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Education à l'image dès l'école maternelle

11e législature

Question écrite n° 28346 de M. Emmanuel Hamel (Rhône - RPR)

publiée dans le JO Sénat du 12/10/2000 - page 3439

M. Emmanuel Hamel attire l'attention de Mme le ministre de la culture et de la communication sur la conférence de presse donnée le 9 avril 1999 par son prédécesseur et l'ancien ministre de l'éducation nationale sur les " partenariats éducation-culture ", au cours de laquelle il a été indiqué (page 9 du compte rendu) que dès l'école maternelle la fréquentation régulière des oeuvres cinématographiques en salle sera encouragée. Il souhaiterait connaître les mesures prises depuis plus d'un an pour encourager une telle fréquentation. Quelle seront-elles lors de l'année scolaire 2000-2001. Et quels sont les critères de choix des films projetés à l'école, au collège, au lycée ?



Réponse du ministère : Culture

publiée dans le JO Sénat du 11/01/2001 - page 85

Réponse. - Depuis 1983, l'Etat s'efforce de donner aux enfants et aux adolescents une véritable éducation artistique dans le domaine du cinéma et de l'audiovisuel. Le Centre national de la cinématographie s'est impliqué dans cette démarche en initiant, en collaboration avec d'autres ministères, des dispositifs nationaux visant à donner à chaque jeune une culture cinématographique par la fréquentation des uvre, des créateurs, et par la pratique. Ces dispositifs et enseignements concernent actuellement 4 250 établissements, 1 200 salles, 20 000 enseignants et près de 700 000 élèves auxquels il convient d'ajouter environ 400 000 jeunes touchés par le dispositif " Un été au ciné/CinéVille ". L'ensemble de ces programmes a généré près de 2 millions d'entrées dans les salles en 1999/2000. En 2000, le budget global de ces opérations s'élève à 36,7 MF pour le CNC, dont 20,77 MF de crédits déconcentrés. Trois dispositifs d'initiation et de sensibilisation : " Ecole et cinéma ", " Collège au cinéma ", " Lycéens au cinéma ". Donner aux élèves les bases d'une culture cinématographique, former leur goût de futurs spectateurs par la projection en salle d' uvres classiques et contemporaines, dans leur format d'origine (version originale sous-titrée), faire découvrir le patrimoine cinématographique français, étudier en classe ces uvres grâce à des outils d'accompagnement réalisés par des spécialistes (dossiers pour les maîtres, fiches pour les élèves) constituent les fondements de ces dispositifs. Le Centre national de la cinématographie propose, pour l'année scolaire en cours, 70 films dans le cadre des trois dispositifs, en prenant notamment en charge les coûts de tirage de plus de 400 copies et l'édition d'outils d'accompagnement pour chaque titre. " Ecole et cinéma ". Parmi ces programmes, le dispositif " Ecole et cinéma " a été conçu pour toucher les plus jeunes, notamment les écoliers de la grande section de maternelle. Mis en place au cours de l'année scolaire 1994-1995, " Ecole et cinéma " propose ainsi aux enfants et aux enseignants des écoles un programme de sensibilisation au cinéma incluant des projections en salle d' uvres du patrimoine et d' uvres contemporaines (35 films dont 5 nouvelles uvres chaque année), un travail pédagogique d'accompagnement (cahiers et cartes postales sur les films), des ateliers de pratique artistique, notamment sur le cinéma d'animation ainsi que des stages de formation pour l'ensemble des partenaires impliqués. En 2000-2001, 62 départements participaient à cette opération qui concerne environ 200 000 enfants. Un dispositif d'enseignement, les enseignements obligatoires : dans le cadre du baccalauréat cinéma et audiovisuel, 7 250 élèves originaires de 108 lycées étudient l'histoire et les techniques de l'art cinématographique. Deux uvres de long métrage et un programme de court-métrage figurent au programme de l'année scolaire 2000-2001. Un double dispositif culturel et social, " Un été au ciné " et " Cinéville " : destiné aux jeunes des quartiers défavorisés, ce dispositif propose tout au long de l'année une série d'activités et d'actions cinématographiques et audiovisuelles de qualité : politique tarifaire, séances spéciales, cinéma en plein air, ateliers de pratique. Durant les mois de juillet et d'août, il concerne 300 villes et près de 400 000 jeunes. Cet été, des opérations de promotion de ce dispositif ont été organisées à l'occasion de l'anniversaire des " 10 ans d'un Eté au ciné ". De nouvelles actions structurantes : les pôles régionaux pour l'éducation au cinéma et à l'audiovisuel et le site internet Image. Des structures culturelles déjà implantées en région constitueront, dans le cadre de nouvelles missions, des pôles régionaux de ressources, de conseil, d'animation et de formation au service des partenaires impliqués dans les dispositifs et actions d'éducation au cinéma et à l'audiovisuel. Un site internet Image mis en place par le Centre de recherche et d'action culturelle (CRAC) de Valence constitue, depuis le printemps 2000, un lien entre ces partenaires et ces structures. Perspectives : l'ambition du CNC pour la décennie à venir consistera à harmoniser et à développer ces dispositifs nationaux, en synergie avec les initiatives des professionnels à partir des salles de cinéma, des festivals, des associations, des cinémathèques, des médiathèques, des espaces culture multimédia, des musées, des écoles d'art... Cette volonté passe notamment par le développement et le renforcement des pôles régionaux d'éducation à l'image. Trois axes de travail conduiront l'action du CNC en 2001 : Poursuite de l'extension des dispositifs. Poursuite de la déconcentration et renforcement des coordinations régionales et départementales. Développement de nouveaux outils d'accompagnement cinéma et audiovisuel. Le choix des films : les films qui constituent les trois programmes d'initiation au cinéma sont choisis dans le cadre de commissions composées de représentants des partenaires du CNC impliqués dans ces actions : exploitants, coordinateurs, enseignants cinéphiles, représentants de collectivités territoriales, des associations professionnelles. Les membres de ces commissions s'efforcent, compte tenu de la situation du marché de la distribution en France, de composer chaque année une programmation attrayante, adaptée à l'âge des enfants, privilégiant les cinématographies françaises, européenne, ou peu diffusées (films d'Afrique, d'Asie...) en sélectionnant plus particulièrement des films reconnus comme des classiques du cinéma, des films d'auteurs contemporains dont la qualité a été attestée tant par la critique que par la diffusion Art et essai, des films montrant la diversité des styles et des cinématographies nationales.