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Situation très dégradée de l'enseignement de l'histoire-géographie dans le secondaire

13e législature

Question écrite n° 23107 de M. François Rebsamen (Côte-d'Or - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 22/03/2012 - page 719

M. François Rebsamen appelle l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative sur la situation très dégradée de l'enseignement de l'histoire et de la géographie dans le second degré scolaire.

En effet, à la rentrée 2012, l'histoire-géographie pourrait disparaître des enseignements obligatoires en terminale S, ce qui priverait ainsi les élèves de repères fondamentaux pour comprendre le monde actuel. Exaspérés les professeurs d'histoire-géographie enseignant en 1ère s'inquiètent de l'immense difficulté à concentrer sur une année les contenus des programmes répartis auparavant sur deux années.

De même, les conditions d'enseignement sont tout aussi dégradées au collège, puisque les classes de 5ème et de 4ème connaissent une réduction de l'horaire d'histoire à 1 heure hebdomadaire qui contraint les enseignants à sacrifier des pans entiers et cruciaux de l'histoire de France.

Il tient à rappeler que l'histoire et la géographie sont les « matières fondamentales dans l'acquisition d'une culture républicaine, d'apprentissage du sens critique et du vivre ensemble, vecteur indispensable de toute société démocratique, valorisant la tolérance et le respect envers autrui comme envers la société et l'État républicain ».

Aussi, demande-t-il au Gouvernement de reconsidérer la place et les horaires de l'enseignement de l'histoire-géographie au collège et de maintenir l'enseignement obligatoire de ces matières en terminale S.
Comme l'a très justement souligné l'association des professeurs d'histoire et de géographie, « la satisfaction de ces demandes répond aux exigences d'une école républicaine et d'une éducation à la citoyenneté ».



Réponse du Ministère de l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative

publiée dans le JO Sénat du 12/04/2012 - page 924

L'histoire, comme la géographie, ont toujours été au cœur du socle de culture partagée que la Nation entend transmettre à ses enfants. Chacun d'entre eux suit, à l'école, au collège, au lycée, un enseignement d'histoire organisé selon une progression très claire. À l'école, l'élève apprend les grands faits, les grandes dates, les grands hommes qui jalonnent l'histoire de la Nation. Une école qui enseigne désormais la Marseillaise au CM1 et qui affiche la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen du 26 août 1789 sur les murs de chacune de ses classes. Au collège, on aborde successivement les périodes de l'histoire pour ancrer définitivement les repères fondamentaux. L'enseignement reste rigoureusement chronologique, centré sur la France et l'Europe, tout en s'ouvrant davantage à l'histoire du monde. Toutefois, contrairement à des rumeurs, sans fondement aucun, les grandes figures n'ont absolument pas disparu de nos programmes et nos enfants étudient bien au collège, comme à l'école, l'œuvre de Louis XIV, de Napoléon et des grands personnages de notre histoire. Au lycée enfin, l'enseignement de l'histoire prend appui sur les fondements solides acquis au cours de la scolarité obligatoire et s'ouvre à la réflexion en privilégiant une approche problématisée de questions ou de moments historiques avec des programmes qui répondent à cette ambition. Par conséquent, le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative ne peut pas laisser dire que l'enseignement de l'histoire serait devenu anecdotique au seul motif qu'il est désormais optionnel pour une seule année d'une seule série de notre lycée - la terminale S. L'enseignement de l'histoire a été au contraire valorisé et renforcé puisque l'horaire de cette discipline a été largement accru en première scientifique, avec désormais quatre heures contre deux heures et demi précédemment. De plus, une option de deux heures est proposée en classe terminale permettant ainsi à ceux qui la choisiront de faire plus d'histoire que précédemment. Le but premier de la réforme des lycées est de rééquilibrer les séries en incitant ceux qui se destinent aux études de sciences humaines à choisir les séries L et ES et non la série S. Cet effort porte d'ailleurs ses fruits puisque les premières littéraires ont vu leurs effectifs s'accroître de 6 % à la rentrée 2011. Enfin, tous les lycéens des séries générales passent l'épreuve anticipée de français en fin de première, sans que personne ne songe à objecter que l'apprentissage de notre langue occupe une place anecdotique dans la scolarité de nos enfants de même que dans la filière sciences et technologies de l'ingénieur (STI), l'histoire et la géographie ont fait l'objet d'une épreuve orale anticipée en classe de première depuis l'origine de la série, sans que cela n'ait soulevé d'opposition. Aujourd'hui comme hier, l'histoire fait partie du socle commun de culture partagée que la Nation s'engage à transmettre à ses enfants tout au long de leur scolarité. La détermination du ministre de l'éducation nationale est totale car il sait combien l'enseignement de l'histoire participe de la cohésion nationale.