientifique, qui seront appliqués à compter de la rentrée scolaire 2000.