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Soutien des pays industriels à la recherche scientifique dans les domaines d'intérêt universel

11e législature

Question écrite n° 28677 de M. Emmanuel Hamel (Rhône - RPR)

publiée dans le JO Sénat du 26/10/2000 - page 3614

M. Emmanuel Hamel signale à l'attention de M. le ministre délégué à la coopération et à la francophonie le rapport annuel de la Banque mondiale sur le développement mondial consacré à la pauvreté, analysé aux pages 21 et 22 du Bulletin quotidien du 15 septembre 2000 et dans lequel ses auteurs estiment que " les pays riches devront... soutenir la recherche scientifique dans les domaines d'intérêt universel, comme la recherche de vaccins contre le sida, la tuberculose et le paludisme ou celle de techniques agronomiques avancés ". Il lui demande son avis sur cette suggestion et aimerait connaître les mesures envisagées par le gouvernement français au cours de l'année 2001 pour en favoriser la concrétisation.



Réponse du ministère : Coopération

publiée dans le JO Sénat du 25/01/2001 - page 245

Réponse. - Au cours de l'année 2001, la France accentuera son effort pour soutenir la recherche scientifique dans les domaines d'intérêt universel, comme la recherche de vaccins contre le sida, la tuberculose ou le paludisme et celle sur les techniques agronomiques avancées. Ces actions ont d'ailleurs connu des développements constants dans le passé. Le gouvernement entend les poursuivre et les renforcer. 1. En matière de recherches médicales, celles portant sur les virus de l'immunodéficience humaine et le sida ont eu pour objectif de retarder l'entrée en maladie des patiens séropositifs et de réduire la transmission mère-enfant. Le potentiel de centres de recherche en Afrique occidentale et centrale a aussi permis de développer une recherche fondamentale de viro-épidémiologie moléculaire qui sera poursuivie. Les recherches, cofinancées par le ministère des affaires étrangères et l'Agence nationale pour la recherche sur le sida (ANRS), ont été menées sur les sites d'Abidjan (Côte d'Ivoire), Brazzaville (Congo), Dakar (Sénégal) et Kigali (Rwanda). Après les troubles survenus au Rwanda et au Congo, de nouveaux sites ont été ouverts à Bobo-Dioulasso (Burkina) puis à Ho Chi Minhville (Vietnam). L'ouverture d'un site à Port-au-Prince (Haïti) est envisagée à court terme afin d'établir une implantation dans les Caraïbes. Quatre axes majeurs de recherche ont été explorés ces dernières années : >1> des essais cliniques de prévention thérapeutique ; >2> des études sociologiques et anthropologiques ; >3> la constitution de cohortes pré-vaccinales (prostituées) ; >4> des recherches de viro-épidémiologie moléculaire. Ces axes seront maintenus. Afin de prévenir à une plus grande concrétisation des résultats, les recherches su rle VIH/Sida vont maintenant s'orienter vers : >i> la vérification de la tolérance et de l'observance au traitement sous antirétroviraux, la surveillance de l'apparition éventuelle de résistances aux antirétroviraux ; >ii> la définition de nouveaux protocoles sous une double optique de bénéfice/risque et de coût/efficacité ; >iii> des suivis de cohorte afin de mieux comprendre les échecs des campagnes de prévention ; >iv> des essais vaccinaux dans trois à cinq ans. 2. Concernant la recherche agronomique, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) est un EPIC qui a pour mission de contribuer au développement des zones intertropicales, dans le secteur agricole, par des actions de recherche, de formation et d'information scientifique et technique. Ses travaux portent sur toutes les grandes cultures tropicales, vivrières et agro-industrielles, sur l'élevage et la médecine vétérinaire et sur les forêts. Ses effectifs, 1 800 personnes dont 900 chercheurs et cadres, sont implantés en partie à Montpellier mais aussi en Afrique, en Amérique latine, en Asie-Océanie et dans les DOM-TOM. Les résultats de ses recherches bénéficient aux agriculteurs et aux personnels des filières agricoles des zones intertropicales ainsi qu'aux économies nationales. Le gouvernement français soutient ce centre de recherche par des financements apportés par le budget civil de recherche-développement (BCRD : 720 MF) et par des contributions spécifiques du MAE (27,5 MF). 120 recrutements nouveaux sont prévus dans les années 2000 et 2001. A Montpellier, l'association Agropolis, qui regroupe plus de vingt institutions spécialisées en recherche et en formation pour les régions tropicales et méditerranéennes, dont le CIRAD et l'Institut de recherche pour le développement (IRD ex-ORSTOM), abrite une plate forme de recherche avancée en biotechnologie. A partir de 2001, des travaux de recherche communs vont mettre à contribution des équipes des centres internationaux du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GCRAI). Cette plate forme doit aussi accueillir, dans un deuxième temps, des chercheurs du Sud. Elle constitue une composante, à la fois tropicale et internationale, du programme national " Génoplante ", qui associe dans le domaine des biotechnologies la recherche publique et les grandes entreprises françaises. Les centres internationaux du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GCRAI), qui conduisent des recherches agricoles et forestières dans les zones tropicales, semi-arides ou arides et qui ont été des artisans majeurs de la " révolution verte ", sont soutenus par la France depuis deux décennies. Dans un futur proche, ils doivent s'orienter vers la conduite de programmes de recherches transversaux, conduits conjointement par plusieurs centres, et définis à la mesure des grandes régions agroécologiques des pays du Sud.