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Risques que les personnalités médiatiques, déclarant avoir usé ou user encore de stupéfiant, font prendre aux adolescents abusés

11e législature

Question écrite n° 28684 de M. Emmanuel Hamel (Rhône - RPR)

publiée dans le JO Sénat du 26/10/2000 - page 3623

M. Emmanuel Hamel attire l'attention de Mme le ministre de l'emploi et de la solidarité sur l'article du président du Comité national d'information de la drogue paru à la page 2 du quotidien Le Figaro du 9 mars 1998, dans lequel son auteur estime que " cela fait vingt-cinq ans qu'à longueur de colonnes, d'émissions de radio ou de télévision, on désinforme l'opinion en banalisant les drogues, en multipliant les citations d'artistes ou d'autres personnalités médiatiques, avec la seule préoccupation de permettre aux tricheurs de se doper en toute quiétude morale, dans le mépris des centaines de milliers de jeunes dont la vie sera brisée et la famille plongée dans le désarroi ". Il lui demande quel est son avis face à ces propos et quelles vont en être les conséquences concrètes.



Réponse du ministère : Emploi

publiée dans le JO Sénat du 10/05/2001 - page 1599

Réponse. - En France, on estime que plus du tiers des jeunes âgés de quinze à dix-neuf ans ont expérimenté une drogue, presque exclusivement du cannabis. La consommation des drogues de synthèse et en particulier de l'ecstasy concerne environ 3 % des lycéens. L'usage des autres stupéfiants est moins courant. La consommation de drogues illicites est, dans la dernière décennie, en augmentation chez les jeunes, en particulier chez les garçons. Ces évolutions sont comparables à celles observées dans la plupart des autres pays de l'Union européenne, quelle que soit leur législation relative à l'usage de stupéfiants. Néanmoins, une enquête récente conduite dans une trentaine de pays européens auprès des jeunes scolarisés de quinze-seize ans montre que les jeunes Français sont parmi les plus consommateurs de substances psychoactives illicites en dépit d'une législation sur l'usage parmi les plus répressives. Afin de prévenir les premières consommations ou de limiter les risques engendrés par ces consommations, le Gouvernement a mis en uvre des campagnes plus informatives et objectives. Ainsi, la campagne organisée par la MILDT intitulée " Savoir plus, risquer moins " vise à permettre à l'ensemble des Français, usagers ou non, de disposer des connaissances juridiques et scientifiques validées. Des documents d'information à destination du grand public ont été élaborés dans le même esprit afin de responsabiliser les jeunes et les adultes. Les personnalités médiatiques s'investissent souvent pour dénoncer les risques sanitaires et sociaux engendrés par la consommation de certaines substances psychoactives. D'ailleurs, beaucoup de campagnes de prévention ont fait appel à de telles personnalités pour sensibiliser les adolescents à ces questions. Le Gouvernement entend par ailleurs renforcer et mieux coordonner les actions de prévention, conduites par des acteurs multiples, mais ayant bénéficié de formations communes, tant en milieu scolaire que professionnel ou sur les lieux festifs. Face à des discours approximatifs ou excessifs sur les drogues, le Gouvernement a choisi une action d'information fondée sur des messages crédibles, précis, à l'aide de supports adaptés aux publics visés.