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Conditions d'accès à la profession d'orthophoniste

11e législature

Question écrite n° 25296 de M. Jean-Paul Hugot (Maine-et-Loire - RPR)

publiée dans le JO Sénat du 18/05/2000 - page 1752

M. Jean-Paul Hugot attire l'attention de Mme le secrétaire d'Etat à la santé et aux handicapés sur les conditions d'accès à la profession d'orthophoniste. En 1991, la directive 89/48 CEE relative à la reconnaissance mutuelle des diplômes à niveau bac + 3 minimum, permet désormais les migrations professionnelles au sein de l'Union européenne. En 1997, un arrêté ministériel venait toiletter la formation initiale française, renforçant le contenu et l'organisation des études en quatre années effectives dans les facultés de médecine. Dans le même temps, sachant que les études de logopédie étaient accessibles plus facilement en Belgique, de nombreux étudiants français sont allés s'inscrire de plus en plus nombreux en Belgique, revenant ensuite en France pour obtenir une reconnaissance de leur diplôme belge. Depuis 1998, nos représentants à la commission restreinte qui siège près l'autorité compétente ont donc fait jouer à plein les possibilités offertes par la directive, en proposant des mesures logiques de compensation, à savoir, au choix des candidats, soit des stages complémentaires, soit des épreuves écrites. Les représentants de l'administration de la santé se rangeaient à l'avis de la commission restreinte. Or, depuis juillet 1999, la politique en la matière semble avoir considérablement changé. Ainsi, entre autre dossiers passés en commission de décembre 1999, janvier et février 2000 se sont vu proposer des mesures compensatoires symboliques, largement minorées par rapport aux propositions du conseil restreint. Les étudiants et professionnels français ne peuvent comprendre que les règles imposées en France soient ainsi bousculées, que leur formation soit ainsi de fait dévalorisée et que des étudiants citoyens français soient ainsi discriminés. Il lui demande donc si la politique de démographie professionnelle et de maîtrise des dépenses de santé en orthophonie ne présente pas des incohérences regrettables qu'il conviendrait de corriger. Elle réduit en effet drastiquement le nombre d'étudiants admis en formation en France et permet, par ailleurs, que près du quart de titulaires de diplômes étrangers insuffisamment formés par rapport au numerus clausus français vienne malmener cette même politique.



Réponse du ministère : Santé

publiée dans le JO Sénat du 16/11/2000 - page 3940

Réponse. - La gestion des autorisations d'exercice des professionnels paramédicaux et en particulier des orthophonistes ressortissants de l'un des Etats membres de l'Union européenne ou de l'un des Etats parties à l'espace économique européen est établie conformément aux directives européennes relatives à un système général de reconnaissance des diplômes d'enseignement supérieur qui sanctionnent des formations professionnelles d'une durée minimale de trois ans (directive CEE nº 89/48 du Conseil, du 21 décembre 1988) et à un deuxième système général de reconnaissance des formations professionnelles qui complète le précédent (directive CEE nº 92/51 du Conseil du 18 juin 1992). Ces direcives traduisent un principe fondamental selon lequel tout professionnel qualifié pour exercer une profession dans un Etat membre a désormais le droit à la reconnaissance de son diplôme pour accéder à la même profession dans un autre Etat membre. Compte tenu de la diversité des réglementations d'exercice des professions des Etats membres, les directives prévoient un système de reconnaissance mutuelle des titres fondé d'une part sur les niveaux de diplôme et d'autre part sur la présomption de compétence du migrant. Schématiquement, à niveau de diplôme comparable ou proche, l'Etat d'accueil ne peut refuser l'autorisation d'exercice de la profession du demandeur qui possède un diplôme permettant dans l'Etat membre de provenance l'exercice de la profession concernée. Le principe de base du système est donc clairement la reconnaissance de la qualification du migrant, l'exception étant la possibilité pour l'Etat membre d'accueil d'imposer des mesures de compensation. Celles-ci ne sont, en tout état de cause arrêtées qu'après un examen individuel des dossiers des demandeurs et une comparaison fine des formations théoriques et pratiques suivies en Belgique, avec la formation française. Il n'y a donc aucune reconnaissance automatique, bien au contraire, avec la formation française. Il n'y a donc aucune reconnaissance automatique, bien au contraire, de nombreuses mesures compensatoires sont imposées aux diplômés en Belgique. C'est donc dans ce cadre clairement déterminé par la directive qu'est régulé l'accès à la profession des ressortissants communautaires diplômés dans l'un des Etats membres autre que la France. Toutefois, la secrétaire d'Etat à la santé et aux handicapés est consciente des difficultés posées par le nombre de jeunes étudiants français diplômés en Belgique et candidats à une autorisation d'exercice en France. Des membres de son cabinet ont rencontré les autorités compétentes belges pour examiner les conditions d'une limitation des flux d'étudiants formés en Belgique vers la France. Les pouvoirs publics belges sont en train de revoir leur politique en matière de démographie des professions paramédicales. L'incidence sur les flux vers la France de ces projets est aujourd'hui à l'étude dans les services de la Ministre. Pour ce qui concerne la durée de la formation des orthophonistes en France et son impact sur la circulation des diplômes européens, celle-ci est de trois ans, et non de quatre ans, même si l'ampleur du programme oblige à dépasser ce cadre légal. Elle est comparable à ce qui se fait par ailleurs en Europe avec cependant des variations qui portent davantage sur les orientations (la formation en Belgique est ainsi plus " éducative ") que sur le volume global. Les mesurse compensatoires précitées prennent place dans ce contexte. Enfin, concernant la reconnaissance du certificat de capacité d'orthophoniste, il est envisagé comme suite à la réforme des DEUG, licence et maîtrise, de permettre aux titulaires de ce certificat d'accéder de plein droit en licence de sciences sanitaires et sociales, en licence de sciences de l'éducation et également en licence des sciences du langage.